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LES BREVES
22 novembre 2017

03 septembre 2014 : Disparition de Nicole Duault
C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de notre amie et collègue Nicole Duault, disparue le 31 août à l’âge de 72 ans, des suites d’un accident vasculaire cérébral intervenu alors qu’elle se trouvait dans sa maison de vacances d’Arcachon le 20 août. Issue de la 38e promotion de l’École de journalisme de Lille, elle collaborait encore très régulièrement au Journal du Dimanche ainsi qu’à son pendant Internet le JDD.fr, mais avait surtout été journaliste à France Soirs dans les années 1960 et 1970, d’abord dans les rubriques éducation, formation et jeunesse, avant de devenir responsable des spectacles. Grande enthousiaste, elle a conservé jusqu’au bout une insatiable curiosité pour la chose culturelle, jamais un soir ailleurs que dans un théâtre, un musée ou une salle de concerts, défendant tout particulièrement l’art contemporain. Elle disparaît deux mois tout juste après son mari, le journaliste Claude Vincent.


14 août 2014 : Frans Brüggen est mort
Le chef d’orchestre et flûtiste Frans Brüggen, l’un des pionniers du mouvement baroque aux côtés de Gustav Leonhardt, Nikolaus Harnoncourt et Sigiswald Kuijken, s’est éteint chez lui, dans sa ville d’Amsterdam le 13 août à l’âge de 79 ans. Né le 30 octobre 1934 dans la cité néerlandaise à laquelle il est resté attaché toute sa vie, Brüggen avait suivi une formation académique de flûte traversière classique avant de se tourner vers le traverso pour la flûte à bec, dont il allait devenir le plus célèbre ambassadeur, au point d’être considéré comme le père de tous les flûtistes à bec. Connu pour sa silhouette très particulière, haute stature et importante maigreur, dos voûté et longs cheveux blancs, traits à la Jankélévitch, il luttait depuis longtemps contre la maladie. Se tournant comme beaucoup de ses confrères baroqueux vers la direction, il avait fondé en 1981 l’Orchestre du XVIIIe siècle, qui fut l’un des premières formations sur instruments d’époque à enregistrer les symphonies de Beethoven puis de Schubert pour Philips, dans un modèle d’élégance aristocratique.


11 août 2014 : Les projets de Bayreuth jusqu’à 2020
Une année sans nouvelle production à Bayreuth est souvent l’occasion de faire le point sur l’avenir et de dévoiler les projets sur le long cours. Ainsi, le festival annonce, outre le nouveau Tristan de l’été 2015 (confié aux soins de Katharina Wagner et de Christian Thielemann, avec Stephen Gould et Eva-Maria Westbroek dans les rôles-titres) et le nouveau Parsifal déjà sulfureux de Jonathan Meese en 2016 (direction Andris Nelsons, équipe proche de celle de l’actuel Lohengrin : Klaus Florian Vogt, Petra Lang, Georg Zeppenfeld), déjà connus, une brochette de nouvelles productions pour les années suivantes. Se succèderont ainsi les Maîtres chanteurs en 2017 (mise en scène Barrie Kosky, direction Philippe Jordan, avec Michael Volle en Sachs), un nouveau Lohengrin pour 2018 (mise en scène Alvis Hermanis, rumeurs de présence d’Anna Netrebko en Elsa), puis Tannhäuser pour 2019 et le Ring pour 2020, dont les équipes restent à définir, même si l’on parle déjà du jeune Tobias Kratzer pour la mise en scène du premier. L’occasion aussi de rappeler qu’à compter de l’année prochaine, Katharina Wagner deviendra seul maître bord du vaisseau franconien, sa demi-sœur Eva Wagner-Pasquier ayant annoncé son départ ce printemps.


28 juillet 2014 : Décès de Carlo Bergonzi
Carlo Bergonzi, qui vient de décéder à l’âge de 90 ans, fut l’une des figures majeures du monde des ténors en ces années 1960 si riches en très belles voix. Né près de Parme en 1924, il commença ses études vocales dans sa ville natale à 14 ans, études interrompues par la Seconde Guerre mondiale. Fait prisonnier par les Allemands, il fut interné dans un camp mais libéré à la fin des hostilités, et il reprit son travail vocal, au Conservatoire Boito de Parme. Il débuta très vite une carrière professionnelle, mais comme baryton. En 1948, il débutait en chantant Figaro dans le Barbier de Séville. Il pratiqua ce répertoire jusqu’en 1951 où, ayant retravaillé sa voix, il faisait de seconds débuts, cette fois comme ténor dans André Chénier de Giordano. La gloire lui vint quand il aborda les grands rôles verdiens sur les grandes scènes mondiales. En 1956, il chantait Radamès dans Aïda au Metropolitan Opera de New York, théâtre dont il fut l’une des gloires. Partenaire très fréquent de la Tebaldi notamment au disque, il parcourut au plus haut niveau le répertoire vériste et verdien notamment dans le monde entier. Sa voix, si elle n’avait pas la puissance naturelle de certains de ses rivaux, était si bien en place qu’elle passait n’importe quel orchestre dans n’importe quel lieu, y compris par exemple dans les rôles les plus lourds de Verdi, au Colón de Buenos Aires ou à Vérone. Elle se caractérisait par la subtilité d’une émission très raffinée, par un timbre musical et d’une superbe couleur, par un art du phrasé qui rendait avant tout justice à la musique. Ce n’était pas un très bon comédien, mais ses personnages prenaient vie grâce à son art du chant qui comme après lui Pavarotti suffisait à transporter les publics les plus difficiles et les plus nombreux. Sa discographie est abondante et laisse une trace fidèle de cette voix d’exception menée par un grand musicien.


23 juillet 2014 : L’ODB lâché par la mairie de Dijon
Après cinq années d’existence, l’Orchestre Dijon Bourgogne se voit signifier par la ville de Dijon le non renouvellement de sa convention et donc l’arrêt de son financement. Une décision brutale qui ne peut qu’entraîner la disparition de l’orchestre. En 2009, la Ville de Dijon avait souhaité se doter d’un orchestre régional issu de la fusion de la Camerata de Bourgogne et de l’Orchestre de l’Opéra de Dijon. Aujourd’hui, l’ODB propose une saison symphonique, lyrique et de musique de chambre à Dijon et en région. Sous la direction de son nouveau chef Gergely Madaras, il présente des projets artistiques audacieux en ayant à cœur de s’impliquer dans la vie de la cité, conformément au modèle français de démocratisation musicale. Alors que se préparait la saison 2014/2015 et qu’il était question du renouvellement de la convention entre la Ville et l’Orchestre ainsi que d’une demande d’un budget supplémentaire dû à la diminution de la subvention 2014, l’ODB a été mis en attente d’une décision de la municipalité. C’est toute une saison qui risque d’être annulée : 18 concerts à Dijon et en région, 2 créations, l’Orchestre des Quartiers qui initie chaque année 15 enfants à la musique classique, des projets pédagogiques qui touchent tous les ans 2500 élèves, des interventions en milieu hospitalier et autant de rencontres avec les publics autour des concerts. L’Orchestre Dijon Bourgogne risque ainsi d’être dès septembre le premier orchestre régional à disparaître dans un contexte culturel et social déjà inquiétant.

 
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