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CHRONIQUES
21 octobre 2018

Zermatt hier et aujourd’hui
© Beat Perren

La cinquième édition du jeune festival valaisan de Zermatt, qui commence à se faire une place parmi ses grands aînés suisses et s'achèvera le 20 septembre, vient de proposer des concerts parfaitement conçus et suivis par amateurs et touristes de l’une des stations sportives les plus anciennes des Alpes. De quoi profiter des concerts dans des conditions radicalement opposées à celles de nos grandes villes.
 

Le 08/09/2009
Olivier BRUNEL
 



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  • Zermatt est un mythe qui mérite bien sa réputation. La station sans voitures située au pied du Mont Cervin, que les touristes du monde entier viennent admirer été comme hiver, est un lieu de villégiature couru depuis que l'alpiniste britannique Edward Whimper en réussi le premier l'ascension en 1865.

    Avant d'être équipée et devenue le centre du plus grand domaine skiable des Alpes, Zermatt, ses palaces et ses plus modestes hôtels de charme en altitude attirèrent une élite intellectuelle : Émile Zola, Mark Twain, Albert Schweitzer, Emil Nolde, les Renaud-Barrault, Walt Disney, Ingmar Bergman, Oskar Kokoschka, Romain Gary ; et mondaine : Rose Kennedy, les Princes de Monaco, les Rois de Belgique et Reines des Pays-Bas, les Rockefeller, Pirelli le roi du pneu, laissent trace de leur passage sur les livres d’or des hauts lieux du confort alpin que sont le Riffenalp, l'hôtel Monte Rosa, l'Edelweiss et le Mont Cervin Palace.

    Nombreux aussi furent les musiciens qui s'y reposèrent, tels Mieczyslaw Horszowski, Rudolf Serkin, Clara Haskil et Pablo Casals, à l'origine du festival. Le violoncelliste catalan avait initié dans les années 1950 avec quelques concerts et des classes de maîtres, un noyau d'activité musicale. Il fallut attendre le début du XXIe siècle pour que des musiciens des Berliner Philharmoniker, une des trois formations orchestrales les plus prestigieuses d'Europe, commencent à donner quelques concerts entre la fin de leur saison de festivals et le début de la saison de concert berlinoise.

    Désormais confié à Nicolas Bohnet, dont la double formation musicale et de gestionnaire en fait un directeur idéal, le Zermatt Festival s'étale sur le mois de septembre avec trois séries de trois concerts et une activité d'académie d'été pour de jeunes musiciens qui travaillent sous la direction d'instrumentistes aînés et forment l'Orchestre du Festival ainsi renouvelé à chaque édition.

    Le noyau dur des musiciens est le Scharoun Ensemble Berlin fondé en 1983, dont la constitution en formation de chambre réduit permet un vaste répertoire et à ses plus fortes individualités d'être solistes d'œuvres concertantes ou récitalistes. Mais ce n’est pas eux que l’on a pu entendre lors de cette session d’ouverture dans la St Mauritius-Pfarrkirche de Zermatt aux beaux autels baroques et à l'acoustique plutôt favorable avec ses 450 places, mais le Bleichbläserensemble der Berliner Philharmoniker.

    Cette formation constituée de douze instrumentistes à vent est fascinante dans son étendue de répertoire et l’harmonie acoustique régnant entre ses différents pupitres. Vaste programme avec pour ce concert des transcriptions toujours très soignées allant des tubes de Haendel ou Bach à des pièces grand public comme I got Rhythm de Gershwin ou encore un désopilant Dunque io son du Barbier de Séville de Rossini (arrangement Sándor Bologh).

    Parmi les pièces plus élaborées, on n’oubliera pas de sitôt le très impressionnant arrangement pour quatre trombones signé Olaf Ott du Book of Songs de John Dowland ni la Suite Pulcinella de Pergolèse arrangée par Robert Szentpalli.

    Traditionnellement, le concert de musique de chambre du dimanche matin a lieu dans la petite chapelle de Riffelalp cachée dans les mélèzes à 2 200m d’altitude, que les spectateurs rejoignent grâce au charmant train à crémaillère du Gornergrat. Pour le premier de ces rendez-vous dominicaux, c’est le Concerto Melante – en fait le même ensemble Berliner Barock Solisten qui accompagnait Philippe Jaroussky lors du concert d’ouverture, agrémenté de quelques membres des Berliner Philharmoniker – qui officie. Cet ensemble baroque, malgré une acoustique un peu sèche, est beaucoup plus à son aise dans le répertoire allemand que chez les Italiens.

    Le programme est très équilibré, laissant la vedette à Georg Philipp Telemann avec sa Sonata a quattro en la majeur TWV 40:200 et le Sextet en sol mineur TWV 44:33. Intéressante découverte que la magnifique Suite pour guitare baroque de Francesco Corbetta (1615-1681), jouée magistralement par le théorbe de l’ensemble Björn Colell. Et raretés garanties avec des œuvres de Georg Muffat (1653-1704), compositeur viennois d’origine savoyarde et élève de Lully, auteur d’un Armonico Tributo dont est extraite la Sonate n° 2 en sol mineur pour cordes ou encore le Viennois Johann Heinrich Schmelzer (ca. 1623-1680) avec la Sonata con altre arie.

    Une expérience d’une grande sérénité qui risque de rendre difficile le retour aux grandes salles de concerts de nos capitales musicales.




    5 septembre – St Mauritius-Pfarrkirche, Zermatt
    Blechbläserensemble der Berliner Philharmoniker
    Haendel, Bach, Dowland, Koetsier, Pergolèse, Rossini, Richards, Elgar, Gershwin, Gade

    6 septembre – Riffelalp Kapelle, Zermatt
    Concerto Melante
    Telemann, Muffat, Corbetta, Schmelzel

    Zermatt Festival
    La prochaine édition aura lieu du 3 au 19 septembre 2010.
    + 41 27 966 81 00 ou www.zermattfestival.com




    Le 08/09/2009
    Olivier BRUNEL




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