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CHRONIQUES
17 août 2018

Suspendue entre fleuve et ciel

?uvre de l'architecte Henri Gaudin, la Cité de la Musique et de la Danse de Strasbourg a ouvert ses portes le 19 mai, en un véritable festival. Entre deux concerts ouverts sur l'ailleurs, Marie-Claude Ségard, directrice du Conservatoire national de région, nous a éclairé sur la mission de ce lieu d'apprentissage, de création, et de diffusion, de respiration de l'art et de la matière.
 

Le 25/05/2006
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Appelée à devenir un symbole du rayonnement culturel de la capitale européenne qu'est Strasbourg, la Cité de la Musique et de la Danse inaugurée le 19 mai est née de la nécessité d'offrir au Conservatoire national de région de la ville un lieu adapté à son développement, comme le rappelle sa directrice, Marie-Claude Ségard : « Le conservatoire, qui fête son 151e anniversaire cette année, n'a jamais eu de locaux propres, ni emblématiques de sa mission et de son travail. Le nouveau maire a voulu en faire une Cité pour construire un lieu plus largement ouvert au public, dont le coeur resterait une école. C'est ainsi que le Musica et le pôle des écoles de musique de Strasbourg sont arrivés, reflétant les différents types de partenariats qui nous souhaitons établir, avec d'une part la formation de base, et d'autre part un Festival tourné vers la création et la diffusion ».

    Cette volonté d'ouverture s'exprime également à travers le bâtiment conçu par Henri Gaudin, intégré à l'environnement urbain par son revêtement en grès des Vosges, et intégrant dans le geste architectural la flèche de la cathédrale, ouvert sur l'Ill dans un souci de respiration de l'espace, à travers les studios de danse suspendus entre eau et ciel, et les espaces non dédiés, comme les deux patios et les terrasses. Une architecture qui n'en est pas moins fonctionnelle, mais qu'il convient d'apprivoiser : « Professeurs et élèves ont été subjugués par le lieu, car nous avons d'un seul coup un luxe que nous n'avions jamais eu. Cette respiration de l'architecture dont parle Henri Gaudin est aussi la respiration de l'être humain. Depuis janvier, nous habitons ce lieu, difficile à habiter justement parce qu'il est beau ».



    Venu en nombre assister aux manifestations offertes dans le cadre de l'inauguration, et surtout investir ce formidable outil d'apprentissage et de diffusion de la musique, le public semblait totalement séduit par un lieu destiné à être la figure de proue d'un quartier dédié à la culture : « Nous avons préparé ce week-end d'une façon assez inédite. Nous avons en effet suspendu les cours pendant une semaine et les étudiants, parfois leurs professeurs, sont allés chaque jour dans un quartier différent jouer sous toutes les formes possibles dans des endroits totalement insolites, comme la caisse d'un supermarché, souvent dans l'indifférence, et parfois avec une magie ? une personne qui vient avec son caddie féliciter les musiciens, un pépiniériste qui offre une rose à une chanteuse. Au fil des jours, le phénomène a pris de l'ampleur, et les étudiants distribuaient les programmes à tous les passants, tandis que le service des espaces verts nous prêtait un camion, sur lequel nous avons installé une plateforme avec un piano à queue, permettant aux pianistes de jouer sur les places des quartiers ».

    C'est à la fois cette proximité et cette diversité que reflétait le programme des 19, 20 et 21 mai, véritable fête de la musique avant l'heure, dont l'esprit devrait inspirer la programmation à venir de le Cité de la Musique : « Nous avons réuni des artistes de tous âges, de très haut niveau, dans des propositions de toutes esthétiques et de toutes formes, du solo à l'orchestre et les choeurs, de la danse aux arts plastiques, avec les installations de Christian Boltanski dans l'ancien bâtiment, jusqu'aux musiques actuelles, avec l'équipe de Rodolphe Burger, compositeur en résidence pour l'année 2006, en partenariat avec le festival Musica. En faisant cette expérience, nous nous sommes rendus compte que les artistes aimaient investir ce lieu. Vanessa Wagner disait tout à l'heure qu'elle n'avait jamais autant de choix de pianos pour jouer. Nous sommes dans une Cité de la Musique dont le coeur est un conservatoire, ce qui ouvre d'autant plus de perspectives ».

    Sans doute plus adapté à des formes réduites ou expérimentales qu'aux grandes formations symphoniques, l'auditorium de 500 places qui manquait au Conservatoire comme au festival Musica, accueillait le dernier jour des festivités les jeunes musiciens de l'Orchestre du Conservatoire, mêlés à leurs aînés de l'Orchestre philharmonique, placés sous la direction de Kirill Karabits, principal chef invité de la phalange strasbourgeoise depuis octobre 2004, dans un programme de musique française ouvert sur l'ailleurs, illuminé par des artistes locaux avant d'être internationaux.

    D'une diction de plus en plus raffinée, envoûtante de mystérieuse sensualité, Mireille Delunsch n'y faisait plus qu'un avec la Shéhérazade de Ravel, tandis que le violoncelle hypnotique de Marc Coppey, figure emblématique du Conservatoire, nous guidait depuis ce lieu de découverte, cité de lumière suspendue entre fleuve et ciel d'où la musique ne pouvait que prendre son envol, vers Tout un monde lointain.




    Cité de la Musique et de la Danse de Strasbourg
    direction : Marie-Claude Ségard

    1, place Dauphine
    67076 Strasbourg cedex
    tel. : 03 88 43 68 00




    Le 25/05/2006
    Mehdi MAHDAVI




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