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CHRONIQUES
18 novembre 2018

La bobine réenchantée

La semaine dernière, Michel Parouty donnait ses impressions sur le film Tosca de Benoit Jacquot avec le couple incontournable Gheorghiu-Alagna. Le film est maintenant en salle depuis mercredi dernier, et c'est au tour de Gérard Mannoni de lui donner un contrepoint critique nettement plus favorable.
 

Le 17/11/2001
Gérard MANNONI
 



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  • Je n'aime pas les films d'opéra en général. C'est pour moi un genre à part, qui déroute les amateurs habituels et forme un autre public, forcément déçu par ce qu'il entend et voit lorsqu'il met les pieds dans un vrai théâtre. Pourtant, j'apprécie cette fois les efforts de Benoit Jacquot pour traiter le sujet autrement que sous forme de simple captation sophistiquée et linéaire.

    Les plans filmés pendant l'enregistrement de la bande son, les images empruntées à un autre univers, les passages " off ", ceux où la voix parlée se superpose à la voix chantée, coupent le rythme traditionnel, donnent de la vie et du rythme, d'autant qu'ils sont toujours extrêmement brefs et ne tournent jamais au procédé.

    Le côté réaliste des décors est compensé par ces vastes fonds noirs d'où émergent presque toujours les personnages, donnant une dimension irréelle et théâtrale à chaque entrée. Les gros plans sont comme toujours trop gros et trop réalistes, sauf dans le cas de Ruggero Raimondi qui se révèle une fois encore un fabuleux acteur dramatique.

    Une composition stupéfiante d'intériorité, avec une grande économie de moyens, comme les vrais tragédiens. Enfin un Scarpia sinistre de perversité, mais sensuel et sans l'once d'une vulgarité. Alagna chante de sa meilleure voix et joue tel qu'il est, sans complications, avec foi et franchise. Cavaradossi demande-t-il autre chose ? Il a de plus un physique très plausible pour l'emploi.

    Reste le cas Gheorghiu. Côté chant, elle utilise avec beaucoup d'astuce et d'instinct une voix belle, mais qui est celle de Mimi ou de Manon, aucunement celle de l'héroïque Tosca. À l'image, sa présence est impressionnante, mais en fait tant à chaque plan qu'elle ne paraît jamais convaincante.

    Autant Alagna est direct, autant elle compose en permanence et du même coup, fait figure de pièce rapportée dans l'action dont elle est pourtant le centre. Mais son Toscabotinage ne réussit pas à briser l'intérêt d'une entreprise qui réenchante la bobine comme la syntaxe du film d'opéra.

    Lire aussi l'avis de Michel Parouty. et la critique de la Bande Originale.




    Le 17/11/2001
    Gérard MANNONI




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