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CHRONIQUES
26 mai 2017

Nicolaï Gedda,
ténor touché par la grâce

© Warner Music

Après la fausse annonce de sa mort en 2015, c’est cette fois avec un mois de retard que l’on a appris, hier, le décès bien réel de Nicolaï Gedda, le 8 janvier dernier, à l’âge de 91 ans. Il fut l’un des plus grands artistes lyriques du XXe siècle et un ténor d’exception, alliant un physique radieux, une voix qui l’était autant, une intelligence brillante.
 

Le 10/02/2017
Gérard MANNONI
 



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  • Il aura été l’artiste lyrique de tous les records, de longévité (il enregistra encore à 77 ans), du nombre d’enregistrements (plus de 200) et de rôles (il en chanta 26 rien qu’au Metropolitan Opera de New York), et dans toutes les langues courantes de la musique (il en parlait couramment plus d’une dizaine dans la vie). Découvert par Walter Legge qui lui donna ses premières chances en 1951, il était le fils d’une mère suédoise et d’un père à moitié russe. Puis, en 1953, ce fut Herbert von Karajan qui l’engagea pour être Don Ottavio dans Don Giovanni à la Scala a de Milan. Sa carrière internationale était lancée, aussi bien au disque que sur scène. Il fit partie pour HMV (qui devint EMI) des équipes Karajan-Legge aux côtés des plus grandes partenaires, Schwarzkopf et Los Angeles notamment.

    Il débuta à l’Opéra de Paris en Huon de Bordeaux dans Obéron en 1954 et signa un contrat permanent qui permit de le revoir à maintes reprises, notamment dans la Traviata en 1956 et 1957, en récital en 1972, mais aussi dans le premier spectacle de l’ère Liebermamn, Orphée de Gluck en 1973, dans les Contes d’Hoffmann en 1974 sous la baguette de Georges Prêtre et aux côtés de Régine Crespin, Christiane Eda-Pierre, Eliane Manchet et Tom Krause, et dans le légendaire Faust de Gounod mis en scène par Lavelli en 1975, avec Mirella Freni, Nicolaï Ghiaurov et Robert Massard, sous la baguette de Michel Plasson.

    La voix de Gedda était exceptionnelle de sûreté, de clarté, d’agilité, aussi bien capable de puissance (Hoffmann ou Guillaume Tell) que de souplesse. Sa diction dans toutes les langues et nomment le Français était d’une absolue perfection et sa haute stature comme son visage de jeune premier donnaient un impact immédiat à ses incarnations scéniques. Toutes ses interprétations étaient d’une parfaite intelligence, dans le respect des styles et de l’écriture musicale de chaque compositeur.

    J’eus la chance de l’entendre dès 1954, dans Obéron, puis en Tamino de la Flûte enchantée, en français. Ses Alfredo dans la Traviata aussi furent un enchantement, mais hélas la production d’Orphée signée René Clair qui inaugurait l’ère Liebermann avec les célèbres Noces de Figaro mises en scène par Strehler, ne plurent ni au public ni à la critique. Il en alla tout différemment des Contes d’Hoffmann de 1974 et surtout du Faust de 1975. Si la mise en scène de Lavelli fit d’abord scandale avant de devenir culte, la somptueuse interprétation du duo Gedda-Freni fit l’unanimité, tout comme le Méphisto de Ghiaurov. Ces distributions comptent parmi les plus excitants souvenirs d’opéra des passionnés de ces années tumultueuses et magiques dont Gedda fut l’une des figures majeures.

    J’eus l’occasion de l’approcher et de constater avec quelle gentillesse et quel professionnalisme, avec ses collègues Christa Ludwig et Martti Talvela, le chef Carlo-Maria Giulini, il sut ménager la timidité d’une jeune soprano espagnole en détresse lors des premières répétitions d’un Requiem de Verdi aux Chorégies d’Orange. Un personnage de toute évidence hors du commun, non seulement par son talent mais par son calme souriant dans cet univers facilement agité. La voix, le physique, l’intelligence, la diplomatie ; bref la classe ! Gedda avait vraiment tout…




    Le 10/02/2017
    Gérard MANNONI




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