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CHRONIQUES
17 août 2018

Heinz Holliger roi de Zermatt
© Bruno Amsellem

Forte personnalité du paysage musical helvétique, le Suisse Heinz Holliger était cet été l'hôte d'honneur et le compositeur en résidence de la sixième édition du Zermatt Festival. Lors de la dernière des trois semaines, on a pu apprécier ses talents de hautboïste, de chambriste, de chef d'orchestre et de compositeur avec son œuvre COncErto? Certo! – cOn soli pEr tutti !
 

Le 20/09/2010
Olivier BRUNEL
 



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  • Né en 1939 à Langenthal (Suisse), Heinz Holliger s'est fait connaître sur la scène musicale internationale comme le plus fameux hautboïste européen. Lauréats des concours de Munich et de Genève, il a toujours mené en parallèle à son activité instrumentale celles de compositeur et de chef d'orchestre.

    Il a contribué à faire évoluer les limites de son instrument mais a composé, outre l'œuvre qu'il a reprise à Zermatt et composée en 2000-2001 à l'occasion du vingtième anniversaire de l'Orchestre de chambre européen (COE), Schneewittchen, un opéra sur un livret de Robert Walser, un Concerto pour violon et le cycle Scardanelli, ainsi que de la musique de ballet pour Dorfzenen.

    Titré Enfance et jeunesse du musicien Heinz Holliger, un ouvrage collectif dirigé par Brigitte Bachmann-Geiser développe les étapes de cette personnalité musicale fascinante depuis son activité d'enfant sopraniste, pianiste et hautboïste (débuts en 1952) jusqu'à celle de compositeur (Merkur Druck AG Langenthal).

    Cet été, les membres de l'Académie de musique de chambre, 35 jeunes musiciens de 17 nationalités différentes, étaient beaucoup plus exposés dans la programmation du festival, particulièrement pour jouer des œuvres chambristes dont Holliger était en quelque sorte le chef de pupitre.

    Quelques musiciens du Scharoun Ensemble (tous membres des Berliner Philharmoniker), quelques élèves de l'Académie et Holliger pour donner les départs, et voilà les ingrédients réunis pour jouer à la perfection, avec le petit plus qu'apporte les rencontres exceptionnelles, des œuvres rares comme la Sérénade pour instruments à vents n° 11 de Mozart créée à Vienne en 1781 pour l'orchestre à vents impérial et royal de Joseph II ou la Sérénade pour vents de Dvořák, une œuvre dans le style et la rythmique de ses Danses slaves.

    Avec Holliger chef d'orchestre – et quel styliste ! – pour diriger le Concerto pour hautbois en ut majeur de Mozart qu'il a si souvent joué lui-même, et le même mélange de membres du Scharoun Ensemble et de jeunes musiciens et comme soliste l'exceptionnel hautbois solo des Berliner Philharmoniker, le britannique Jonathan Kelly, toutes les conditions sont réunies pour obtenir une unité stylistique et un fondu sonore exemplaire.

    Holliger chef encore pour diriger deux œuvres du répertoire romantique, la Symphonie tragique de Schubert et une enthousiasmante Symphonie italienne (dans sa seconde version) qui couronnait le concert et venait détendre les oreilles après l'œuvre dont Holliger est le compositeur et qu'il venait de diriger.

    Heinz Holliger compositeur donc. Avec son COncErto? Certo! – cOn soli pEr tutti ! dont il s'est expliqué longuement avant de le diriger avec une précision exemplaire. Composé il y a dix ans et inspiré par la forme du concerto grosso, Holliger le compare à un gâteau d'anniversaire avec vingt bougies pour à la fois fêter l'anniversaire du Chamber Orchestra of Europe (devenu Mahler Chamber Orchestra) de l'époque de Claudio Abbado et offrir autant de soli pour faire briller les instrumentistes.

    Son écriture, certes inspirée par le sérialisme de la Seconde École de Vienne, est parfaitement originale et d'un extrême raffinement. Composée d'une dizaine de séquences qui s'enchaînent les unes aux autres, l'œuvre dont l'orthographe suggère l'orchestre pour qui elle fut écrite est bourrée de références viennoises (The Bat's Lullaby pour violons et crotales qui évoque Die Fledermaus et s'approche au plus près des ultra-sons, Abeuratio en référence à Wozzeck) et se termine par une fugue (Flüsterfuge) ébouriffante par sa facture.

    Holliger à l'instar de Bach, Schumann, Honegger… joue avec le double langage des lettres et des notes notamment le nom de Claudio Abbado dans la fugue. Bref, une œuvre érudite mais admirable et accueillie avec beaucoup de chaleur par un public a priori non spécialiste du répertoire du XXIe siècle.




    17 et 18 septembre 2010
    Pfarrkirche St-Mauritius Zermatt

    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Sérénade pour vents n° 11 en mi majeur KV 375
    Concerto pour hautbois et orchestre en ut majeur KV 314
    Franz Schubert (1797-1828)
    Symphonie n° 4 en ut mineur D 417
    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Sérénade pour vents en ut mineur op. 44
    Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847)
    Symphonie n° 4 en la majeur
    Heinz Holliger (* 1939)
    COncErto? Certo! – cOn soli pEr tutti! (2000/01)
    Chamber Music & Academy Zermatt
    Scharoun Ensemble
    Jonathan Kelly, hautbois
    direction et hautbois : Heinz Holliger




    Le 20/09/2010
    Olivier BRUNEL




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