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CHRONIQUES
18 février 2018

Mélo mélodique

Angela Gheorghiu et Roberto Alagna se produisent en ce moment à guichets fermés sur la scène de l'Opéra-Bastille. Aux nombreux amateurs qui ne pourront pas aller les applaudir faute d'avoir pu se procurer un billet, le cinéma propose une séance de rattrapage avec le dernier film de Benoit Jacquot, en salle dès le 14 novembre.
 

Le 10/11/2001
Michel PAROUTY
 



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  • Le film-opéra, à la mode dans les années 1980, reviendrait-il en force, sous le regard de celui qui en a fait son cheval de bataille, Daniel Toscan du Plantier ? Dans la série des Puccini, après Bohème avec Barbara Hendricks et Butterfly de Frédéric Mitterand, voici Tosca qui part affronter les "Blockbusters" dans les salle obscures. Pourquoi pas ?

    Ici, le réalisateur Benoît Jacquot a parié sur deux dimensions temporelles, l'enregistrement de studio, dont on voit des séquences en noir et blanc, et l'opéra proprement dit, en couleurs- les rouges sont flamboyants ! Avec, pour évoquer quelques lieux privilégiés, des flashes, comme autant d'images mentales et de souvenirs.

    Mais cette Tosca, qui, on l'a dit, ne fera pas honte aux cinéphiles, ravira-t-elle les mélomanes ? Les admirateurs de Roberto Alagna seront à la fête. Lui qui prétend régulièrement que les chanteurs ne sont que des semblants d'acteurs ne perd rien, à l'écran, de la spontanéité, du charme qui, à la scène, établissent avec le spectateur un contact immédiat. Et comme sa voix est plus rayonnante que jamais, on imagine son Mario ! Franc comme l'or, ardent, audacieux, éperdu d'amour.

    Angela Gheorghiu n'a aucun mal à incarner les divas. Pourtant, contrairement à son ténor de mari, elle compose, bat des cils, joue de la prunelle, souvent plus star que femme. Mais, décidément, Puccini lui convient, et, après ses déchirantes Mimi, elle prouve que sa Tosca a du panache. Elle le chante avec passion, féline enjôleuse et rageuse, qui sait quand dompter son tempérament.

    Ruggero Raimondi est, du trio, le seul à avoir déjà tâté du cinéma, y compris, en tant que comédien, avec Alain Resnais. C'est pourtant lui le moins crédible, son Scarpia qui roule des yeux, fait des mines, et, d'une voix qui n'a plus guère de corps, transforme toute ligne mélodique qui ne lui a rien fait en Sprechgesang (parlé-chanté). On savait que le rôle ne lui convenait pas ; on ne le croyait pas capable d'une telle caricature.

    Il ne manquera pas d'arguments publicitaires pour rapprocher la bande sonore de l'enregistrement légendaire dirigé par Victor de Sabata, " starring " Maria Callas et Tito Gobbi. Mais Antonio Pappano n'est pas de Sabata, pas même son ombre. Sans la moindre distinction, il cherche tous les effets, et n'en manque aucun. Puccini n'y gagne rien.

    Le film plaira malgré tout, car il est facile de se laisser charmer par les Toscajoleries vocales de ce mélo mélodique.




    Le 10/11/2001
    Michel PAROUTY




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