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CHRONIQUES
26 mai 2018

Le Temps d’aimer 2009 :
L’oiseleur et le lutin

La dix-neuvième édition du Temps d’aimer à Biarritz a commencé dans une grande diversité de styles et de genres. Cependant, deux compagnies surnagent : celle de Luc Petton avec son spectacle la Confidence des oiseaux qui fait le tour de France, et le Ballet national de Suède avec la création française de Radis noir de Mats Ek.
 

Le 14/09/2009
Olivier BRUNEL
 



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  • Premier rendez-vous chorégraphique de la saison, le Temps d’aimer accueille à Biarritz au début de septembre, principalement à la Gare du Midi, au Théâtre du Casino municipal et au cinéma le Colisée, un choix de compagnies internationales et régionales qui attire un nombre important d’amateurs de danse classique, contemporaine et expérimentale, avant même que les saisons ne reprennent sur les diverses scènes nationales.

    Chorégraphe ayant commencé par le karaté, formé à la danse chez Alwin Nikolais et Trisha Brown et aujourd’hui ornithologue amateur, Luc Petton et sa compagnie Le Guetteur, basée en Picardie, proposent un des spectacles les plus originaux que l’on puisse voir aujourd’hui. Des oiseaux élevés par lui dès le plumage sont utilisés par les danseurs pour de fascinantes chorégraphies. Ils planent au-dessus de la scène puis se posent à l’invite des danseurs sur leurs corps dénudés. Le sautillement des oiseaux combiné à la chorégraphie forcement assez soft des danseurs est un véritable régal pour les yeux, une magie tout à fait singulière. Une scénographie très simple et des éclairages sophistiqués ajoutent à la magie de l’ensemble.

    Ek, le lutin suédois

    Les danseurs du Ballet Royal de l’Opéra de Suède ont une technique à toute épreuve. Ils enchaînent dans la même soirée deux chorégraphies aussi radicalement différentes que Tableau perdu de Christian Spuck et Radis noir de Mats Ek. On passera assez vite sur la première qui alterne trois beaux tableaux virtuoses et virevoltants sur la Symphonie italienne de Mendelssohn, avec une esthétique inspirée de Watteau, tous les danseurs étant vêtus de noir. Le noir sied si mal à Mendelssohn que l’on avoue n’avoir pas été convaincu par cette « illusion de ballet classique ».

    En revanche, quel bonheur que ce Radis noir que Mats Ek a monté avec Ana Laguna sur le Concerto pour violon de Brahms dans l’interprétation d’une intensité stupéfiante d’Anne-Sophie Mutter ! Le bonheur dérive surtout la jubilation avec laquelle Mats Ek semble avoir réglé cette chorégraphie abstraite sur les grands échanges entre l’instrument soliste et l’orchestre. On a connu et aimé tant d’œuvres désespérées du lutin suédois que ce qui transpire ici de vie et d’optimisme ajoute une nouvelle dimension à notre admiration.

    Les quelques solos et duos, notamment celui sur la cadence du concerto, sont enivrants. Le deuxième mouvement n’est presque pas dansé et voit défiler pendues au plafond des étoffes d’argent et … les fameux radis noir. Le troisième, avec une écriture plus académique, en apparence seulement, se termine par une magnifique image de reptation au sol de l’ensemble des danseurs. Du grand art et comme toujours avec Ek, de beaux sujets de réflexion.

    Ballet de Wiesbaden

    D’autres spectacles ont marqué ce premier weekend du Temps d’aimer. Thierry Malandain a invité quelques compagnies et chorégraphes européens que l’on ne connaît pas forcément en France. Le Ballet de Wiesbaden (Allemagne) avec trois chorégraphies de Stephan Thoss, son directeur depuis 2007. Il s’agit d’une belle compagnie, très rompue à la danse moderne à tendance théâtrale.

    On avoue être resté de marbre en voyant les chorégraphies de Tosende Stille et Heim suchen, respectivement sur des musiques de Vivaldi et de Philip Glass, qui puisent ouvertement chez des chorégraphes au style autrement plus affirmé. Autre compagnie invitée, le Dansk Danse Teater, compagnie danoise dirigée par Tim Rushton, présentait en première française deux de ses chorégraphies : Shadowland (2001) et Kridt (2005).

    Vraiment originales, la première évoquant la beat generation avec des textes de ses poètes notamment d’Allen Ginsberg (Howl) lus par Jack Kerouac, la seconde la fragmentation des différents temps de la vie. Dans les deux cas une forte affirmation intellectuelle et une chorégraphie énergisante mettant en valeur une compagnie très bien structurée.

    Compagnies plus modestes

    Deux compagnies plus jeunes et plus modestes se sont également produites pendant ce week-end inaugural. Le Jardin des Grenades de Christine Grimaldi qui avec quatre danseurs et cinq musiciens explore les racines de la danse. Son spectacle un peu longuet commence fort bien avec de belles images exploitant les poses et les costumes de la Venise de la Renaissance. Mais le manque d’inspiration pointe vite son nez et la chorégraphe a recours à beaucoup de poncifs en vigueurs. Plus original et dynamisant le Gotra Ballet, créé en 2005 par Joost Vrouenraets proposait 5 MB un diptyque à la chorégraphie recherchée utilisant une ingénieuse scénographie signée Erol Oztan.

    Le Temps d'aimer propose aussi beaucoup d'animations autour de ces deux semaines de spectacles quotidiens. Une immense barre (la Gigabarre) installée sur la plage permet à qui le désire de se joindre aux danseurs faisant leur classe en plein air sous la direction de différents chorégraphes. Stages de danse, expositions, conférences, projections de films et des répétitions publiques, font de cette dernière quinzaine de l'été une des manifestations les plus populaires du Pays basque.




    Festival Le Temps d’aimer
    Le Guetteur - Luc Petton et Cie, Théâtre du Casino municipal, 11 septembre. Prochaines représentations du spectacle de Luc Petton: Caudry (23.9), Rueil-Malmaison (7.11), Cherbourg (12.11), Bar-le-Duc (19.11), Nanterre (3.12), 16.12 (Saint-Quentin-en-Yvelines), Fontainebleau (14.01), Paris Chaillot (du 19 au 13 mai).
    Ballet de Wiesbaden, Gare du Midi 11 septembre
    Dansk Danse Teater, Théâtre du Casino municipal, 12 septembre
    Compagnie Grimaldi, Colisée le 12 septembre
    Gotra Ballet, Théâtre du Casino municipal, 13 septembre
    Ballet Royal de l’Opéra de Suède, Gare du Midi, 13 septembre




    Le 14/09/2009
    Olivier BRUNEL




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