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CHRONIQUES
03 décembre 2021

Académie Ravel 2005 (1) :
De l'élève à l'interprète


Cours d'interprétation de Jean-François Heisser

L'Académie Ravel, axée sur les cours d'interprétation publics, offrait pour son édition 2005 une belle affiche tant du côté des professeurs que des élèves. L'occasion d'entrer dans les coulisses d'oeuvres du grand répertoire que nous ouvrent des artistes de renommée mondiale, sous la surveillance artistique de Peter Csaba.
 

Le 14/09/2005
Pauline GARAUDE
 



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  • C'est Ă  Saint-Jean-de-Luz, sur la cĂ´te basque d'oĂą est natif Maurice Ravel, qu'a lieu le rendez-vous annuel de tous les amateurs de musique française. Une acadĂ©mie oĂą le public vient de plus en plus nombreux aux cours, dans un auditorium dont les baies vitrĂ©es offrent au demeurant une vue panoramique sur la citĂ© basque.

    Pour le violoncelliste Arto Noras qui participe pour la première fois Ă  l'AcadĂ©mie, ce moment est unique : « Je suis très Ă©mu par l'Ă©coute si attentive du public qui reste parfois des heures Ă  Ă©couter seulement quelques mesures d'une partition. Enseigner devant un public assoiffĂ© de musique est très stimulant Â» confie-t-il Ă  l'issue de son dernier cours. Un enthousiasme que partagent les professeurs, le public et la cinquantaine d'Ă©lèves.

    L'exigence de Peter Csaba

    A l'instar du Quatuor A Tempo, un jeune quatuor Ă  cordes fĂ©minin dont la moyenne d'âge n'excède pas 21 ans. « C'est la première fois que l'on participe Ă  l'AcadĂ©mie Ravel car on voulait travailler avec Peter Csaba. La rencontre a Ă©tĂ© formidable. Il nous a apportĂ© une nouvelle façon de travailler, de nous Ă©couter Ă  quatre, de prendre conscience de l'entitĂ© d'un quatuor. Souvent, les artistes sont exigeants et perfectionnistes pour eux-mĂŞmes, mais rarement avec les Ă©lèves. Il est le premier Ă  nous avoir toujours incitĂ© Ă  dĂ©passer nos limites, Ă  oser Â» clament ces musiciennes après leurs cours sur le Quatuor en ut mineur de Brahms oĂą pas un dĂ©tail n'a Ă©chappĂ© Ă  Csaba. Un pilier du rĂ©pertoire que le quatuor aura montĂ© en une semaine seulement !

    Les stagiaires ne chĂ´ment pas. « En plus de nos cours de musique de chambre, nous avons chacune nos cours d'instrument. Nous travaillons presque une dizaine d'oeuvres en mĂŞme temps. Celle que nous jouons aux cours et celles que nous rĂ©pĂ©tons pour les concerts Â». Quant Ă  Peter Csaba, il confirme en effet que « le but essentiel de l'AcadĂ©mie est de permettre aux stagiaires de passer de l'Ă©lève Ă  l'interprète. L'important est de les dĂ©brider, de les faire aller au-delĂ  de leur carcan scolaire et acadĂ©mique. Jouer de la musique, c'est oser de nouvelles choses Â».

    Oser et aussi savoir lire une partition. Ce sur quoi insiste le pianiste Jean-François Heisser, qui captive lui aussi l'auditoire. Son cours sur le triptyque Pour le piano de Debussy restera un grand moment. Son exposé sur le style du Prélude, l'écriture contrastée de l'oeuvre, le sens de la ligne mélodique, la façon d'utiliser la pédale, de timbrer les notes, sont autant d'approfondissements de l'univers debussyste.

    Jean-François Heisser, « transformeur » d'élèves

    Et quand il se met au piano pour montrer l'exemple, c'est alors que l'Ă©vidence saute aux oreilles. Ă€ la fin de son cours, c'est Ă©lève transformĂ© que nous avons l'impression d'entendre. Le niveau et les progrès rĂ©alisĂ©s par les stagiaires – la majoritĂ© Ă©tant en dernière annĂ©e au CNSM de Paris – sont Ă  peine croyables. Comme en tĂ©moigne Atanassov, l'un deux : « Après quinze jours d'AcadĂ©mie, je suis ressorti avec une autre approche du piano, une autre façon de timbrer mes notes, de travailler. Mon morceau n'est plus le mĂŞme et pourtant je suis arrivĂ© en pensant que je le savais sur le bout des doigts Â».

    Autre tête d'affiche, la cantatrice Françoise Pollet, qui insiste beaucoup sur la prononciation du texte, ô combien primordiale dans le répertoire français. Elle aussi peut être fière des progrès réalisés par sa classe. Il suffit d'entendre les élèves lors du Concours de chant Pierre Bernac pour s'en persuader. Même si les voix sont encore fragiles, la musicalité est là. Pas facile quand on a affaire à du Jolivet ou à Shéhérazade de Ravel !

    Cette année encore, l'Académie aura certainement montré la voie à beaucoup de musiciens. Comme elle l'a déjà fait pour Hélène Grimaud, Frank Braley, Renaud Capuçon, David Grimal, Henri Demarquette, Nora Gubish... et bien d'autres encore.





    http://www.academie-ravel.com
    Les lauréats de l'Académie Ravel 2005 joueront aux Journées Ravel de Montfort l'Amaury la première semaine d'octobre.




    Le 14/09/2005
    Pauline GARAUDE




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