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CHRONIQUES
22 octobre 2018

Le phénomène Gergiev
© Emi Classics

Est-il comme vient de l'écrire le très sérieux Sunday Times dans son magazine culturel dominical, le plus grand chef d'orchestre vivant ? L'exaltant concert qu'il a donné avec son orchestre du Mariinsky de Saint-Pétersbourg le 27 octobre au Châtelet pousserait à répondre par l'affirmative. Une certitude : Valery Gergiev aime Paris qui le lui rend bien.
 

Le 10/11/2004
Monique BARICHELLA
 



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  • Il est bien difficile d'affirmer en matière musicale qu'un tel est le plus grand, qu'il soit chef, chanteur ou instrumentiste. Ce type de jugement est forcément subjectif, soumis aux goûts et à la subjectivité de chacun. Bien peu de chefs, d'ailleurs, abordent tous les répertoires avec les mêmes bonheurs.

    Omniprésent cette saison à Paris, et on s'en réjouit, Gergiev fait incontestablement partie de cette élite. Si l'on veut user de superlatifs à son égard, on peut sans hésiter le qualifier de chef « le plus charismatique », comme on l'écrit pratiquement dans tous les articles qui lui sont consacrés. Le plus « passionné » aussi, voire le plus « viscéral », tant il s'investit dans chaque oeuvre, dans une totale relation fusionnelle avec ses musiciens, ce que le public ressent bien sûr aussi. Enfin, il ne faut aucun doute qu'il est, de loin, le chef le plus prolixe, dans la mesure où il dirige presque quotidiennement un opéra ou un concert.

    C'est le cas à Saint-Pétersbourg notamment en juin, pendant le festival des Nuits Blanches, mais aussi en ce moment, car il jongle avec un calendrier très chargé pour assurer des concerts au bénéfice des enfants de Beslan rescapés de l'effroyable carnage du 3 septembre. Cette tragédie l'a frappé en plein coeur puisque toute sa famille et même sa femme sont originaires d'Ossétie. Bien que né à Moscou, il a lui-même grandi et étudié à Vladikavkaz, à vingt kilomètres de Beslan, et des parents comme des amis ont été directement touchés par le drame.

    Valery Gergiev ne dirige jamais deux soirs de suite de façon identique, y compris avec le même orchestre. Son inspiration et sa motivation du moment laissent toujours une vraie part à l'improvisation. C'est sans doute ce qui fait son originalité et le distingue d'autres chefs plus routiniers et prévisibles. Ainsi, impossible de choisir entre la 5e symphonie de Tchaïkovski avec la Philharmonie de Vienne entendue à Lucerne, et celle, tout aussi incandescente au Châtelet avec l'Orchestre du Mariinsky le 27 octobre dernier.

    Le public parisien en délire a d'ailleurs réservé au chef et à ses musiciens l'accueil des soirées d'exception. Autre franc succès pour les Chants et danses de la Mort de Moussorgski interprétés par le tout jeune Mikhail Petrenko, une des plus brillantes recrues de la troupe de Gergiev à Saint-Pétersbourg. A seulement vingt-huit ans, il s'est déjà imposé en Hagen du Crépuscule des Dieux dans le Ring du Mariinsky entièrement russe donné à Baden-Baden l'hiver dernier après sa création aux Nuits Blanches. Il aura encore mûri quand on le retrouvera dans le même rôle au prochain Festival d'Aix-en-Provence, puisque Sir Simon Rattle l'a choisi pour cette coproduction entre Aix et le Festival de Pâques de Salzbourg. En attendant, Petrenko sera Varlaam dans Boris Godounov à l'Opéra Bastille, à partir du 30 avril, aux côtés de Samuel Ramey et Vladimir Vaneev.

    Quant à Gergiev, on le retrouvera à nouveau bientôt à Paris. Après sa visite avec ses deux orchestres vedette, il sera à la tête, pour la première fois, de l'Orchestre de Paris les 1er et 2 décembre, toujours au Châtelet, pour la 2e symphonie de Schumann et les Tableaux d'une exposition de Moussorgski. En février 2005, le maestro russe fera enfin ses débuts à l'Opéra national de Paris Bastille où il dirigera sept représentations d'Otello avec Vladimir Galouzine, Carlos Alvarez et Soile Isokoski.

    Gerard Mortier et Jean-Pierre Brossman affichaient d'ailleurs le 27 octobre au soir au Châtelet une même satisfaction après le triomphe de Gergiev et de son orchestre qui, la saison prochaine, sera à la fois l'invité du Châtelet ? Boris Godounov et Le Voyage à Reims ? et de l'Opéra Bastille ? Le Nez de Chostakovitch. Gerard Mortier a en outre déjà engagé Gergiev pour ses quatre prochaines saisons, pour Tristan et Isolde, Lohengrin, et Roméo et Juliette de Berlioz.




    Le 10/11/2004
    Monique BARICHELLA




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