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CHRONIQUES
18 février 2018

Académie Ravel 2005 (2) :
Du cours au concert


Création d'Oyarka de Felix Ibarrondo.

Centenaire de Jolivet, création mondiale de Felix Ibarrondo, élargissement du répertoire. Même si l'Académie reste centrée sur la musique française et celle de Ravel, la programmation de cette édition 2005 est particulièrement éclectique et attrayante. Pour les élèves, c'est un défi certain à relever, pour le public, un enchantement.
 

Le 15/09/2005
Pauline GARAUDE
 



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  • « Les derniers jours de l'Académie sont les plus durs mais les plus grisants » confient les élèves dans les loges avant de monter sur scène. « La tension est au maximum mais la joie aussi ! » Et aux professeurs qu'il est rare de voir assis dans le public, d'acquiescer : « Ces concerts sont pour eux la concrétisation de deux semaines de travail. C'est vraiment là que l'on voit les progrès réalisés. Quand ils ont joué leurs oeuvres pour la première fois, ils n'avaient pas le charisme pour les présenter en concert. Maintenant oui ».

    Coriace Jolivet

    Un défi d'autant plus grand à relever que le programme est coriace. A commencer par Jolivet dont l'écriture bien que mélodieuse, est très complexe harmoniquement et rythmiquement. Les Cinq danses rituelles pour piano, que l'on a entendues dans l'église de Ciboure par Martin Surot, sont emplies de vivacité, le pianiste s'amusant avec son clavier avec agilité et liberté, comme s'il avait cette musique dans le sang.

    Mais la Flèche du temps, pour orchestre à cordes ? donnée à Saint-Jean-de-Luz le 16 septembre dernier ? est nettement plus difficile. Et les musiciens à la hauteur. Même si certains avouent que « si pour le public, l'oeuvre est dissonante, nous musiciens, on à l'impression de toujours jouer faux ! ». P. Csaba, à la direction, a sorti de cet orchestre des plans sonores étales et contrastés, des pupitres clairement différenciés, des phrases étirées et des couleurs rayonnantes. Tout en insufflant une rigueur rythmique qui donne à l'oeuvre son sens architectural.

    Elgar, souple et virevoltant

    C'est la même verve que l'on a retrouvée dans la pièce qui clôturait ce concert : la Sérénade pour cordes en mi mineur d'Elgar. Les musiciens semblent plus à l'aise dans cette partition écrite quatre-vingts ans plus tôt, qui s'inscrit aussi dans un répertoire que les élèves ont bien plus l'habitude de jouer ou d'apprendre dans les conservatoires que la musique de Jolivet. Souplesse des cordes, chatoiement des sonorités, la musique virevolte et après un Larghetto tout d'intensité, l'Allegretto final jubile !

    Création de Felix Ibarrondo

    Mais le coeur de ce concert aura certainement été la création de Oyarka, du compositeur basque Felix Ibarrondo. « Je suis un homme d'instinct, proche de la terre » dit-il. « Ma musique est dure, rude, rugueuse. Elle n'est pas mélodique, elle est âpre ». Apparemment peu convaincant pour le public que cette auto-présentation avant de jouer l'oeuvre ! Et pourtant, c'est tout un univers de sonorités baignant dans une lumière crue, avec des cordes rêches mais expressives, des rythmes saillants mais telluriques, que l'on a découvert. Pour la première fois, Ibarrondo avait adjoint un piano très percussif aux cordes, « car cela va ensemble » confie-t-il. « Oyarka, qui signifie à corps et à cris, est comme un visage dont il faut faire ressortir toutes les composantes tout en trouvant une harmonie d'ensemble ».

    Musique de chambre à tendance germanique

    Quant à l'élargissement du répertoire vers la musique allemande romantique et postromantique, le directeur artistique de l'Académie Peter Csaba le justifie ainsi : « On ne pouvait éternellement rejouer les mêmes quatuors de Fauré, Debussy ou Ravel. Et ces musiques ne prennent que plus de sens si on les inscrit dans une continuité de l'histoire de la musique ». C'est ainsi que l'on a pu entendre le Trio n° 7 dit l'Archiduc de Beethoven ou encore le 3e quatuor en ut mineur de Brahms. Sans oublier l'audace au sein même de la musique française avec Honneger dont la Sonate pour violoncelle et Piano ou celle pour alto et piano sont rarement programmées.

    Au final, comme en convient Marion Desbruères du quatuor A tempo, « plus les programmes sont variés plus la motivation est grande. Pour nous qui avons l'habitude de jouer un répertoire plus classique, cette Académie a vraiment été l'occasion de pousser nos limites et de s'essayer enfin à des musiques plus audacieuses ». Pour le bonheur des élèves, des professeurs et du public.





    http://www.academie-ravel.com
    Tel. : 05.59.47.13.00




    Le 15/09/2005
    Pauline GARAUDE




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