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CHRONIQUES
26 mai 2018

La tradition du Théâtre de Novossibirsk

La Fiancée du Tsar

Au Sud de la Sibérie, la ville de Novossibirsk peut s’enorgueillir de son théâtre, le plus grand de Russie. Le Théâtre National d’Opéra et de Ballet de Novossibirsk accorde aux deux arts une égale importance quantitative. Cependant c’est par son Ballet, la troisième compagnie du pays, que l’institution connaît un rayonnement mondial.
 

Le 12/03/2010
Olivier BRUNEL
 



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  • Développée dès la fin du XIXe siècle autour d’un pont construit pour le Transsibérien sur la rivière Ob, la ville de Novo-Nikolavsk qui deviendra après 1925 Novossibirsk, métropole de l’Oblast de Sibérie, a bien peu de charme et un climat légendairement rude. Si le commerce et la vie nocturne y sont florissants, on peut résumer ses charmes architecturaux à la Gare du Transsibérien qui est un merveilleux bâtiment dans le ton vert pastel et le grandiose Théâtre avec sa superbe coupole de soixante mètres de diamètre qui figure sur le drapeau de l’Oblast.

    Construit pour être un bâtiment dédié aux sciences et au cirque, ce gigantesque théâtre, le plus grand de Russie et d’Asie s’apparente plus à la Bourse de Commerce de Paris qu’au Palais Garnier. La taille de sa scène lui permet des coproductions avec les grandes scènes modernes du monde, dont la plus récente est celle du Macbeth de Verdi mis en scène par Dmitri Tcherniakov l’an dernier en coproduction avec l’Opéra de Paris.

    Ce Bolchoï de la Sibérie construit entre 1933 et 1945 fut inauguré quelques jours après la Victoire et fête cette année son 65e anniversaire. Sa salle de 1775 places avec une configuration en hémicycle et ornée de sculptures est surnommée le Colysée sibérien. Si Staline ne l’a jamais visité, le Général de Gaulle en a été en juin 1966 le visiteur français le plus prestigieux à ce jour.

    La rare Fiancée du Tsar

    La Fiancée du Tsar de Rimski-Korsakov, pièce courante du répertoire des théâtres de langue russe, a pour nous le goût de la rareté. C’est Galina Vichnevskaïa qui l’avait ressuscitée à Moscou, et même mise en scène à l’Opéra de Monte-Carlo en 1986. Étrange histoire que celle de Marfa, la fiancée d’Ivan le Terrible, qui, atteinte d’un mal mystérieux, mourut vierge.

    Le livret rédigé par Rimski-Korsakov complique les choses à plaisir et fait intervenir le chef des Gardes impériaux, un alchimiste et un philtre d’amour qui, par l’intervention de Lioubiacha, maîtresse jalouse, se transforme en poison violent tuant la malheureuse dans la salle du Trône. La coupe en est classique, à la manière de Glinka, mais l’orchestration extrêmement raffinée et le traitement des voix fait appel à toute la palette des timbres dans laquelle excelle l’École russe.

    La production de l’Opéra de Novossibirsk est faite à l’économie avec des éléments stylisés, de beaux costumes, mais les chœurs en civil sont disposés sur le côté de la fosse et de la scène. Dommage, car l’intrigue appellerait plus d’action. Vocalement, on est à la fête avec la Lioubiacha plus noire que nature de l’extraordinaire mezzo-soprano Olga Oboukhova, la non moins épatante basse Ivan Potritzayev en Maliouta le Chef des gardes du Tsar, et le superbe soprano Lidia Bondarenko dans le rôle exquis de Marfa. L’orchestre, dirigé par Alexander Bolshakov, donne couleurs et relief à l’ensemble.

    Une Giselle d’une pureté totale



    Plus encore que l’Opéra, ce qui fait la grande réputation du Théâtre de Novossibirsk dans le paysage culturel russe aujourd’hui, c’est son ballet dirigé de main de maître depuis 2006 par Igor Zelenski, danseur et chorégraphe originaire de Sibérie ayant dansé sur les plus grandes scènes du monde.

    Compagnie de cent danseurs crée en 1945, elle est la troisième du pays après Moscou et Saint-Pétersbourg et possède à son répertoire tous les ballets classiques européens et plus récemment y a introduit Balanchine et des chorégraphes d’aujourd’hui. On a pu voir, dans le décor classique de la tradition de Perrot et Coralli une Giselle d’une pureté totale dansée par des interprètes, peut-être trop jeunes pour être entièrement conquis par la profondeur de leur rôle, mais stylistiquement et techniquement parfaits.

    Le Ballet de Novossibirsk sera l’invité du 7 au 24 juillet des Étés de la Danse au Théâtre du Châtelet, où il se produira lors d’une soirée de gala (7 juillet) et trois programmes consacrés à Balanchine, le Lac des Cygnes et la Bayadère avec le concours de l’Orchestre national d’Île-de-France.




    Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908)
    La Fiancée du Tsar (Tsarskaia Nviesta), opéra en quatre actes
    Avec : Nikolaï Loskoutine, Lidia Bondarenko, Grigory Griaznoï, Vladimir Proudnik, Ivan Potritzayez, Oleg Videman, Olga Oboukhova, Yuriy Komov, Galina Bibitcheva, Svetlana Tokareva, Olga Yegoudina, Andreï Issakov, Olga Yegoudina, Sergueï Kovaliov.
    Orchestre du Théâtre National d’Opéra et de Ballet de Novossibirsk, direction Alexander Bolshakov

    Giselle, musique d’Adolphe Adam et Johann Friedrich Burgmüller
    Chorégraphie d’après Jules Perrot et Jean Coralli
    Orchestre du Théâtre National d’Opéra et de Ballet de Novossibirsk, direction Alexander Novikov
    Avec : Viera Cabantsyeva (Giselle), Semeion Vieltsko (Albrecht), Vassili Soboliev (Hilarion) et le Corps de Ballet du Théâtre de Novossibirsk.

    Théâtre National d’Opéra et de Ballet de Novossibirsk (Sibérie ; Russie) 12 mars 2010
    Site Internet : www.opera-novosibirsk.ru




    Le 12/03/2010
    Olivier BRUNEL




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