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CHRONIQUES
13 aoűt 2020

Victoria de Los Angeles, icĂ´ne d'une « gĂ©nĂ©ration dorĂ©e Â»
© EMI Classics

Alors que nous vous annoncions la semaine dernière dans nos brèves l'hospitalisation de Victoria de Los Angeles, nous avons appris samedi la disparition de la cantatrice espagnole. Après Renata Tebaldi en décembre, encore une perte irrémédiable pour l'histoire du chant du XXe siècle, celle de l'une des voix qui pouvait tout chanter, véritable icône d'une « génération dorée ».
 

Le 17/01/2005
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Ses plus illustres collègues des annĂ©es 1950 et 1960 disaient d'elle : « C'est la seule d'entre nous Ă  pouvoir tout chanter Â». Victoria de Los Angeles, qui vient de disparaĂ®tre Ă  l'âge de 81 ans, figura aux cĂ´tĂ©s des Tebaldi, Callas, Schwarzkopf, Crespin, Nilsson, Price, Rysanek, CaballĂ© et deux ou trois autres parmi cette petite Ă©lite jamais remplacĂ©e qui redonna le goĂ»t de l'opĂ©ra et du chant aux publics du milieu du XXe siècle.

    Révélée par le Concours International de Genève en 1947, elle s'illustra vite aussi bien au théâtre qu'au concert. Avec une voix d'une pureté idéale, d'une égalité parfaite, dotée d'un timbre fruité et riche, elle aborda quasiment tous les répertoires du soprano lyrique, tour à tour Comtesse des Noces de Figaro, Elisabeth de Tannhäuser, Manon, Mimi, Desdémone, Carmen, Butterfly, mais aussi Marguerite. Avec Schwarzkopf, Seefried et Fischer-Dieskau, elle fut particulièrement active dans le renaissance de l'art de la mélodie, et pas seulement de la mélodie espagnole, encore qu'elle s'y révéla une interprète d'exception.

    Chantant à la perfection le français, elle a laissé au disque des versions de références chez EMI de Manon, Carmen, Faust, entre autres réussites presque aussi éblouissantes. Avec un art marqué par la spontanéité et une apparente simplicité, un physique sympathique, elle a traversé la seconde moitié du XXe siècle en portant au sommet l'école espagnole, comme ses compatriotes Montserrat Caballé et Teresa Berganza.

    Paris, comme pour tant d' autres gloires internationales de l'Ă©poque, ne l'accueillit quasiment qu'en concert, mais elle a laissĂ© une belle discographie qui permet aux nouvelles gĂ©nĂ©rations de comprendre ce que fut cette « gĂ©nĂ©ration dorĂ©e Â» des annĂ©es d'après-guerre oĂą elle tint une place de choix. On ne se lassera jamais de ce timbre, de cette technique irrĂ©prochable, de cette simplicitĂ© qui faisaient qu'elle pouvait convaincre et Ă©mouvoir aux larmes tant en Didon, en Comtesse, en Marguerite, en Carmen, en Mimi, qu'en MĂ©lisande.




    Le 17/01/2005
    GĂ©rard MANNONI




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