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CHRONIQUES
20 février 2018

Académie Ravel 2006 :
l'art de transmettre la musique

Jean Claude Pennetier, Roland Pidoux, les frères Pasquier, François Le Roux : voici la formidable équipe pédagogique que l'Académie Ravel de Saint-Jean-de-Luz offre à ses stagiaires pour sa 37e édition. L'occasion aussi pour le public d'entendre en masterclasses parmi les meilleurs interprètes de la musique française.
 

Le 17/09/2006
Pauline GARAUDE
 



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  • Chaque année, la sélection semble de plus en plus difficile et chaque année, le niveau des élèves semble supérieur. L'Académie Ravel, l'un des temples de la musique française, a cette spécificité de proposer des cours d'interprétation publics, véritable régal pour les auditeurs qui peuvent ainsi entendre les grands noms de la musique française dévoiler leur art et l'enseigner.

    Comme cette leçon de Régis Pasquier à la jeune violoniste Virginie Slobodjanik dans Tzigane de Ravel. Pendant près d'une heure, le professeur va insister sur la projection du son et cet enchaînement chaotique de tourbillons et de cassures. « Ne tire pas ton archet ! Pointe le ! C'est comme ça que tu vas projeter tes harmoniques » lui dit-il, mettant aussi toujours en avant l'importance de la posture du corps par rapport au son voulu. « Libère toi et libère ton son ! »

    Ce travail sur l'adaptation de la technique à la sonorité guide le violoncelliste Roland Pidoux lors de la Sonate pour violoncelle et piano de Claude Debussy. Une oeuvre qu'il va faire travailler à deux élèves différentes dans la même après-midi. « C'est là que l'on s'aperçoit à quel point une même oeuvre peut revêtir deux caractères totalement différents », fait justement remarquer un auditeur. « Il faut que tu nous empoignes » enchaîne Roland Pidoux à son élève dès l'introduction, avant de faire ouvrir le piano pour que l'oeuvre de « Claude de France », comme il aime à l'appeler, sonne vraiment. Dans les pizz qui débutent le deuxième mouvement, Pidoux accompagne l'élève dans sa démarche créative. « Ici, tu es imaginative et mystérieuse. C'est très bien mais sois le encore plus, ose ! Pense à une guitare que tu essaierais d'accorder discrètement ».

    Avec la seconde élève, Clara Zaoui, ce sera tout le contraire. Elle aborde les mêmes pizz avec âpreté, fermeté, dégageant une formidable énergie, très éloignée de la première version. « Quand la personnalité est à ce point convaincante, il faut laisser l'élève faire. Clara a déjà une telle personnalité qu'il ne faut surtout pas s'immiscer », confie Pidoux après le cours. Cette jeune violoncelliste a une façon très moderne de jouer Debussy, elle s'écoute, la musique parle d'elle-même, ses gestes sont gracieux. Voilà une artiste qui sort du lot et mérite la plus grande attention.

    Nous retrouvons encore Debussy, mais au piano cette fois, avec Jean-Claude Pennetier dans les Images. Un véritable cours de philosophie sur la musique. Nous ne sommes plus dans le registre du cours de piano mais bien au-delà. « Debussy est un peintre des sons » rappelle-t-il d'emblée à Martin Surot. « Évite les effets d'humeurs, de nuances, de ralentis. C'est un tableau de lumières et de sonorités » dit-il à propos des Cloches dont il insiste sur l'allégresse.

    C'est sur la façon de se tenir au piano et d'accompagner la musique du geste que Pennetier va enseigner Debussy. « Plus que tout autre instrument, le piano est le miroir de ce que l'on est et de ce que l'on fait. C'est un grand médiateur de l'humanité ». Quand on ressort d'une telle leçon, ce n'est pas sur la façon de jouer Debussy que l'on s'interroge mais certainement bien plus sur son rapport au piano et à la musique.

    Et c'est également ce qui domine chez François le Roux dans l'enseignement de la mélodie. Avant d'aborder la technique, il replace toujours le sens du texte. Dans le Paon du Bestiaire de Maurice Ravel, l'art est de faire ressortir l'ironie et l'humour. Ce qui doit selon le baryton se traduire vocalement par un parlé-chanté. Dans Montparnasse de Poulenc-Apollinaire, il rappelle l'influence qu'ont eu les guinguettes sur l'écrivain et le spleen qui habitait Poulenc lorsqu'il écrivait sa mélodie.

    On assiste là encore à de véritables leçons de musique et non de technique instrumentale. C'est bien ce qui fait la force de cette Académie Ravel qui peut s'enorgueillir de repérer et faire émerger les grands de demain, en montrant l'exemple.






    Les lauréats de l'Académie Ravel joueront lors des « Journées Ravel de Montfort l'Amaury » en octobre.
    www.academie-ravel.com




    Le 17/09/2006
    Pauline GARAUDE




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