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CHRONIQUES
17 février 2019

Mort du Wotan de l’Est

Très lié à sa ville natale de Dresde où il vient de disparaître à l’âge de 92 ans, le baryton-basse Theo Adam, à la retraite depuis 2006, loin de se contenter de faire les belles heures de l’école de chant d’ex-RDA, prit notamment à Bayreuth, où il fut l’un des piliers des années 1960, le relais de Hans Hotter dans le rôle du roi des Dieux du Ring wagnérien Wotan.
 

Le 14/01/2019
Gérard MANNONI
 



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  • Né à Dresde où il vient de décéder à l’âge de 92 ans, Théo Adam fut avant tout l’un des très grands wagnériens de la seconde moitié du XXe siècle, même si la nature et la musicalité naturelle de sa voix lui ouvrirent aussi le chemin de grands rôles italiens notamment. La RDA qui vit le jour au moment où il faisait ses débuts en 1949 ne laissait pas sortir souvent ni volontiers ses artistes, tout comme l’URSS.

    Théo Adam s’imposa pourtant avec une telle évidence que sa carrière devint rapidement internationale. Dès 1953, membre de l’Opéra d’Etat de Berlin, il dut répondre aux invitations de grandes scènes occidentales, et notamment à l’invitation de Wieland Wagner à Bayreuth. Il devait ensuite, de 1963 à 1975, être le Wotan du Ring de Bayreuth tous les ans, chantant aussi notamment Gurnemanz et Hans Sachs.

    Aux côtés des plus grandes voix de ce temps béni, il fit partie de l’élite la plus restreinte et la plus prisée des incontournables, aux côtés entre autres de Birgit Nilsson, de Leonie Rysanek, de Jon Vickers. Visage aux traits réguliers, belle chevelure blanche toujours impeccablement ordonnée, le regard un peu glacial, il avait la présence et la stature des bêtes de scène sans avoir à se donner beaucoup de mal.

    La voix était grande, très égale et très stable, d’une belle matière, et l’interprétation toujours d’une grande intelligence. Il a fort heureusement laissé une très abondante discographie qui permet d’apprécier l’étendue et la nature de cette voix située dans la lignée de celle d’un George London plus que d’un Fischer-Dieskau dont le timbre était moins sombre et la projection moins puissante.

    S’il succéda à Hans Hotter comme LE Wotan de Bayreuth, ses moyens étaient aussi totalement différents, émission d’une autre nature, plus égale mais moins large. Il continua grâce à sa superbe technique à chanter jusqu’à l’orée des années 2000 (comment oublier son fulgurant Schigolch dans Lulu à Salzbourg en 1999 ?), créant notamment en 1984 Un re in ascolto de Berio et ne faisant vraiment ses adieux qu’en 2006 dans le rôle de l’Ermite du Freischütz au Semperoper de Dresde, là où il avait fait ses débuts plus d’un demi-siècle plus tôt, et dans le même rôle.




    Le 14/01/2019
    Gérard MANNONI




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