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CHRONIQUES
17 août 2018

Violetta en prime time
© Philippe Gromelle

La Traviata à Orange. La gageure relevait de l’improbable, et même de l’impossible. Comment sur une ouverture de scène de cent mètres et devant un mur antique monumental recréer l’atmosphère intimiste des aventures de la plus célèbre dévoyée lyrique du XIXe siècle ? Et pourtant, force est de reconnaître que France 2 a réussi le pari de captiver en retransmettant en direct et en prime time l'un des grands événements musicaux de l'été.
 

Le 16/07/2009
Nicole DUAULT
 



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  • Un geste de provocation à l’ère du zapping, de la Star Ac’ et de Patrick Sébastien ? Pour une fois, la télé publique s’est immiscée dans les festivals en retransmettant en direct des Chorégies d’Orange la Traviata de Verdi. Comme si cela ne suffisait pas, la soirée avait commencé par un téléfilm de Christophe Hondelatte sur l’histoire de la véritable Alphonsine du Plessis, devenue Marie Duplessis, maîtresse et héroïne de Dumas fils avant d’être la Violetta de Verdi. Son téléfilm, le présentateur l’a réalisé comme les épisodes haletants de sa série judiciaire Faites entrer l’accusé. Voilà une manière efficace d’attirer l’attention du téléspectateur.

    Avec autant de maîtrise, il a introduit une Traviata exemplaire par les cadrages et les gros plans. Voilà un bon travail du réalisateur François Roussillon qui a su rendre le climat si particulier et intimiste de l’œuvre. Certes, la mise en scène est passe-partout, banale. On eût aimé un deuxième, voire un troisième degré. Faire porter aux choristes et aux danseurs des masques à la Ensor lors du bal du deuxième acte est certes une idée, mais un peu courte.

    En revanche, la belle idée, pas franchement neuve mais peu importe, vient de la coupure pour l’entracte au milieu du II, avant le bal : la transition fonctionne fort bien et permet un enchaînement qui fonctionne admirablement avec le dernier acte si lacrymal.

    Les décors et costumes sont sans aucune inventivité et on aurait aimé que l’héroïne soit habillée et maquillée d’une manière un peu plus pulpeuse et sensuelle. Cela n’enlève rien à la prestation magistrale de la Violetta de Patrizia Ciofi. Elle communique une émotion, une fêlure dignes des plus grandes tragédiennes. Même passée au filtre de la sonorisation et de la retransmission télévisuelles, sa voix donne le vertige.

    Quant à son partenaire, le jeune Vittorio Grigolo, il est un Alfredo percutant et un ténor prometteur, à condition que comme tant d’autres, il ne se laisse pas subjuguer par le miroir aux alouettes du cross over. On l’attend en récital, en concert ou à l’opéra dans une salle parisienne.

    L’un des grands mérites de la soirée revient, toujours en tenant compte du filtre de la retransmission télé, à Myung-Whun Chung. Le patron de l’Orchestre Philharmonique de Radio France a donné du plus célèbre opus lyrique verdien une interprétation intériorisée, modulée, sans flons-flons ni théâtralité extérieure. Une interprétation subtile et poignante.




    Le 16/07/2009
    Nicole DUAULT




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