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CHRONIQUES
26 mai 2018

Guy Erismann, l'homme qui a fait découvrir la musique tchèque aux Français

Rigoureux et charmant, les yeux pétillants d'humour et d'une curiosité toujours acérée, le musicologue et critique musical Guy Erismann nous a quittés. Il avait 84 ans. Il a contribué à la connaissance de la musique d'Europe centrale en général et de la République tchèque en particulier en France, où elle a été largement ignorée jusqu'aux années 1980.
 

Le 10/09/2007
Nicole DUAULT
 



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  • Vice-président de la Presse Musicale Internationale (PMI), Guy Erismann en a été l'un des acteurs les plus influents, suscitant jusqu'à ses derniers jours un intérêt sans relâche pour les jeunes créateurs et interprètes venus des pays de l'est.

    Sans lui, Dvořák, Smetana, Janáček seraient moins connus des mélomanes français. Guy Erismann, à travers la radio et des critiques, a attiré l'attention des programmateurs de concerts, des mélomanes, ainsi que d'un public plus large encore sur la formidable créativité musicale de la Mitteleuropa et surtout de la République tchèque.

    Il a d?abord fait la plus grande partie de sa carrière à Radio France, de 1945 à 1978, mais a aussi créé le Programme musical de France Culture, chaîne dont il a décentralisé l'antenne à l'occasion de festivals. Celui d'Avignon a été l'un de ses privilégiés. À la demande de Jean Vilar en 1967, il en deviendra le directeur musical. Il le restera pendant vingt-cing ans.

    C'est lui qui fit venir pour la première fois Maurice Béjart et son ballet du XXe siècle dans la cour du Palais des Papes. La création contemporaine l'a fasciné. Il l'a encouragée en contribuant aux créations françaises de Ligeti, de Henze ainsi que de l'opéra Einstein on the beach de l'Américain Philip Glass. Il a passé des commandes aux plus grands compositeurs de l'époque : Claude Prey, Maurice Ohana, Georges Aperghis, Guy Reibel, André Boucourechliev.

    Nommé en 1981 à la tête des formations musicales de Radio France, il est connu pour ses ouvrages d'histoire de la musique qui font autorité, notamment sur les compositeurs d'Europe centrale comme Dvořák, Smetana, Martinů, Janáček.

    A propos de la nouvelle édition de son dernier livre Janáček ou la passion de la vérité (le Seuil), sorti au printemps dernier, il racontait avoir été fasciné par Janáček à la fin des années 1950. Et d'expliquer cet intérêt « par ses interprétations mais également par la façon qu'il avait de parler de cette musique dans un français parfait et extrêmement poétique. Sa voix même était comme de la musique ».

    Éclectique, Guy Erismann condamnait tous les jugements reposant sur le snobisme et le marketing. Pour lui une critique même sévère devait toujours revêtir un sens éducatif.




    Le 10/09/2007
    Nicole DUAULT




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