altamusica
 
       aide















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CHRONIQUES
16 août 2018

Deux shows venus du froid

Sur le front de la danse, ces fêtes de 2011 resteront marquées par deux outsiders, le retour à Paris après vingt ans d’absence du célèbre Ballet Moïsseïev, ambassadeur de la culture russe, et le Cirque Éloise du Québec qui présentait un spectacle aux frontières de la danse, plus que par les ballets classiques de circonstance des théâtres subventionnés.
 

Le 28/12/2011
Olivier BRUNEL
 



Les 3 dernières chroniques

  • Mortagne 2018 (2) : Conclusion brillantissime

  • Mortagne 2018 (1) : Originalité et talents

  • Jean-Claude Malgoire, vrai musicien polyvalent

    [ Toutes les chroniques ]

     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)



    Envoi de l'article
    à un ami

  • L’institution créée par Igor Moïsseïev en 1937 pour faire connaître et rayonner toutes les formes d’expression du folklore dansé de l’immense U.R.S.S., fête ses soixante-quinze ans. Un court film pédagogique retrace avant le spectacle les étapes phares de cette exemplaire longévité.

    Valéry Colin, directeur artistique des Étés de la Danse, a eu le nez fin en faisant revenir à Paris après vingt ans d’absence cette troupe exceptionnelle : le Palais des Congrès était chaque soir quasiment plein d’un public fervent venu en famille, de la grand-mère au benjamin, venu retrouver ou découvrir cette vénérable institution.

    Si Igor Moïsseïev n’est plus depuis 2007, la relève est prise par la directrice artistique Elena Shcherbakova, ancienne soliste entrée à dix-sept ans dans l’ensemble et par qui l’héritage est bien gardé.

    Le spectacle présenté à Paris comporte une quinzaine de tableaux d’importance différente mais tous réalisés avec un souci de perfection absolue. On ne sait que louer le plus de l’immense professionnalisme de la troupe, de l’excellence des solistes, de la richesse des costumes aux couleurs chatoyantes, de la pertinence des éclairages et, luxe suprême, des trente musiciens dans la fosse ou sur scène.

    Le panorama des danses de l’Empire russe va des danses des folklores tziganes, ukrainiennes, moldaves, biélorusses de Crimée et même de la bien lointaine Kalmoukie terre natale des grands-parents paternels de Lénine.

    Tableaux de genre aussi avec les Partisans, fresque en hommage aux montagnards du Caucase qui combattirent les Nazis et véritable emblème de la compagnie avec les étonnants glissements sur le sol des éclaireurs en cape noire, Un jour sur un navire avec des images navales astucieuses et des tableautins humoristiques comme la Lutte de deux gamins réalisée par un seul danseur contorsionniste plié en deux dans un astucieux déguisement.

    Le spectacle entraîne aussi au-delà des frontières de l’empire avec une danse aragonaise mais surtout une évocation des gauchos d’Argentine, trois solos ébouriffants de réalisme et de virtuosité dansés sur la tranche du pied.

    Le lendemain, changement de public. À Chaillot pour voir iD (pour Identity), nouveau spectacle du Cirque Éloise de Montréal, on a l’impression qu’enfants et adolescents avaient cassé leur tirelire pour entraîner leurs parents voir un show hybride entre cirque et danses de rue.

    Originaire des Îles de la Madeleine en Acadie, le Cirque Éloise (prononcez el-waz) a depuis 1993 le don de se renouveler dans ses spectacles avec une indéniable constante poétique. Pas d’éléphants ni de chiens savants mais beaucoup de formes diverses d’acrobatie et pour iD, nouveau spectacle signé par son directeur artistique Jeannot Painchaud, une combinaison décoiffante entre les arts du cirque et les danses urbaines, hip hop, break danse, b-boying/b-girling.

    Sur une musique rock électronique enregistrée très adrénalinée se déroule un scénario qui évoque une guerre de gangs au sein d’une ville fantomatique, superbe décor de bande dessinée futuriste aux éclairages de science-fiction. iD est une poursuite effrénée dans un univers où tous les coups sont permis, avec dix-sept jeunes artistes de tous horizons et tous rompus aux acrobaties les plus athlétiques, évoluant avec la plus grande simplicité et générant tous un coefficient de sympathie jouant sur toutes les générations.

    La complicité artistique du chorégraphe Mourad Merzouki, directeur du Centre chorégraphique de Créteil, s’exprime avec non seulement toutes les figures imposées du hip hop mais aussi une étonnante alchimie dans l’intégration de ces danses au geste acrobatique.

    Beaucoup d’accessoires sur scène : un VTT trial ahurissant d’audace, des rollers, des échasses, un trampoline, un mât chinois, et d’un bout à l’autre une énergie très contagieuse. Seul regret, que le spectacle soit coupé par un bien inutile entracte dans son élan et sa construction.


    Palais des Congrès de Paris 27/12/2011 (Moïsseïev)
    Théâtre de Chaillot 28/12/2011 (Éloise)




    Le 28/12/2011
    Olivier BRUNEL




      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com