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CHRONIQUES
22 février 2018

Ryan fête l’orchestre chez Ikea
© Nicolas Tucat

Belle aventure que cette nouvelle manifestation, la Fête des orchestres : jusqu’à dimanche, elle animera vingt-huit formations de toute la France. Le champion en est le directeur de l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine (ONBA), le maestro canadien Kwamé Ryan, qui installera ce vendredi ses musiciens chez Ikea !
 

Le 21/11/2008
Nicole DUAULT
 



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  • La musique classique accessible à tous : ce souhait, véritable devise des décideurs culturels, devient parfois réalité. Si Jean-Claude Casadesus, depuis des décennies, a sillonné avec son orchestre les collèges, les lycées, les comités d‘entreprises et les prisons de la région lilloise, à Bordeaux, Kwamé Ryan, nouveau maestro de l’ONBA, jouera aujourd’hui dans un supermarché, chez Ikea, dans la banlieue bordelaise, à Bordeaux-Lac, entre 18 et 21h.

    Voici sans doute la musique décomplexée et revivifiée par un public hors normes. Le maestro amènera son orchestre en petite formation dans le magasin de meubles. Une révolution. Pour lui, Ikea et l’ONBA appartiennent certes à des univers différents mais qui partagent des objectifs communs : démocratiser l’un le design, l’autre la musique. C’est ainsi que le temps d’une rencontre, les musiciens déclineront en pièces détachées les duos, quatuors et autres moments musicaux du Carnaval des animaux de Saint-Saëns.

    Qui est Kwamé Ryan ? Né à Toronto au Canada, il est, à 38 ans, originaire de l’île de Trinidad aux Antilles. Après un cursus en Angleterre et une dizaine d’années en Allemagne où il s’est nourri de Brahms et Beethoven, ce passionné de la musique allemande s’est spécialisé dans celle de notre époque : Heiner Goebbels, Nono par exemple mais aussi Pintscher, puisqu’il dirigea la première de son opéra l’Espace dernier à la Bastille en 2004.

    Le voici à Bordeaux, qu’il a réussi à séduire en quelques semaines. En quelques semaines également, il a appris le français au point de le parler sans accent, d’une manière impeccable. Il passe à Bordeaux quinze semaines par an. Sa fascination pour la ville s‘est décuplée à l’idée que, dans quelques mois, à l’automne 2010, sera être inauguré en plein centre, sur l’emplacement d’un ancien complexe cinématographique, un auditorium de 1 400 places.

    L’orchestre ? Il a besoin de s’adapter à la vie d’aujourd’hui. Dès son arrivée, le maestro a créé un site Internet, estimant qu’à notre époque, ce qui n’existe pas en ligne est invisible. Ce sera fait dès le début décembre avec des portraits des musiciens, des compositeurs et des interprètes, des vidéos ou des enregistrements. Pour lui, il s’agit d’une ouverture vers le public. Autre développement de ses ambitions, des tournées, des enregistrements à la suite du premier, récemment sorti chez Mirare, avec la 9e symphonie de Schubert.

    Les forces et les faiblesses de son orchestre ? Pour Kwamé, sa principale qualité tient à sa curiosité des œuvres mais aussi à toute la gamme des palettes sonores qu’il peut produire. De plus, selon lui, les musiciens sont capables de s’adapter à tout, de gommer, de dégraisser les mauvaises interprétations de la musique romantique. Renouvelée dans quelques postes clefs, comme celui de premier violon avec l’arrivée de Mathieu Arama, venu de Boston, ainsi que d’un nouveau tuba, la formation de 115 musiciens est doté de nouvelles énergies.

    Spécialiste de musique contemporaine, Kwamé Ryan va engager sa formation dans cette direction dès qu’elle aura acquis sa nouvelle salle. Pour l’heure, il la forge dans le répertoire traditionnel. Longtemps dans la fosse avec les orchestres allemands, il est à Bordeaux surtout pour la musique symphonique.

    Un répertoire qu’il va également cultiver en prenant la direction de l’Orchestre français des Jeunes. Accroc à ce principe, Tosca de Puccini qu’il dirigera en janvier et février 2009 au Grand Théâtre de Bordeaux. Un retour aux sources : cet opéra est le premier qu’il entendit à l’âge de 8 ans et celui qui l’a fait devenir musicien…




    Le 21/11/2008
    Nicole DUAULT




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