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CHRONIQUES
27 mai 2018

Courageux danseurs
© Sébastien Mathé

Il leur faut bien du courage et de la passion à ces danseurs de l’Opéra national de Paris pour aller au feu ainsi tous les ans et essayer de gagner l’une des rares places mises en concours pour accéder au grade supérieur. Le cru 2009 n’a pas démérité, loin de là, avec, comme toujours des choix parfois étranges du jury.
 

Le 20/11/2009
Gérard MANNONI
 



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  • Ce sont les femmes qui ont ouvert le bal cette année, le concours se déroulant en deux jours, traitement depuis l’an dernier plus humain que ne l’avait instauré la tradition qui obligeait les premiers à se lancer en scène dès le petit matin, généralement l’avant-veille de Noël. Outre la directrice de la Danse, Brigitte Lefèvre, les maîtres de ballet Patrice Bart et Clotilde Vayer, le chorégraphe Pierre Lacotte et le directeur artistique du Baller de Novossibirsk, Igor Zelenski, le jury comprenait deux Premiers Danseurs, Eve Grinsztajn et Alessio Carbone et trois membres du Corps de ballet, Béatrice Martel, Géraldine Wiart et Amélie Lamoureux.

    Dommage, une fois encore, qu’aucune Étoile n’y ait figuré, car ce sont quand même elles qui devraient être les plus aptes à apprécier le travail des autres, puisqu’elles ont gravi tous les échelons, sauf les rares cas de ceux, comme Mathieu Ganio, nommés directement Étoiles sans passer par la case de Premier Danseur.

    Et comme toujours, si une majorité de décisions sont indiscutables, il y en a toujours qui restent si incompréhensibles que l’on voudrait savoir ce qui les a motivées. Mais dans la mesure où il s’agit d’un concours interne, la transparence absolue n’est sans doute pas possible, ni même peut-être souhaitable. On en reste donc sur ses interrogations, voire ses indignations, comme depuis tant de générations de danseurs. Certains subsistent aux injustices dont ils furent l’objet, d’autres s’effondrent ou s’en vont. Et le spectacle continue. Nous ne sommes pas dans le domaine du rationnel absolu, mais dans celui de l’émotion et de l’art.

    Promotion Coryphées

    Pas de commentaires bien particuliers à faire sur les trois Quadrilles promues Coryphées, Laure-Adélaïde Boucoud, Aubane Philbert et Valentine Colasante. Elles sont jeunes et l’avenir est à elles. En revanche, on a été impressionné par la très belle qualité d’ensemble de cette classe des Quadrilles, notamment dans la difficile variation imposée, celle du Grand pas classique de Gsovsky. Très bien préparées par Élisabeth Maurin, toutes ces jeunes femmes ont montré une belle assurance technique pour surmonter les pièges multiples de cette variation aussi brillante que périlleuse.

    Trois promues aussi dans la classe des coryphées. Tant mieux pour Amandine Albisson-Privat, Héloïse Bourdon et Séverine Westermann, même si d’autres comme Charlotte Ranson auraient tout aussi bien fait l’affaire sinon mieux. Ludmilla Pagliero, qui fut une belle Garance dans les Enfants du Paradis de José Martinez, a obtenu l’unique poste de Première Danseuse en concours.

    C’est une artiste de valeur, mais on ne peut que regretter que les vraies forces vives de la compagnie qui assument si souvent des rôles importants avec éclat soient une fois encore laissées dans le placard, comme Sarah Kora Dayanova, Mathilde Froustey ou Alice Renavand. Il est assez vain de vouloir refaire le match et le jury a certainement ses raisons, mais le public n’y comprend goutte.

    Un concours hommes avec moins de surprises

    Aucune discussion possible en revanche pour le choix des deux nouveaux Premiers Danseurs hommes. Josuah Hoffalt et Vincent Chaillet ont tous deux fait un concours à la hauteur de tout ce que l’on doit miser sur eux, c’est-à-dire éblouissant. Ils sont jeunes, 25 ans tous les deux, et sans conteste de la race des Étoiles. On attend avec impatience de les voir distribués maintenant en permanence au plus haut niveau.

    Classé troisième, au pied du podium, Audric Bezard a fait aussi un très beau concours, en particulier dans la variation libre, la première de Des Grieux dans l’Histoire de Manon. De la prestance, de la poésie, de l’émotion. À noter aussi le retour de Yann Saïz, classé quatrième. Une belle preuve de courage après un arrêt prolongé pour accident.

    Deux Sujets

    Deux places de Sujets étaient à pourvoir. Florimond Lorieux, qui dansa une brillante variation de Don Quichotte et Fabien Révillon, excellent dans la variation de Paquita, ont été choisis par le jury. Ils le méritent. Classé troisième, Yannick Bittencourt l’aurait tout autant mérité, tout comme Sébastien Bertaud dont on se demande bien quelles erreurs cachées lui ont valu seulement une cinquième place. Nul doute que l’un comme l’autre n’ont pas dit leur dernier mot et que, tout comme Dayanova, Froustey ou Renavand, leur heure viendra. Espérons le plus vite possible !

    Même si le potentiel évident de ces artistes est souvent utilisé à bon escient par Brigitte Lefèvre qui ne se limite pas aux concours pour connaître ses danseurs, on voudrait les voir plus officiellement reconnus. On craint toujours un peu qu’ils ne se lassent et aillent voir ailleurs, comme ce fut le cas jadis des Marie-Christine Mouis, Jennifer Goubé, Eric Vu Han ou Frédéric Olivieri, sans oublier non plus que ni Manuel Legris ni Laurent hilaire ne furent jamais Premiers Danseurs, Noureev les ayant directement nommés Étoiles quand ils étaient Sujets car ils ne montaient pas au concours !

    Trois nouveaux Coryphées

    Les trois Quadrilles promus Coryphées ont tous trois très bien dansé. Grand, élégant, Yann Chailloux montra une belle technique dans Esmeralda, tout comme un autre grand de belle allure, Mickaël Lafon arrivé troisième, très sûr dans les deux Mazurkas, celle d’Études et celle de Suite en blanc. Monté deuxième, Adrien Couvez est un vrai tempérament artistique, comme il l’a prouvé bien des fois.

    Un concours homme aux résultats dans l’ensemble bien plus lisibles que ceux du concours femme, à quelques exceptions près. Avec cette date avancée, on peut au moins se dire que tout le monde aura l’esprit libre pour les spectacles de fin d’année et pour passer des fêtes plus paisibles que d’habitude.




    Palais Garnier, Paris, mercredi 18 et vendredi 20 novembre 2009.




    Le 20/11/2009
    Gérard MANNONI




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