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CHRONIQUES
14 août 2018

Un festival dans la neige

L'église de Saanen

Brillant début des Sommets Musicaux 2008 de Gstaad, avec notamment la clarinettiste Sabine Meyer dans un superbe concerto de Mozart et le tout jeune violoncelliste Adam Krzeszowiec. Petite déception, en revanche, avec le récital de l'une des sopranos les plus en vue du moment, Diana Damrau, belle voix mais mal employée dans la mélodie.
 

Le 02/02/2008
Gérard MANNONI
 



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  • La neige et le soleil étaient au rendez-vous pour l'ouverture de l'édition 2008 des Sommets Musicaux de Gstaad. Pendant une semaine, une brillante programmation se sera une fois encore déployée, tout à fait à la hauteur de la célébrité du lieu, et grâce au soutien de la Banque privée Edmond de Rothschild, partenaire principal et fidèle de la manifestation.

    Trois églises servent de lieu de concert, celle de Saanen, la plus grande, celle de Rougemont, deux localités très proches de Gstaad, et la petite chapelle de Gstaad. Cette dernière accueille traditionnellement l'après-midi, tous les jours, de jeunes musiciens, une année des pianistes, une année des violonistes, cette année des violoncellistes, dont ce sont parfois quasiment les premières armes en public ou qui, au contraire, sont déjà couverts de lauriers internationaux.

    C'est le cas du jeune Adam Krzeszowiec, 20 ans, fort bien classé dans bon nombre de compétitions en Pologne, son pays d'origine, en Russie et en Allemagne. Il donne un remarquable récital, jouant Chostakovitch, De Falla, Crumb et Tchaïkovski avec la complicité du pianiste Piotr Salajczyk. Superbe tenue d'archet, belle sonorité, vigueur des accents, justesse, engagement vigoureux et technique de haut niveau, voilà bien une authentique nature de soliste. Notons que les artistes internationaux de même discipline participant au festival désignent chaque année celui à qui sera offert l'enregistrement d'un CD avec orchestre, chez Claves.

    En l'église de Saanen, le festival s'était ouvert la veille par un concert de la Camerata Bern dirigée par Kathrin Rabus avec deux éminents solistes, le violoncelliste Peter Bruns et la clarinettiste Sabine Meyer. Sur un magnifique Tononi de 1730 ayant appartenu à Pablo Casals, Bruns jouait le Concerto pour violoncelle en ré majeur Hob.VII :2 de Haydn. Au-delà de la qualité du son , c'est la passion très pré-romantique communiquée à ces pages avec beaucoup de foi par le soliste qui a donné une vie très personnelle et attachante à ces pages. Une forte leçon d'interprétation approfondie, sensible, passionnée.

    Après la brève 10e symphonie pour cordes de Mendelssohn, c'était au tour de Sabine Meyer de déployer les beautés du Concerto pour clarinette KV 622 de Mozart comme seuls savent le faire les très grands interprètes. Qualité et fluidité du phrasé, choix dynamiques, poésie et charme, un grand moment de musique.

    © Michael Tammaro

    Le lendemain, on attendait avec beaucoup d'intérêt le récital de la belle Diana Damrau, qui vient de publier chez Virgin un excellent CD d'airs virtuoses de Mozart et de Salieri. Connue pour ses interprétations de la Reine de la nuit au Metropolitan Opera de New York et au festival de Salzbourg, aujourd'hui invitée par les plus grandes scène lyriques dans un répertoire classique et romantique, l'Allemande a sans conteste un belle voix de soprano lyrique léger, plus charnue que celle des coloratures habituels.

    Cependant, il est évident que la mélodie n'est pas le domaine où ses qualités sont le mieux employées. D'une part, elle se révèle incapable de jouer sur les couleurs, ce qui est indispensable dans ce répertoire, et se contente d'alterner pianissimi ? de préférence dans le grave ? et fortissimi ? de préférence dans l'aigu ? pour tout exprimer.

    Ce n'est pas suffisant non plus pour traduire l'univers du Lied, différencier celui de Schumann et de Fauré, de Debussy et de Strauss, d'autant que, pour les pages de Fauré et de Debussy, pas un mot français n'était intelligible. Le côté très ductile de la voix s'adaptait en revanche bien aux huit Lieder de Strauss. La soprano n'était pas accompagnée au piano, mais à la harpe, par Xavier de Maistre.

    Notre compatriote, premier musicien français admis, en 1999, à la Philharmonie de Vienne, est un instrumentiste dont on ne peut que louer et admirer la technique, la musicalité, le goût, notamment dans les deux pièces ? de Smetana et Fauré ? jouées en soliste. Néanmoins, les Lieder de Schumann et ceux de Strauss s'accommodent mieux d'un accompagnement pianistique, même si on peut apprécier l'originalité de la solution proposée ici.

    D'autres invités de prestige devaient se succéder pendant la semaine, Nikolaï Lugansky, Mischa Maisky et Julian Rachlin notamment. Une manifestation décidément de haut niveau que ces Sommets musicaux de Gstaad, dans un cadre très attachant.




    Le 02/02/2008
    Gérard MANNONI




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