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LES BREVES
19 novembre 2017

13 octobre 2011 : CRITIQUE EXPRESS : The Turn of the Screw
Théâtre de l’Athénée, Paris
En transposant sur la scène lyrique la nouvelle de Henry James, Benjamin Britten et sa librettiste Myfanwy Piper ont donné voix, et donc corps aux visions de la Gouvernante. Le défi théâtral du Tour d’écrou réside dès lors dans un entre-deux qui doit laisser émerger l’ambiguïté anxiogène de la pièce. Si la scénographie d’Alain Lagarde, les lumières de Xavier Lauwers suggèrent une constante perméabilité entre intérieur et extérieur, cauchemar et réalité, la mise en scène d’Olivier Bénézech doit composer avec un obstacle de taille, l’exiguïté du Théâtre de l’Athénée, qui bride le mouvement des acteurs et prive les spectateurs d’un tant soit peu de recul. Peter Quint est d’emblée d’une présence trop palpable – d’autant qu’il assume aussi, sans doute possible sur son identité à venir, le Prologue – pour susciter l’interrogation, qui plus est le frisson d’une ligne de chant aux sinuosités d’abord lointaines. Univoque de couleur, sinon de diction, David Curry ne possède d’ailleurs pas cette agilité perverse et insinuante. Décharnée et stridente, Liisa Viinanen convainc davantage en Miss Jessel, de même que Rachel Calloway, Mrs Grose au métal sain, face à un Miles attachant, mais une Flora indifférente. Dotée d’un soprano long aux harmoniques séduisants, Chantal Santon Jeffery ne parvient pas à incarner les affres de la Gouvernante, comme en retrait derrière sa voix et la partition. Confiné dans une fosse où le plus petit ensemble prend des allures de fanfare un 14 juillet, l’Orchestre-Atelier Ostinato expose des timbres agressifs, inévitablement rétifs aux alliages savamment mystérieux de l’écriture instrumentale. (M.M.)


06 octobre 2011 : Philippe Jordan à Paris jusqu'en 2018
Fort de la complicité tissée avec les musiciens et de l’enthousiasme du public, Philippe Jordan a été prolongé dans ses fonctions de directeur musical de l’Opéra national de Paris jusqu’au 31 juillet 2018. Il développera parallèlement ses activités symphoniques à la tête des Wiener Symphoniker, en tant que premier chef invité dès la saison 2013-2014, puis en succédant à Fabio Luisi comme Chefdirigent, à compter de la saison 2014-2015. A l’été 2012, Philippe Jordan dirigera au festival de Bayreuth l’ultime reprise du Parsifal mis en scène par Stefan Herheim, qu’il retrouvera à l’Opéra Bastille pour de nouveaux Maîtres chanteurs de Nuremberg, en coproduction avec le Festival de Salzbourg. De janvier à mai 2013, le chef suisse dirigera les quatre volets du Ring de Wagner mis en scène par Günter Krämer, avant leur reprise en cycle complet en juin. Enfin, Nicolas Joel a levé le voile sur certains de ses projets à la tête de l’Opéra de Paris, en évoquant des compositeurs tels que Korngold, Schreker et Zemlinsky.


22 septembre 2011 : PREMIERE DE FAUST EN VERSION DE CONCERT
L'Opéra de Paris vient d'annoncer à travers un communiqué que la première représentation de Faust programmée ce soir à l'Opéra Bastille devra se dérouler en version de concert suite à la cessation de travail d'une partie des techniciens de la production, confirmant un préavis de grève qui concerne la réforme du régime spécial des retraites. Nous en profitons pour informer nos lecteurs que nous produirons notre compte rendu du spectacle une fois que celui-ci sera donné avec la mise en scène de Jean-Louis Martinoty.


20 septembre 2011 : CRITIQUE EXPRESS : Collaboration
Théâtre des Variétés, Paris
La critique de théâtre n’est pas la vocation d’Altamusica. Mais quand une pièce majeure évoque les relations entre Strauss et Zweig, voici un rendez-vous à ne pas manquer pour tous les mélomanes. Dans l’évocation des relations entre Richard Strauss (Michel Aumont) et Stefan Zweig (Didier Sandre), lors de la gestation de l’opéra la Femme silencieuse, on craignait un nouveau numéro d’acteurs dont Paris est si friand. Rien de tel, sans doute parce que, tampon entre ces deux génies, la comédienne Christiane Cohendy, véhémente Pauline Strauss, donne une respiration et du souffle à ce face-à-face. Elle est dans la vérité de l’œuvre puisque l’épouse du compositeur fut une soprano adulée de l’Allemagne. Elle a créé tant d’œuvres de son mari, notamment Intermezzo, qu’elle a été plus que sa muse. C’est elle, avec son caractère fantasque et coléreux, qui l’a stimulé contre les réquisitions du nazisme. Le fils de Richard Strauss avait épousé Alice, une jeune femme catholique d’origine juive qui lui avait donné des petits enfants. Le compositeur, inconscient, fêté, contre son gré par le Führer, aurait vendu son âme et son talent pour les sauver. Il a tenté de faire de même pour son collaborateur, librettiste et ami, l’écrivain juif Stefan Zweig, auteur du livret de Die schweigsame Frau. Mais la marche de l’Histoire allait broyer tout cela. Le fragile, sensible et génial Zweig alla se suicider avec son épouse au Brésil, estimant que l’Europe culturelle qu’il avait côtoyée était perdue. Roc intangible grâce son art et à sa femme, Strauss s’en est sorti mais amenuisé. Tout cela, Michel Aumont et Didier Sandre le restituent sans aucune grandiloquence : c’est magnifique avec un sommet de l’art dramatique, la lettre de dénazification lue par Aumont dans une émotion prenante. Un seul regret, c’est que l’essentiel, la musique, soit aussi mal mise en évidence. Le programme ne devrait-il pas d’ailleurs, pour les mélomanes, indiquer les enregistrements et les interprètes choisis ? L’important du texte dans la montée dramatique de la pièce, ce sont les relations entre Strauss, génie proclamé, égoïste et inconscient face au timide et humaniste Zweig, tourmenté, qui a très tôt compris l’enjeu alors que Strauss ne pense qu’à son génie de créateur. Voilà un grand moment de théâtre. (N.D.)


19 septembre 2011 : Disparition de Kurt Sanderling
Le chef d’orchestre Kurt Sanderling, sans doute le dernier monstre sacré d’une prestigieuse lignée du siècle dernier, s’est éteint samedi 18 septembre à Berlin, à la veille exacte de son 99e anniversaire. Né le 19 septembre 1912 en Prusse orientale, le maestro, d’origine juive, fuira sa terre natale en 1936 pour l’Union soviétique, qu’il verra toute sa vie comme la nation lui ayant permis de préserver sa sécurité et d’échapper à l’Holocauste. À compter de 1942, il occupera pendant dix-huit ans le poste d’assistant d’Evgeni Mravinski à Léningrad, qui vaut alors toutes les écoles du monde, avant d’organiser son retour en Allemagne en 1960, puis d’occuper divers fonctions de chef en RDA. Connu pour la lenteur de ses tempi et son exigence stylistique tournant le dos à toute surcharge ou faute de goût, il restera à la postérité pour ses enregistrements de Sibelius et Chostakovitch réalisés avec le principal orchestre de Berlin-Est, alors Berliner Symphonie-Orchester, ainsi que pour son intégrale des symphonies de Brahms à la tête de la Staatskapelle de Dresde. Les mélomanes français se souviennent encore du concert d’avril 1999 à la tête de l’Orchestre de Paris, où il avait donné salle Pleyel une Sixième Symphonie de Chostakovitch absolument incomparable. Sanderling avait pris sa retraite en 2002. Ses fils Thomas, Stefan et Michael sont aujourd’hui eux aussi des chefs largement reconnus, le cadet ayant même longtemps été violoncelliste au DSO Berlin, l’un des nombreux orchestres de la capitale allemande.

 
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