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LES BREVES
13 décembre 2018

07 novembre 2012 : Filippetti contre-attaque sur la Philharmonie
Aurélie Filippetti était interrogée avant-hier sur le budget 2013 de son ministère par une commission élargie de l'Assemblée nationale. Comme un député lui demandait si les engagements de l'État et de la Ville de Paris sur ce dossier seraient tenus, la ministre de la Culture a affirmé qu'"il ne saurait être question de laisser partir à vau-l'eau un projet extrêmement important et structurant pour la filière musicale, pour l'affirmation de la place de Paris comme un grand lieu symphonique". Le coût total du projet qui prévoit de donner à Paris, dans le XIXe arrondissement, une grande salle symphonique, a fortement augmenté et se monte désormais à 387 millions d'euros. "Aujourd'hui, le gros œuvre est sorti de terre. Il est tout à fait logique de le mener à bien", a souligné la ministre. "Il y a un surcoût qui est effectivement de 50 millions qui sera donc assumé à parité par l'État et par la Ville de Paris", a-t-elle ajouté. "Évidemment, le conseil régional d'Île-de-France doit participer à hauteur de 20 millions d'euros au financement de la Philharmonie", selon elle. Le budget de fonctionnement de la Philharmonie sera "à peu près de neuf millions d'euros pour l'Etat – pas beaucoup plus que ce que nous payons aujourd'hui pour la salle Pleyel – et neuf millions pour la Ville de Paris", a indiqué Mme Filippetti. La Philharmonie de Paris, lancée par Jacques Chirac, reprise par Nicolas Sarkozy et confirmée par le ministère de la Culture, a suscité l'inquiétude de la mission Culture de la commission des finances du Sénat, dans un rapport présenté le mois dernier par Yann Gaillard (UMP, Aube).


06 novembre 2012 : Elliott Carter est mort
Le compositeur américain Elliott Carter est mort aujourd’hui à New York à l'âge de 103 ans, au terme d’une carrière s'étendant sur près de huit décennies. Il laissé quelque 158 œuvres, étalées entre 1942 et cette année. La création de sa dernière partition, Instances, interviendra en février prochain. Né à New York le 11 décembre 1908, tout juste un jour après Olivier Messiaen, il avait découvert la musique sous la férule de Charles Ives, avant d’étudier auprès de Walter Piston à l'Université d'Harvard. Premier compositeur à recevoir la National Medal of Arts américaine en 1985, il avait également été fait Commandeur dans l'Ordre des Arts et des Lettres par la France, où il a travaillé à Paris entre 1932 et 1935 auprès de Nadia Boulanger à l'École normale de musique du Boulevard Malesherbes. En 2008, Carter avait fêté son centième anniversaire dans la prestigieuse salle du Carnegie Hall de New York.


30 octobre 2012 : Premier bis de l’histoire de la Bastille
Samedi soir, lors d’une représentation de la Fille du régiment de Donizetti à l’Opéra Bastille, après l'air Ah mes amis quel jour de fête !, le public enthousiaste a porté Juan
Diego Flórez, avec la complicité du chef Marco Armiliato et du Chœur de l’Opéra
national de Paris, à bisser le final de sa cavatine, mettant la salle en délire. Il s’agit du premier bis de l’histoire de l’Opéra Bastille, tiré d’un des airs les plus virtuoses du répertoire (avec pas moins de neuf contre-ut).


29 octobre 2012 : Disparition de Hans Werner Henze
Le compositeur allemand Hans Werner Henze est mort samedi 27 octobre à Dresde, à l'âge de 86 ans, selon la maison d’édition Schott. Il résidait depuis 1953 en Italie et était l'un des compositeurs contemporains les plus prolifiques. Né le 1er juillet 1926 à Gütersloh (Rhénanie-du-nord-Westphalie), fils d'un maître d'école et d'une employée de bureau, il avait été appelé à rejoindre l'armée allemande en 1944 et fut capturé peu après par l'armée britannique qui le maintint en détention jusqu'à la fin de la guerre. Son expérience du nazisme avait forgé en lui la haine du facisme et laissé des traces dans son œuvre. Son engagement politique fut connu après son adhésion au Parti communiste italien et son soutien au régime castriste. Il laisse une dizaine de symphonies (étalées dans le temps entre 1947 et 2000), des concertos, parmi lesquels le cycle intitulé Requiem, de nombreuses pièces solistes ou de musique de chambre, ainsi que plusieurs opéras, parmi lesquels le Prince de Hombourg (1960) et les Bassarides (1965). Son dernier ouvrage lyrique, l’Upupa ou le triomphe de l’amour filial, avait été créé en 2003 au festival de Salzbourg.


25 octobre 2012 : Rapport alarmant sur la Philharmonie de Paris
Selon un communiqué de presse, Yann Gaillard, sénateur UMP de l’Aube, rapporteur spécial de la mission Culture au nom de la commission des finances, vient de rendre public son rapport d’information relatif à la Philharmonie de Paris. Ce grand équipement fait partie des chantiers que le ministère de la culture a souhaité préserver, malgré l’arrêt ou le report de plusieurs autres, dans un contexte budgétaire très contraint. Ce projet n’en soulève pas moins un certain nombre d’interrogations. Son dimensionnement particulièrement ambitieux fait notamment débat : fallait-il voir si grand ? En effet, le futur équipement bénéficiera d’un luxe d’espaces annexes dont l’utilité reste, selon lui, à démontrer, compte tenu, en particulier, de la quasi-mitoyenneté de la Cité de la musique. Il souligne également que la conduite du projet s’est avérée chaotique, se heurtant à des difficultés juridiques, favorisées par le caractère atypique du projet, porté à parts égales par l’État et la Ville de Paris. La défaillance des tutelles a été sévèrement critiquée par un rapport d’inspection publié en décembre 2009. Même si des améliorations ont été apportées depuis lors, la capacité de l’Etat à développer une contre-expertise à la maîtrise d’ouvrage doit être renforcée. Le projet ne fait pas non plus exception à la loi des grands chantiers culturels, et connaît une dérive de ses coûts et de son calendrier. Aujourd’hui, le retard accumulé est estimé à 24 mois, reportant l’ouverture de l’équipement au dernier trimestre 2014. S’agissant de l’inflation des coûts, alors que l’estimation initiale était de l’ordre de 170 millions d’euros, les dernières évaluations anticipent une facture globale finale de l’ordre de 386 millions d’euros. De surcroît, le financement du projet, assuré majoritairement par l’État et la Ville de Paris, prévoit une participation de la région Île-de-France, dont le niveau n’est pas encore définitivement arrêté. Enfin, au-delà de la construction du nouvel auditorium, ce sont les enjeux associés à son ouverture qui interpellent. Dès à présent, il est nécessaire de préciser le statut sui generis du futur établissement, d’évaluer de manière fiable, à partir d’une étude de fréquentation approfondie, son budget prévisionnel de fonctionnement, et la clé de répartition des subventions publiques qui seront nécessaires. Et le sénateur de s’interroger in fine : ne faut-il pas craindre de voir ce type d’investissement se traduire par un effet d’éviction durable au détriment des autres moyens du ministère ? La commission des finances a exprimé ses vives inquiétudes à ce sujet.

 
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