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CHRONIQUES
22 février 2018

Musicales de Mortagne (1) :
Musique au vert

Très belle programmation pour l’édition 2011 des Musicales de Mortagne-au-Perche qui se déroulent sur les trois premiers week-ends de juillet. D’une église à l’autre, d’un manoir à l’autre, premières étapes d’un superbe parcours dans une région à la fois touristique et tranquille, au charme prenant. Compte rendu du premier week-end, aux côtés de la violoniste Amandine Beyer et du luthiste Paul O'Dette
 

Le 03/07/2011
Gérard MANNONI
 



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  • Avec un certain nombre d’artistes que l’on entendra la saison prochaine à Paris, notamment au Théâtre de la Ville, la programmation des Musicales de Mortagne-au-Perche 2011 affirme un dynamisme et une qualité indiscutables.

    À mi-chemin entre la capitale et la Bretagne, le Perche reste encore une région épargnée par les grands flux touristiques tout en offrant une variété épatante de paysages avec forêts, rivières, manoirs, vieilles églises, sentiers verts de randonnée, haras et clubs hippiques. Calme ou activité, au choix. Dirigées par l’astucieux et imaginatif Ludovic Tiberge, les Musicales de Mortagne viennent donc de boucler leur premier week-end avec deux concerts de très haut niveau.

    C’est dans l’Église Notre-Dame de Mortagne qu’a lieu le concert d’ouverture avec rien moins qu’Amandine Beyer et son ensemble Gli Incogniti dans un programme tout Vivaldi. La violoniste s’affirme comme une forte personnalité capable d’apporter quelque chose de neuf, d’inattendu, de vrai et de convaincant dans un répertoire où tout un chacun s’est lancé de manière compulsive ces dernières années.

    Trois concertos de diverses formes (deux violoncelles, violoncelle, ripieno) permettent en première partie une plongée dans ce monde musical vénitien coloré, actif, frémissant de sensualité et de lumière que finalement si peu d’interprètes savent aborder de façon convaincante.

    Avec Beyer et ses musiciens, tout est joie de jouer, enthousiasme, engagement, on voudrait même dire amusement tant les interprètes, concentrés mais sourire aux lèvres, manifestent un plaisir évident à dévorer ces œuvres multicolores, toniques, juste assez teintées parfois de nostalgie pour garder du relief. Sonorité personnelle mais belle, élégance du phrasé, tout est là pour que l’on reprenne goût à ces musiques.

    Et l’on sait alors que les Quatre saisons qui nous attendent en deuxième partie vont, elles aussi, vivre d’un sang neuf, régénéré. Amandine Beyer en est la soliste, comme elle le fut au disque qui a obtenu un immense succès critique et commercial. Difficile de déceler son secret, mais sous son impulsion et sous son archet, tout paraît neuf, évident, ni trop figuratif ni trop distancié, ni trop sophistiqué ni trop linéaire, avec du style, de l’imagination, rien de clinquant ni d’un côté reconstitution historique. Bref, le plaisir total !

    Le lendemain, dans l’église XVIIe du village de Courgeon, à quelques kilomètres, le grand luthiste Paul O’Dette prend la suite. Que dire d’un concert de ce musicien totalement unique ? Peut-être simplement que lui aussi, avec ce drôle d’instrument qui eut ses heures de gloire et que l’on voit représenté sur tant de tableaux des temps anciens, il parle musique, quels que soient le compositeur ou l’époque, Renaissance, XVIIIe siècle, et même en bis une pièce contemporaine.

    Il y a, au-delà de la virtuosité pure, une approche tant sensible qu’analytique de ces écritures généralement très complexes, dont la perfection et l’impact sur notre sensibilité laissent pantois.

    Deux autres week-ends nous attendent, avec aussi des musiciens de tout premier plan.




    Église de Mortagne-au-Perche, samedi 2 juillet
    Antonio Vivaldi (1678-1741)
    Concerto pour deux violoncelles en sol mineur, RV 578a
    Concerto pour violoncelle en la mineur RV 420
    Concerto ripieno en ut majeur RV 114
    Les Quatre saisons
    Gli Incogniti
    direction et violon solo : Amandine Beyer
    Église de Courgeon, dimanche 3 juillet
    Gostena, Molinaro, Terzi, Kapsberger, Severino
    Paul O’Dette, luth




    Le 03/07/2011
    Gérard MANNONI




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