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CHRONIQUES
20 octobre 2018

Novembre en quatuors

Le Quatuor Vermeer

Pour son concert d'adieux à Paris, le légendaire Quatuor Vermeer, fondé en 1970, propose un programme Mozart-Janáček-Beethoven à l'image de la diversité d'un répertoire remis sans cesse sur le métier mais qui, désormais, semble pour lui appartenir à un passé glorieux. Un franc contraste avec les prestations du Quatuor Takács au Théâtre de la Ville et du Quatuor Chostakovitch de Moscou à la MC93 de Bobigny.
 

Le 28/11/2007
Michel LE NAOUR
 



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  • Moins médiatisé que d'autres formations, le Quatuor Vermeer n'en a pas moins occupé sur la scène internationale une place de premier rang. Dans les années 1980, leur intégrale des Quatuors de Beethoven (chez Teldec) a constitué aux côtés de celle des Berg une autre conception, moins radicale mais tout autant captivante par l'homogénéité et le sens de l'analyse dont ces quatre musiciens à la forte individualité faisaient unanimement preuve.

    On en aura eu la démonstration au Théâtre des Bouffes du Nord dans le cadre d'une tournée européenne qui mettra fin à leur carrière, bien que la patine des ans semble revêtir leur association trentenaire. Le Quatuor en sib majeur K. 589 de Mozart paraît plus proche de l'esprit galant que de l'engagement malgré la belle sonorité et l'agilité ? parfois prise en défaut ? du premier violon Shmuel Ashkenasi.

    Plus expressionniste que slave, leur vision du 1er quatuor « Sonate à Kreutzer » de Janáček offre un regard un peu distancié, comme si les affres de la douleur, les émois de la passion, les drames conjugaux appartenaient à un monde révolu plus abstrait que vécu. En revanche, dans le 15e quatuor en la mineur op. 132 de Beethoven, sans posséder la même perfection que jadis, le Quatuor Vermeer prouve par sa lecture unitaire, une maturité plus intérieure qu'enflammée mais qui n'interdit pas un lyrisme où la sérénité l'emporte sur la tension la plus incendiaire. Le bis ? l'Allegro final du 7e quatuor de Schubert ? conforte cet état d'esprit, celui de musiciens qui paraissent désormais s'éloigner sur la pointe des pieds.

    Le contraste est saisissant avec le Quatuor Takács le 17 novembre au Théâtre de la Ville, aussi bien par l'énergie apportée au Quatuor op. 74 n° 1 de Haydn que par la dimension expressive du 2e quatuor « Lettres intimes » de Janáček ou par la perfection formelle et sensible du Quatuor américain de Dvořák. La vivacité, voire la rusticité comme l'élégance et la subtilité dont les Takács font preuve laissent à penser que l'avenir leur appartient encore.

    L'optique qui se dégage du début de l'intégrale des Quatuors de Chostakovitch donnés en cinq concerts à la MC 93 de Bobigny par le Quatuor Chostakovitch de Moscou se rapprocherait en revanche mutatis mutandis de celle du Quatuor Vermeer. Cette formation mythique qui s'est créée en 1966 autour du violoniste Andrei Shishlov est dépositaire d'une tradition dont on prend conscience à l'écoute de l'interprétation le 28 novembre des 4e, 5e et 6e quatuors, plus contemplative que mordante, décantée et déjà baignée par l'ambiance mortifère des oeuvres de la dernière période de ce Beethoven du XXe siècle.

    Le public est conscient d'assister, avec la venue du Quatuor Chostakovitch de Moscou, à un événement où apparaît plus la nudité de l'envers du décor que la lumière aveuglante.




    12/11/2007, Théâtre des Bouffes du Nord
    Mozart, Janáček, Beethoven
    Quatuor Vermeer

    17/11/2007, Théâtre de la Ville
    Haydn, Janáček, Dvořák
    Quatuor Takács

    28/11/2007, MC 93, Bobigny
    Chostakovitch
    Quatuor Chostakovitch de Moscou




    Le 28/11/2007
    Michel LE NAOUR




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