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CHRONIQUES
24 janvier 2018

Disparition du grand Siegmund de l'après-guerre

Figure emblématique du répertoire wagnérien et straussien des années 1960 et 1970, partenaire des plus grandes wagnériennes, Siegmund mythique, artiste à l'intégrité, à la présence et à la voix d'une solidité à toute épreuve, le ténor James King s'est éteint dimanche dernier aux États-Unis, à l'âge de 80 ans.
 

Le 23/11/2005
Gérard MANNONI
 



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  • Né un 22 mai comme Wagner, il avait eu 80 ans cette année. Le ténor américain James King qui vient de mourir d'une crise cardiaque dimanche 20 novembre dernier en Floride a fait partie de la génération dorée des années 1960, où ses qualités musicales et vocales en ont fait le partenaire recherché des plus illustres cantatrices wagnériennes et verdiennes et l'idole du plus vaste public international.

    Excellent physique et voix d'une qualité et d'une pureté exceptionnelles, il conférait à tous ses personnages une crédibilité scénique absolue. Il avait d'abord travaillé le violon et le piano dans son Kansas natal avant d'aborder le chant comme baryton, ce qui explique sans doute le très haut niveau musical de toutes ses interprétations et la nature d'un timbre naturellement puissant et coloré sans jamais donner l'impression d'effort. C'est le ténor Martial Singher, son mentor, qui avait réussi à lui faire trouver une magnifique quinte aiguë.

    De belle sature, King commença par chanter beaucoup de rôles du répertoire français puis excella dans ceux des grands héros mythiques comme Parsifal, l'Empereur de la Femme sans ombre ? qui peut oublier les représentations de l'Opéra de Paris où il donnait la réplique à Leonie Rysanek, Christa Ludwig, Ruth Hesse et Walter Berry ? ? ou encore Bacchus dans Ariane à Naxos, Florestan dans Fidelio, Siegmund dans la Walkyrie et bien sûr ses inoubliables Lohengrin où la maîtrise de sa ligne de chant, la qualité de son allemand, la virilité de son aigu, impressionnaient autant qu'elles séduisaient.

    Comme Leonie Rysanek dont il fut si souvent le partenaire, il avait aussi beaucoup pratiqué l'opéra italien, atout supplémentaire aussi bien technique que musical. Heureux furent ceux qui purent l'entendre en scène. Les autres peuvent et doivent se tourner aujourd'hui vers une discographie significative. Ils y trouveront un Parsifal avec Boulez, un Empereur, un Florestan, un Apollon dans Daphne avec Böhm, un Lohengrin avec Kubelik, un Chant de la Terre avec Bernstein, tous chez Deutsche Grammophon ; un Bacchus avec Kempe chez EMI ; un Siegmund avec Solti à Vienne chez Decca, puis avec Böhm à Bayreuth chez Philips ; un court Egisthe avec Karajan à Salzbourg chez Orfeo qui, étrange coïncidence, a publié cet été un disque hommage à James King avec d'admirables extraits d'Otello, répertoire dans lequel on le connaissait moins.

    C'est une leçon de chant, de musique et d'interprétation sans fard ni truquages. Ses deux Wälse ! éblouissants dans la Walkyrie de Solti ont d'ailleurs suffi à le faire entrer dans la légende. À écouter et à méditer.




    Le 23/11/2005
    Gérard MANNONI




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