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CHRONIQUES
21 février 2018

Concert événement à Ramallah

Le chef d'orchestre Daniel Barenboïm, avec quatre-vingts musiciens juifs et palestiniens qui composent le West-Eastern Divan Orchestra, donne un concert événement à Ramallah, qu'Arte et France-Inter diffuseront le 21 août en direct. Un grand pas symbolique de réconciliation entre deux cultures fratricides du Moyen-Orient.
 

Le 18/08/2005
Nicole DUAULT
 



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  • Le hautbois entame son solo, la clarinette enchaîne puis s'installent le basson et le cor. Tous les autres musiciens n'ont d'yeux que pour leurs collègues solistes. Ils les soutiennent, font corps avec eux dans ce mouvement de la 5e symphonie de Tchaïkovski dont le thème principal, d'un lyrisme majestueux, est le destin, la prédestination. Tout cela paraîtrait normal dans un orchestre ordinaire.

    Si ce n'est que là, le hautboïste est égyptien, le clarinettiste syrien, le basson et le cor, comme trente-trois musiciens de la formation, sont israéliens. Le West-Eastern Divan Orchestra fondé en 1999 par le maestro Daniel Barenboïm et l'humaniste palestinien Edward Saïd est composé de quatre-vingts instrumentistes âgés de 13 à 26 ans originaires des pays fratricides du Moyen-Orient.

    Ils répètent à Séville la Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, basson et cor en mi bémol majeur de Mozart et la Symphonie n° 5 de Tchaïkovski, avant une série de concerts dont le plus marquant fait figure d'événement politique : il aura lieu le dimanche 21 août à Ramallah et sera retransmis en direct par Arte et France Inter.

    En juin, au matin d'un détour parisien au TCE pour un concerto de Brahms avec le Philharmonique de Vienne et sous la direction de Zubin Mehta, Daniel Barenboïm présentait le film qu'Arte a réalisé sur cet orchestre extraordinaire depuis sa création à Weimar à l'occasion du 250e anniversaire de la naissance de Goethe. S'il porte ce nom de West-Eastern Divan, c'est pour rappeler le titre d'une des oeuvres du poète, très attaché à la Perse et aux pays arabes : West-östlicher Divan. Ce film de cinquante deux minutes sera programmé le 20 août, veille du concert.

    On y trouve des images fortes, émouvantes: celles du mur en train de se construire entre Israël et la Cisjordanie tandis que deux violonistes, Stella et Stell, l'une israélienne, l'autre palestinienne, qui partagent le même pupitre, assurent qu'entre elles, il n'y aura jamais de mur. Ces jeunes sont bien plus que des interprètes. Ils hissent la musique à des niveaux culturellement, politiquement plus élévés. « Tout ce que nous pouvons faire, c'est atténuer la haïne, répète comme un leitmotiv Daniel Barenboim ».

    Depuis la création de l'orchestre en 1999, certains musiciens ont pris leur envol pour d'autres formations. Un violoniste est entré à l'Orchestre d'Israël. Le tubiste du Divan est devenu celui de l'Orchestre Philharmonique d'Israël. Une violoniste est premier violon de l'Orchestre de Damas, un hautboïste joue à celui du Caire. Plus éminent encore, un contrebassiste a été engagé par la Philharmonie de Berlin et revient à Séville à chaque session estivale du Divan.

    L'orchestre de Barenboïm est installé dans la capitale de l'Adalousie qui le finance. Et c'est un symbole puisque Séville fut un lieu de rencontre des cultures arabes et judéo-chrétiennes dès les Xe et XIe siècles. Avec sa formation, Daniel Barenboim voit une chance d'entamer un dialogue. Jouer à Ramallah pose un inimaginable casse-tête politique pour tous ces jeunes gens.

    Aussi, dans un souci de simplification, le gouvernement espagnol a décidé de donner à chacun des quatre-vingt musiciens un passeport diplomatique. Et l'instigateur du projet de conclure : « Notre objectif sera atteint quand l'orchestre pourra jouer dans tous les pays dont les musiciens sont originaires. Ce concert à Ramallah est un grand pas dans cette voie ».




    Arte, samedi 20 août à 22h 30 : portrait de l'orchestre et de Daniel Barenboïm. Réalisation : Paul Smaczny.
    Dimanche 21 août à 19 h. Concert à Ramallah.
    Diffusion en simultané sur France Inter.




    Le 18/08/2005
    Nicole DUAULT




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