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CHRONIQUES
16 août 2018

Alagna sans fard

Voilà un livre qui arrive à point pour remettre les pendules à l'heure après le scandale de la Scala. Le ténor Roberto Alagna, s'il est bien l'un des rares monstres sacrés du chant lyrique d'aujourd'hui, n'est pas une star imbue d'elle-même. Ceux qui le connaissent le savent. Ces pages le confirmeront au grand public.
 

Le 02/03/2007
Gérard MANNONI
 



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    à un ami

  • Tous les grands chanteurs ne sont pas de redoutables créatures capricieuses et incontrôlables. On aime cette image stéréotypée et spectaculaire, efficace dans les films, les pièces de théâtre, les journaux à scandale. Si certains, et ce sont plutôt des cas d'espèces, se laissent prendre au jeu du vedettariat, la majorité de ceux qui trônent sur l'Olympe lyrique, sont d'abord d'immenses travailleurs, des professionnels sans concession, des gens doués au-delà de la normale et, dans la vie, des individus conviviaux et simples, essayant de combiner tant bien que mal une vie personnelle tranquille et une carrière dévorante.

    L'image qui ressort à la lecture de cette autobiographie de Roberto Alagna, certainement le plus grand ténor au monde à l'heure actuelle, est celle d'un artiste glorieux qui se penche sur son passé encore bref mais riche, avec sincérité, simplicité et humour. Ceux qui ont eu la chance de le connaître un peu à ses débuts, y retrouveront l'image d'un garçon sincère, sans excessive complications psychologiques, aimant la vie, la famille, les amis, la musique et, bien sûr, le chant.

    Ses souvenirs, qu'il fait remonter jusqu'à un arrière-grand-père certainement mafioso à New York mais chantant bien, sont ceux d'une famille heureuse envers et contre tout, unie, travailleuse, vivant dans la tradition sicilienne où les femmes sont autant chef de famille que les hommes, où l'honneur a ses spécificités et où le chant est omniprésent de père en fils.

    Odeurs de pasta et de pizza, jeux en banlieue parisienne, voisin de la déjà hautaine Sylvie Guillem, avec les cousins ou même l'oncle qui a le même âge que lui, Roberto se délecte et nous amuse avec ses histoires d'enfance, d'adolescence et ses débuts qui ne le menaient pas forcément là où il est aujourd'hui. Il ne cache rien de ses joies ni de ses drames, la disparition tellement prématurée de sa première femme, ses grandes rencontres, la chance, le hasard, comment sa vie a évolué.

    Tout reste dans le ton de la simplicité, sans orgueil, sans outrecuidance, dans un récit rapide et allègre qui ne lasse pas une seconde. Une vraie leçon de vie, de courage et d'honnêteté , une contre-image absolue à la presse à scandale qui navigue au ras des caniveaux. Ici, on est dans la musique, dans la générosité, dans le vrai talent. Et Roberto en a un immense !




    Je ne suis pas le fruit du hasard
    Roberto Alagna, autobiographie
    Éditions Grasset
    196 pages




    Le 02/03/2007
    Gérard MANNONI




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