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CHRONIQUES
28 août 2015

Jon Vickers,
le colosse aux mille nuances

© Reuters

Le ténor Jon Vickers, qu’on croyait immortel, vient de disparaître le 10 juillet, dans sa quatre-vingt-huitième année. Chanteur colossal au timbre si particulier, reconnaissable entre mille, il appartenait à la génération des monstres sacrés de l’après-guerre, sachant imprimer à chaque partition, à chaque rôle, une empreinte indélébile.
 

Le 13/07/2015
Gérard MANNONI
 



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  • Quel ténor aura chanté pareil répertoire à pareil niveau avec de telles partenaires ? Heldentenor, certes, mais capable aussi d’aborder le répertoire italien et français avec la plus absolue finesse, de donner une interprétation mythique du Voyage d’hiver de Schubert. Né au Canada en 1926, il fit ses études musicales à Toronto et fut engagé dans la troupe de Covent Garden en 1957. L’année suivante, il débutait déjà à Bayreuth dans le rôle de Siegmund, personnage qu’il n’aima jamais vraiment, le trouvant trop païen, mais qu’il chanta et enregistra beaucoup. De même, il refusa longtemps de chanter Tannhaüser, un rôle contraire à ses convictions religieuses. Il chanta tous les grands Wagner dont Tristan, souvenir d’une soirée immortelle aux Chorégries d’Orange aux côtés de Birgit Nilsson le 7 juillet 1973, tous les grands Verdi, dont Otello qui fut l’un de ses rôles fétiches, notamment aux côtés de Mirella Freni, Pollione aussi avec Monserrat Caballe à Orange encore, les grands rôles héroïques français : Énée, Samson, Radames face à Leontyne Price, Don José pour Grace Bumbry.

    Si l’on voulait dresser la liste complète de ses interprétations, ce serait le répertoire des plus illustres théâtres, chefs et cantatrices des années 1960, période particulièrement glorieuse dans l’histoire lyrique du XXe siècle. Tout le monde n’aimait pas sa voix, pas vraiment italienne, ni française, ni germanique, mais personnelle, menée de façon magistrale et la reconnaissance de son art du chant en tous domaines était universelle. Extraordinairement musicien, très intelligent, plus chanteur qu’acteur, il avait une présence scénique particulière, costaud et massif sans être gros.

    Qui pourra oublier ce Couronnement de Poppée de l’Opéra de Paris, avec une distribution à pousser au suicide tous les baroqueux mais restée dans les annales du monde lyrique, aux côtés de Nicolaï Ghiaurov, Christa Ludwig, Gwyneth Jones. Il remit à l’honneur les Troyens de Berlioz sur les scènes lyriques, et tant d’autres personnages aussi. Un cas à part, un extra-terrestre dont chacune de ses apparitions (il donna 277 représentations au Met en 17 rôles) est restée comme unique dans les mémoires, que ce soit en concert aux côtés de Jones débutante au Théâtre des Champs-Élysées, de Nilsson ou de Caballe dans la nuit féérique d’Orange, moments uniques que l’on savait ne jamais revivre à ce niveau. Il laisse heureusement beaucoup d’enregistrements et un certain nombre de vidéos. Il faut s’y référer, car c’est une leçon à tous égards pour les générations actuelles.




    Le 13/07/2015
    Gérard MANNONI




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