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CHRONIQUES
26 mai 2018

Enfant de tous pays

Compositeur méconnu Nicolas Nabokov a traversé le XXe siècle en faisant de sa vie un roman d'aventure, à la manière de ses grands compatriotes, rempli de personnages hauts en couleurs et de rebondissements spectaculaires. Cette fresque dont il est le héros involontaire, il l'a écrite dans un livre intitulé Cosmopolite.
 

Le 26/02/2003
Françoise MALETTRA
 



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    à un ami

  • Pris dans le tourbillon des fractures géopolitiques d'une Europe qui paiera très cher d'avoir trop longtemps valsé sur un volcan, Nabokov en devient l'observateur et en même temps un des acteurs les plus engagés dans les mouvements musicaux du siècle.

    Et l'autoportrait est fascinant. D'une enfance dans un immense et riche domaine de Biélorussie, des saisons comme un éternel conte de Noël, des jours et des nuits sans fin à écouter les chants des paysans, de la tendresse d'une mère et de la nuée de domestiques au service d'un petit garçon " enchanté ", Nabokov gardera toujours la nostalgie.

    Il y aura à onze ans le départ pour Saint-Petersbourg, l'opéra, les premiers concerts, la découverte de la " vraie " musique : un écho de paradis auquel la révolution mettra fin brutalement, en la condamnant à l'exil en 1919. Chassé de Russie avec sa famille (parmi laquelle figurait son cousin Vladimir, le futur auteur de Lolita), commence alors l'éternelle errance du " cosmopolite ", Berlin, Paris, New-York


    Ses amis s'appellent Rilke, Cocteau, Picasso, Derain, il travaille avec Stravinski, Diaghilev, Prokofiev, Balanchine, Elliott Carter
    Tous sont présents dans son livre et ressuscitent sous une plume généreuse, mais lucide et pleine d'humour, comme les premiers grands rôles d'un vaste théâtre qu'il n'aurait cessé de fréquenter, à la recherche de l'excellence en tout.

    On y découvre aussi l'organisateur de festivals, attaché à faire connaître la musique de son temps, et un Nabokov militant activement pour la place des artistes dans le débat politique. On y voit en revanche un compositeur peu soucieux du destin de ses propres oeuvres, dont certaines mériteraient de sortir du purgatoire, en particulier ses opéras, Raspoutine et Peines d'amour perdues, ou ses ballets Union Pacific et surtout Don Quichotte.

    Il y a dans ce livre un tel appétit de vivre, un tel désir d'être présent au monde, que rien ne semble les avoir un seul jour altéré, pas même l'étrange retour à Moscou en 1967. Seulement le sentiment d'une image un peu floue : Un curieux non-retour au pays natal
    Une parabole qui aurait déraillé. L'enfant prodigue revient, mais à la mauvaise adresse


    Cosmopolite de Nicolas Nabokov (1903-1978) (Mémoires traduits de l'anglais par Claude Nabokov) Editions Mémoire du Livre ­ 520 pages, 28 euros



    Le 26/02/2003
    Françoise MALETTRA




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