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CHRONIQUES
21 octobre 2018

Académie Ravel 2005 (1) :
De l'élève à l'interprète


Cours d'interprétation de Jean-François Heisser

L'Académie Ravel, axée sur les cours d'interprétation publics, offrait pour son édition 2005 une belle affiche tant du côté des professeurs que des élèves. L'occasion d'entrer dans les coulisses d'oeuvres du grand répertoire que nous ouvrent des artistes de renommée mondiale, sous la surveillance artistique de Peter Csaba.
 

Le 14/09/2005
Pauline GARAUDE
 



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  • C'est à Saint-Jean-de-Luz, sur la côte basque d'où est natif Maurice Ravel, qu'a lieu le rendez-vous annuel de tous les amateurs de musique française. Une académie où le public vient de plus en plus nombreux aux cours, dans un auditorium dont les baies vitrées offrent au demeurant une vue panoramique sur la cité basque.

    Pour le violoncelliste Arto Noras qui participe pour la première fois à l'Académie, ce moment est unique : « Je suis très ému par l'écoute si attentive du public qui reste parfois des heures à écouter seulement quelques mesures d'une partition. Enseigner devant un public assoiffé de musique est très stimulant » confie-t-il à l'issue de son dernier cours. Un enthousiasme que partagent les professeurs, le public et la cinquantaine d'élèves.

    L'exigence de Peter Csaba

    A l'instar du Quatuor A Tempo, un jeune quatuor à cordes féminin dont la moyenne d'âge n'excède pas 21 ans. « C'est la première fois que l'on participe à l'Académie Ravel car on voulait travailler avec Peter Csaba. La rencontre a été formidable. Il nous a apporté une nouvelle façon de travailler, de nous écouter à quatre, de prendre conscience de l'entité d'un quatuor. Souvent, les artistes sont exigeants et perfectionnistes pour eux-mêmes, mais rarement avec les élèves. Il est le premier à nous avoir toujours incité à dépasser nos limites, à oser » clament ces musiciennes après leurs cours sur le Quatuor en ut mineur de Brahms où pas un détail n'a échappé à Csaba. Un pilier du répertoire que le quatuor aura monté en une semaine seulement !

    Les stagiaires ne chôment pas. « En plus de nos cours de musique de chambre, nous avons chacune nos cours d'instrument. Nous travaillons presque une dizaine d'oeuvres en même temps. Celle que nous jouons aux cours et celles que nous répétons pour les concerts ». Quant à Peter Csaba, il confirme en effet que « le but essentiel de l'Académie est de permettre aux stagiaires de passer de l'élève à l'interprète. L'important est de les débrider, de les faire aller au-delà de leur carcan scolaire et académique. Jouer de la musique, c'est oser de nouvelles choses ».

    Oser et aussi savoir lire une partition. Ce sur quoi insiste le pianiste Jean-François Heisser, qui captive lui aussi l'auditoire. Son cours sur le triptyque Pour le piano de Debussy restera un grand moment. Son exposé sur le style du Prélude, l'écriture contrastée de l'oeuvre, le sens de la ligne mélodique, la façon d'utiliser la pédale, de timbrer les notes, sont autant d'approfondissements de l'univers debussyste.

    Jean-François Heisser, « transformeur » d'élèves

    Et quand il se met au piano pour montrer l'exemple, c'est alors que l'évidence saute aux oreilles. À la fin de son cours, c'est élève transformé que nous avons l'impression d'entendre. Le niveau et les progrès réalisés par les stagiaires ? la majorité étant en dernière année au CNSM de Paris ? sont à peine croyables. Comme en témoigne Atanassov, l'un deux : « Après quinze jours d'Académie, je suis ressorti avec une autre approche du piano, une autre façon de timbrer mes notes, de travailler. Mon morceau n'est plus le même et pourtant je suis arrivé en pensant que je le savais sur le bout des doigts ».

    Autre tête d'affiche, la cantatrice Françoise Pollet, qui insiste beaucoup sur la prononciation du texte, ô combien primordiale dans le répertoire français. Elle aussi peut être fière des progrès réalisés par sa classe. Il suffit d'entendre les élèves lors du Concours de chant Pierre Bernac pour s'en persuader. Même si les voix sont encore fragiles, la musicalité est là. Pas facile quand on a affaire à du Jolivet ou à Shéhérazade de Ravel !

    Cette année encore, l'Académie aura certainement montré la voie à beaucoup de musiciens. Comme elle l'a déjà fait pour Hélène Grimaud, Frank Braley, Renaud Capuçon, David Grimal, Henri Demarquette, Nora Gubish... et bien d'autres encore.





    http://www.academie-ravel.com
    Les lauréats de l'Académie Ravel 2005 joueront aux Journées Ravel de Montfort l'Amaury la première semaine d'octobre.




    Le 14/09/2005
    Pauline GARAUDE




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