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CHRONIQUES
16 octobre 2018

Vézelay 2006 :
Marie-Madeleine entre Mozart et contemporain

Tour d'horizon de la première journée des Rencontres musicales de Vézelay 2006, dont la programmation tournait autour de Mozart. Le Choeur Arsys Bourgogne sous la direction de Pierre Cao réussit un grand écart entre le Requiem de Mozart et la création de Spiritus Amadeus de Philippe Schoeller, commande du festival.
 

Le 24/08/2006
Séverine GARNIER
 



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    à un ami

  • À Vézelay, en Bourgogne, on n'a pas attendu le Da Vinci Code pour comprendre l'importance du personnage de Marie-Madeleine. Soeur de Lazare, le meilleure ami de Jésus, cette première fidèle du Christ arriva la première devant le tombeau vide et témoigna de la résurrection auprès des apôtres (Jean, 19, 20). Pour célébrer cette « apôtre des apôtres », les pèlerins gravissent la « colline éternelle », sur laquelle est bâtie la basilique de Vézelay, dont la crypte est censée contenir les reliques de cette femme qui quitta Jérusalem après la mort du Christ pour évangéliser la France.

    Les Rencontres musicales de Vézelay 2006 présentent quatre journées de concerts dans cette basilique Sainte-Marie-Madeleine et dans trois églises des environs. Ne voulant déroger à la règle du 250e anniversaire de la naissance Mozart, Pierre Cao, son directeur artistique avait choisi comme thème Mozart et ses contemporains.

    Lors de la première soirée, quand le ciel se couche sur la terrasse de la basilique, surplombant les collines généreuses de Bourgogne, la vallée de la Cure et le nord du Morvan, on retrouve Arsys, dirigé par Pierre Cao et soutenu par l'ensemble Stadivaria, pour la création de Spiritus Amadeus de Philippe Schoeller, commande du Choeur Arsys spécialement pour Vézelay, ainsi que le Requiem de Mozart.

    L'enjeu est l'utilisation du lieu : l'immense choeur gothique et la nef de soixante-deux mètres de long de la Basilique. Schoeller l'a bien compris et glisse quelques mesures de silence entre deux phrases pour laisser l'écho des voix monter et se développer dans le choeur. Il est surprenant de voir comment la musique contemporaine, notamment dans l'écriture néo-tonale, peut trouver une place intelligente dans des lieux médiévaux aussi chargés.

    L'oeuvre se veut une explication de textes de Spinoza, Shakespeare et de la liturgie de la messe des morts. Sur un accord vocal érigé pas à pas par les quatre pupitres, avec la précision habituelle de Pierre Cao, vient se glisser une ligne de soprano dissonante qui ne trouve sa place dans l'accord qu'après avoir atteint les limbes du choeur gothique. Si la musique ne nous aide guère à comprendre Spinoza (« Est dite finie en son genre, la chose qui peut-être bornée par une autre de même nature » in première partie de l'Éthique), force est de constater que la pièce et son exécution se marient merveilleusement à l'atmosphère du lieu.

    Le Requiem de Mozart servira de contre-exemple, où le tempo trop précipité se heurte constamment à l'acoustique réverbérante. Les notes se bousculent par trop dans le choeur gothique, sans prendre le temps de respirer ou laisser le temps de prier. Dommage, quand on sait que la même pièce par les mêmes interprètes avait été saluée à la salle Gaveau il y a quelques mois, car cette précipitation sape tout sentiment spirituel, toute élévation.




    Le 24/08/2006
    Séverine GARNIER




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