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CHRONIQUES
01 mars 2015

2015-2016 à l’Opéra :
Renouvellement et imagination

© Bertrand Guay / AFP

Stéphane Lissner, Philippe Jordan et Benjamin Millepied viennent d’annoncer leur première saison commune pour l’Opéra national de Paris lors d’une conférence de presse grand style à l’Opéra Bastille. La première véritable saison du nouveau directeur de l’Opéra verra le jour sous le signe du renouvellement et de l’imagination.
 

Le 05/02/2015
Gérard MANNONI
 



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  • Les conférences de presse annuelles de l’Opéra de Paris ont connu des dernières années toutes les formes possibles. Il y eut aussi bien les fastes de l’arrivée de Gerard Mortier dans les trente-sixièmes dessous de l’Opéra Bastille que des réunions en comité restreint, jusqu’à l’envoi de documents quasiment sans conférence. Stéphane Lissner a opté pour une solution médiane, avec parcours obligé à travers les innombrables et immenses espaces vides de Bastille pour aboutir dans une vaste salle de production avec table et estrade de style présidentiel et plusieurs centaines d’invités, mais avec seulement café croissants. Bonne idée tout compte fait. L’Opéra de Paris mérite un certain cérémonial, sans pour autant servir de nichoir aux traditionnelles hirondelles de cocktails.

    Il ressort des propos des trois principaux acteurs de la programmation qui ont travaillé en commun sous la houlette de Lissner une volonté de bâtir un vrai projet artistique sur le long terme, les six saisons à venir, ce qui est la meilleure façon de mobiliser avec efficacité les forces de la maison. Du machiniste à la prima donna, tout le monde travaille mieux en sachant où il va.

    Côté opéra, sur dix-neuf titres, il y aura neuf nouvelles productions et dix reprises, ce qui est un bon équilibre. Moses und Aron de Schoenberg, le Château de Barbe-Bleue de Bartók couplé avec la Voix humaine de Poulenc, Vol Retour de Joanna Lee, opéra pour les quatre ans et plus à l’Amphithéâtre, la Damnation de Faust, le Trouvère, Les Maîtres chanteurs de Nuremberg, Iolanta de Tchaïkovski couplé avec une originale version de Casse-Noisette, Rigoletto et Lear d’Aribert Reimann sont les nouvelles productions. Les reprises concernent Madame Butterfly, Platée, Don Giovanni, l’Élixir d’amour, Werther, Capriccio, le Barbier de Séville, le Chevalier à la rose, la Traviata et Aïda. Tout cela constitue bien un panorama des trois grands répertoires : allemand, italien et français.

    Le plus important n’est pas seulement dans les titres, mais ce qu’ils représentent, c’est-à-dire à la mise en route de plusieurs grands cycles et à la fidélisation de plusieurs chanteurs, chefs et metteurs en scène sur plusieurs années. Une volonté de travailler dans la continuité et en amont. Il y aura ainsi un cycle Schoenberg, complété par des concerts, un cycle Berlioz initié avec la Damnation chantée par Sophie Koch, Jonas Kaufmann et Bryn Terfel, et la poursuite de l’exploration des opéras de Wagner. Des concerts accompagneront cette programmation, « on entendra même de la musique de chambre de Puccini » a précisé Philippe Jordan.

    Impossible de citer ici tous les noms des chanteurs présents à l’affiche. Notons seulement la présent de Roberto Alagna dans l’Élixir d’amour, de Piotr Beczala dans Werther, d’Anna Netrebko, Marcello Alvarez et Ludovic Tézier dans le Trouvère, de Sonya Yoncheva dans la Traviata, d’Anja Harteros dans le Chevalier à la rose. Côté metteurs en scène, Warlikowski, Castellucci, Guth, Tcherniakov sont parmi ceux que l’on retrouvera aussi dans les prochaines saisons. Philippe Jordan sera souvent à l’affiche et l’on remarque le retour d’Esa-Pekka Salonen pour le spectacle Bartók-Poulenc, et d’Alain Lombard pour la reprise de Werther. Concerts orchestraux et de musique de chambre, récitals de très grandes voix s’ajoutent à cette large programmation.

    Création d’une Académie, initiative chère à Stéphane Lissner, pour assurer la transmission, avec à la fois des structures d’éducation artistique pour les jeunes et l’accueil en résidence de chanteurs, de metteurs en scène, de chorégraphes, de musiciens pour qu’ils apprennent leur métier ou s’y perfectionnent et assurent la relève.

    L’augmentation du prix des places est compensée par les treize spectacles proposés en avant-première à 10 euros pour les moins de 28 ans. Trente soirées seront également affichées plus tard, à 20h30 au lieu des traditionnels 19h30 pour faciliter l’accès à une partie du public. Une troisième scène, scène numérique vouée à la création, apparaîtra en septembre 2015. Il ya aura une création d’opéra chaque année à partir de 2016, dans l’esprit d’une collaboration étroite entre compositeur, librettiste, décorateur et metteur en scène.

    La programmation danse offre le même kaléidoscope de reprises (dont deux grands Noureev, la Bayadère et Roméo et Juliette, la Giselle maison, des Balanchine et des Robbins dont de nouveaux ballets entrent aussi au répertoire) et des créations (Millepied, Jérôme Bell, Boris Charmatz dans les espaces publiques de Garnier, Justin Peck, retour de Maguy Marin) et début d’un cycle Keersmaker et d’un cycle Forsythe à poursuivre les années suivantes. Deux compagnies invitées aussi, La Batsheva et l’English National Ballet. Grand défilé pour le Gala d’ouverture de saison mais plus sur la Marche des Troyens de Berlioz mais sur l’Entrée des convives de Tannhäuser.

    Du nouveau, donc, à la fois dans les détails et dans les ambitions, d’où une grande attente très stimulante.




    Le 05/02/2015
    Gérard MANNONI




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