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CHRONIQUES
24 mai 2018

Montpellier Danse 2010 :
La mémoire de la danse

La manifestation festivalière estivale chorégraphique la plus originale et la plus courue en France se déroule à Montpellier depuis trente ans au début de l’été. Et comme Montpellier Danse fête ses trente ans, la fête est à la hauteur de l’événement, un acte de mémoire de la danse contemporaine. En plus de la parution chez Actes Sud d'un livre consacré à la manifestation, récit des soirées d'ouverture.
 

Le 23/06/2010
Olivier BRUNEL
 



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  • Un nouveau site, la Cité Agora, cité internationale de la Danse, est inauguré pour cet anniversaire dans le centre historique de Montpellier. Entièrement dédié à la création et à la diffusion de la danse, il héberge à la fois le Festival Montpellier Danse et le Centre Chorégraphique National de Montpellier Languedoc-Roussillon.

    Deux lieux principaux de spectacles, la Théâtre de l’Agora, théâtre de plein air de 587 places, et le Studio Bagouet situé dans le CCN d’une capacité de 160 places, garantissent la possibilité de s’adapter au type de chorégraphie dansée. D’autres lieux comme la salle Béjart permettent d’abriter des conférences, films, débats. L’ensemble, en travaux et aménagement progressif depuis vingt ans, est installé dans un superbe bâtiment historique classé, l’ancien Couvent des Ursulines du XVIIe siècle.

    Créée pour les Montpelliérains par Dominique Bagouet, cette manifestation qui a vite acquis une réputation internationale se retourne cet été vers tout ce qui a marqué son histoire. Les noms de Forsythe, Cunningham, Béjart, De Keersmaeker, Trisha Brown, du Nederlands Dans Theater, sont présents pour cet hommage.

    Son Directeur artistique Jean Paul Montanari publie pour l’occasion Montpellier Danse(s), trente ans de créations chez Actes Sud. Écrit par cinq spécialistes de la danse qui ont suivi l’histoire du festival de Dominique Bagouet à Mathilde Monnier, c’est aussi un magnifique livre d’images grâce aux photographies des moments forts de ces trente glorieuses de la danse.

    Passionnant par toutes ses victoires et forcément émouvant car tant de ses créateurs et interprètes sont aujourd’hui disparus. S’y ajoutent des articles de réflexion notamment sur le Sida et son incidence sur la danse contemporaine et une étude sur Montpellier Danse et la Méditerranée par Brigitte Hernandez. Ouvrage nostalgique pour ceux qui ont vécu ces années, ouvrage d’espoir de culture et même d’initiation pour les plus jeunes.

    Cette trentième édition s’est ouverte avec une œuvre testamentaire du dernier des grands chorégraphes américains, Merce Cunningham, disparu en 2009. Créé au Festival de Lille en 1993, Roratorio qui sera repris en novembre par le Festival d’automne au Théâtre de la Ville avant le Festival de danse de Dublin, convoque trois noms glorieux : James Joyce, John Cage et Merce Cunningham.

    Exception dans l’œuvre de ce chorégraphe car réalisée sur une musique préexistante à la danse, elle avait été désignée dans son testament comme devant être remontée pour les trente ans du Festival. On est admiratif devant ce travail de reconstruction d’après les indications du vieux maître et des vidéos par Patricia Lent et Robert Swintson. La somptueuse partition de John Cage inspirée du roman Finnegans Wake a été conçue pour évoquer le paysage mental de l’œuvre de Joyce. Enregistrement réalisé en grande partie à l’IRCAM, elle mêle des bruitages de son univers sonore dublinois à des fragments de danses et de chants folkloriques irlandais.

    Sur un plateau quasiment vide, quinze danseurs en tenues bariolées de studio transmettent la même énergie que celle de la musique : toutes les combinaisons possibles défilent pendant cinquante minutes, mais surtout l’illustration très stylisée des danses qui peuplent l’œuvre de Cage, avec une tendresse presque inhabituelle chez Cunningham. Mais la pâte du maître qui imprime rapidité et complexité du mouvement est bien là et reconnaissable au premier coup d’œil.

    C’est à la fois l’œuvre la plus atypique et la plus testamentaire de Cunningham qui on l’espère continuera de faire de l’usage pendant des décennies. À ne pas la manquer lors de sa diffusion sur ARTE le 3 juillet, ainsi que des reportages et deux chorégraphies d’Alonzo King et d’Akram Khan.

    Le lendemain, au Studio Bagouet, on déchantait un peu avec la création Splendeur inespérée de l’Espagnole Germana Civera, devenue depuis 2005 une habituée du Festival. Il s’agit du deuxième volet d’une recherche traitant de l’apparition. Le premier, les Intermittences du cœur, avait été créé en janvier 2010 à l’Institut Français de Barcelone.

    Dans la pénombre et avec une disposition claustrophobique, elle exploite un certain de nombre de mouvements et d’accessoires que les spectateurs peuvent regarder quand elle passe devant eux, ou par des jeux de miroirs, quand ils ne sont pas assourdis par le bruit des pétards ou aveuglés par les effets de stroboscope ou déprimés par la musique lugubre jouée en direct par Didier Aschour.

    Ils ne lui ont pas envoyé dire, réservant aux saluts un accueil glacial et même houleux à la chorégraphe et son imposante équipe technique.




    Roaratorio (1983)
    chorégraphie : Merce Cunnigham
    décors, costumes et lumières : Mark Lancaster
    Merce Cunningham Dance Company

    Splendeur inespérée (création 2010)
    chorégraphie : Germaine Civera
    Association Inesperada

    Montpellier, Agora, les 18 & 19/06/2010




    Le 23/06/2010
    Olivier BRUNEL




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