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LES BREVES
21 octobre 2018

20 septembre 2011 : CRITIQUE EXPRESS : Collaboration
Théâtre des Variétés, Paris
La critique de théâtre n’est pas la vocation d’Altamusica. Mais quand une pièce majeure évoque les relations entre Strauss et Zweig, voici un rendez-vous à ne pas manquer pour tous les mélomanes. Dans l’évocation des relations entre Richard Strauss (Michel Aumont) et Stefan Zweig (Didier Sandre), lors de la gestation de l’opéra la Femme silencieuse, on craignait un nouveau numéro d’acteurs dont Paris est si friand. Rien de tel, sans doute parce que, tampon entre ces deux génies, la comédienne Christiane Cohendy, véhémente Pauline Strauss, donne une respiration et du souffle à ce face-à-face. Elle est dans la vérité de l’œuvre puisque l’épouse du compositeur fut une soprano adulée de l’Allemagne. Elle a créé tant d’œuvres de son mari, notamment Intermezzo, qu’elle a été plus que sa muse. C’est elle, avec son caractère fantasque et coléreux, qui l’a stimulé contre les réquisitions du nazisme. Le fils de Richard Strauss avait épousé Alice, une jeune femme catholique d’origine juive qui lui avait donné des petits enfants. Le compositeur, inconscient, fêté, contre son gré par le Führer, aurait vendu son âme et son talent pour les sauver. Il a tenté de faire de même pour son collaborateur, librettiste et ami, l’écrivain juif Stefan Zweig, auteur du livret de Die schweigsame Frau. Mais la marche de l’Histoire allait broyer tout cela. Le fragile, sensible et génial Zweig alla se suicider avec son épouse au Brésil, estimant que l’Europe culturelle qu’il avait côtoyée était perdue. Roc intangible grâce son art et à sa femme, Strauss s’en est sorti mais amenuisé. Tout cela, Michel Aumont et Didier Sandre le restituent sans aucune grandiloquence : c’est magnifique avec un sommet de l’art dramatique, la lettre de dénazification lue par Aumont dans une émotion prenante. Un seul regret, c’est que l’essentiel, la musique, soit aussi mal mise en évidence. Le programme ne devrait-il pas d’ailleurs, pour les mélomanes, indiquer les enregistrements et les interprètes choisis ? L’important du texte dans la montée dramatique de la pièce, ce sont les relations entre Strauss, génie proclamé, égoïste et inconscient face au timide et humaniste Zweig, tourmenté, qui a très tôt compris l’enjeu alors que Strauss ne pense qu’à son génie de créateur. Voilà un grand moment de théâtre. (N.D.)


19 septembre 2011 : Disparition de Kurt Sanderling
Le chef d’orchestre Kurt Sanderling, sans doute le dernier monstre sacré d’une prestigieuse lignée du siècle dernier, s’est éteint samedi 18 septembre à Berlin, à la veille exacte de son 99e anniversaire. Né le 19 septembre 1912 en Prusse orientale, le maestro, d’origine juive, fuira sa terre natale en 1936 pour l’Union soviétique, qu’il verra toute sa vie comme la nation lui ayant permis de préserver sa sécurité et d’échapper à l’Holocauste. À compter de 1942, il occupera pendant dix-huit ans le poste d’assistant d’Evgeni Mravinski à Léningrad, qui vaut alors toutes les écoles du monde, avant d’organiser son retour en Allemagne en 1960, puis d’occuper divers fonctions de chef en RDA. Connu pour la lenteur de ses tempi et son exigence stylistique tournant le dos à toute surcharge ou faute de goût, il restera à la postérité pour ses enregistrements de Sibelius et Chostakovitch réalisés avec le principal orchestre de Berlin-Est, alors Berliner Symphonie-Orchester, ainsi que pour son intégrale des symphonies de Brahms à la tête de la Staatskapelle de Dresde. Les mélomanes français se souviennent encore du concert d’avril 1999 à la tête de l’Orchestre de Paris, où il avait donné salle Pleyel une Sixième Symphonie de Chostakovitch absolument incomparable. Sanderling avait pris sa retraite en 2002. Ses fils Thomas, Stefan et Michael sont aujourd’hui eux aussi des chefs largement reconnus, le cadet ayant même longtemps été violoncelliste au DSO Berlin, l’un des nombreux orchestres de la capitale allemande.


16 septembre 2011 : Retrait d'Alain Lombard dans Faust
L'Opéra de Paris annonce le retrait du chef d'orchestre Alain Lombard de la nouvelle production de Faust, moment fort de la saison 2011-2012, au profit du jeune chef français Alain Altinoglu. Dans une mise en scène de Jean-Louis Martinoty, avec Roberto Alagna dans le rôle-titre, l'opéra de Gounod sera donné du 22 septembre au 25 octobre à la Bastille.


07 septembre 2011 : Salvatore Licitra est mort
Salvatore Licitra a succombé à ses blessures. Alors qu’il se rendait le 27 août à Raguse, en Sicile, pour y recevoir un prix, le ténor italien, âge d’à peine 43 ans, avait perdu le contrôle de sa Vespa qui s’était fracassée contre un mur. Il vient de s’éteindre le 5 septembre. Né à Berne le 10 août 1968 de parents siciliens, il passera son enfance à Milan, puis gagnera l’Académie musicale de Parme à l’approche de la vingtaine. C’est Riccardo Muti qui lancera véritablement sa carrière en le programmant régulièrement à la Scala. Il fera ensuite sensation en remplaçant Pavarotti défaillant dans Tosca au Met en 2002. Il avait accordé à notre confrère Gérard Mannoni un entretien en 2004, que nous vous proposons de relire tel un hommage en cliquant ici.


05 septembre 2011 : TOP & FLOP : Markus Hinterhäuser vs Sebastian Baumgarten
TOP : Markus Hinterhäuser, responsable depuis l’arrivée de Jürgen Flimm à la tête de Salzbourg en 2007 de la programmation des concerts du festival, suite à la nomination de ce dernier à Berlin, qui vient d’assurer seul et de la plus belle manière qui soit cet été d’intérim avant l’arrivée à l’automne du nouveau patron des lieux Alexander Pereira, en provenance de l’Opéra de Zurich. Le jeune quinquagénaire a réussi à assurer l’un des festivals les plus palpitants depuis le départ de Gerard Mortier, avec la programmation d’un Macbeth classique, d’une Affaire Makropoulos d’anthologie et d’une Femme sans ombre de musique absolue, aux côtés d’une trilogie Mozart-Da Ponte de Claus Guth résonnant comme l’une des aventures théâtrales les plus abouties de ces dernières années sur la scène lyrique européenne, avec notamment un Così revu de fond en comble, qui n’a plus grand-chose à voir avec le DVD paru chez Euro Arts.
FLOP : le jeune metteur en scène Sebastian Baumgarten, auteur d’un Tannhäuser abracadabrantesque pour le centième festival de Bayreuth, qui reprenait conjointement le merveilleux Parsifal de Stefan Herheim, mais aussi les Maîtres chanteurs de Katharina Wagner, le Tristan de Christoph Marthaler et le Lohengrin de Hans Neuenfels. Plus encore que les productions précitées, allant du guère regardable – Tristan –, à un franc détournement non dénué d’idées – Meistersinger et Lohengrin –, Baumgarten coiffe tous les iconoclastes au poteau en rappelant rien moins que l’impossible installation de feu Christoph Schlingensief pour le Parsifal cauchemardesque de la période 2004-2007, sans doute l’une des pires mises en scène d’opéra qu’on ait vues. Un écart de parcours que ne pouvait laisser présager un début de carrière prometteur, salué en 2002 par le prix Götz-Friedrich pour une Tosca à l’Opéra de Kassel.
(Y.M.)

 
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