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CHRONIQUES
17 août 2018

Symphonie
en blanc majeur

Désormais, c'est tous les cinq ans que la République française doit se chercher un nouveau chef d'orchestre...
 

Le 19/04/2002
Eric SEBBAG
 



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  • Mais si le rythme s'est accéléré, c'est peu ou prou la même partition qui se rejoue da capo. À l'avant-scène, toujours les mêmes ténors qui écrasent une troupe de seconds rôles et figurants plus ou moins insignes.

    En tournées incessantes, pas ou peu de préludes, les différents prétendants au pupitre suprême y vont de leurs grands airs avec force trémolos et accents dramatiques. Et l'un de redouter le Requiem des acquis sociaux, l'autre de stigmatiser les crescendo du fisc. Entre l'Ode sécuritaire et le De Profundis des libertés individuelles, ils connaissent parfaitement la musique.

    Deux ou trois ritournelles plus ou moins attendues, le concert de campagne retrouve son lot de mordants, bémols et couacs distillés avec maestria pour prendre l'adversaire à contretemps et le mener en syncope. Querelle des Bouffons, air de la calomnie, bataille d'Ernani dans un verre d'eau, aucun des classiques ne sera oublié, beaucoup craignant de rester sans voix s'ils ne reprennent en canon le choeur de canards.

    Car à l'horizon, qui n'est plus si rose, se dessine déjà le spectre d'une symphonie électorale en blanc majeur. Les nouveaux programmes sauront-ils renouveler le répertoire ? Créer un nouvel élan Vivace ? Redonner de la Passion ? Commentateurs et auditeurs écarquillent les tympans pour y déceler les Pastorales de demain.

    Tempo giocoso pour tous ?

    On doit rapidement déchanter. Trop de promesses sonnent faux, l'harmonie des programmes est souvent improbable et leur armure fragile. Ici et là, quelques coups de cymbales et grosse caisse ne vont pas masquer un excès de fantaisie dans le chiffrage des bases. Les plus réalistes savent bien qu'il faudra inévitablement baisser d'un ton et que le diapason sera impossible à tenir.

    On voulait entendre la Symphonie du Nouveau Monde, on perçoit une Rhapsodie mal embouchée qui ne laisse augurer que soupirs et Lamentations. Dès lors, comment trouver ce chef messianique qui aura la force de mener le destin à la baguette ?

    Peut-être en réalisant que, toutes disciplines confondues, les grands chefs d'hier que furent Bruno Walter, Charles De Gaulle, Charles Munch, Winston Churchill, Carlos Kleiber, Abraham Lincoln (et combien d'autres ?) n'ont pas été mandatés sur leurs programmes, mais sur leur personnalité, leur pouvoir de conviction et leur charisme à l'aune de leurs actes de bravoure.

    Depuis au moins Moïse et Jésus, la culture occidentale vit sur l'idéal d'un être providentiel et les plus hautes idées ne sont rien sans un Sapiens de chair et de sang pour leur donner une geste. Mais le plus valeureux chef est impuissant s'il n'a un orchestre affûté pour recréer l'harmonie et l'entente commune. Il en va de même pour une Nation, si chacun de ses membres a perdu (ou pas reçu) sa partition civique, il sera difficile d'échapper à la cacophonie d'ici que l'on puisse enfin rejouer le Messie.




    Le 19/04/2002
    Eric SEBBAG




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