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CHRONIQUES
20 février 2018

Deauville 2012 (2) :
Magique !

Le Festival de Pâques de Deauville, qui avait commencé en innovant avec une représentation lyrique de l’Heure espagnole de Ravel, s’est achevé dans la fidélité à l’esprit de fondation du festival avec un week-end de musique de chambre. Parmi les quatre musiciens fondateurs, Jérôme Pernoo et Renaud Capuçon participaient à cette grande fête.
 

Le 28/04/2012
Olivier BRUNEL
 



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  • Bardé de prix et de distinctions, le jeune Quatuor Zaïde, l’une des rares formations du genre entièrement féminine, représente aujourd’hui l’excellence de la musique de chambre française. Équilibre infaillible, magnifique sonorité, ensemble, rigueur, toutes ces qualités éclatent dès le court Quartettsatz de Schubert, mais transcendent le beaucoup plus rare Quatuor à cordes n° 4 de Zemlinsky.

    Cette œuvre complexe, toute en contrastes, naviguant entre romantisme tardif et modernité viennoise, est bien évidemment bourrée de pièges techniques déjoués par les quatre demoiselles avec une facilité déconcertante. Si le Quintette pour piano et quatuor à cordes de Franck est moins complexe à réaliser, il n’en demande pas moins une réelle difficulté de balance entre cordes et pianistes.

    Malgré l’excellence de l’acoustique de la salle Élie de Blagnac relevant d’un très récent lifting sonore, on aurait parfois souhaité un peu plus de rivalité passionnelle entre le quatuor et le piano joué avec une rigueur exemplaire par David Kadouch.

    Intermède soliste le lendemain avec un concert pédagogique et ludique, le Clavier dans tous ses états, en partenariat avec le salon Livres & musique qui se tenait à Deauville ce week-end là. Aux claviers, un phénomène musical : le jeune Alphonse Cemin, qui ne semble faire qu’une bouchée de toutes les écritures, tous les styles et les difficultés de déchiffrage. Pianiste à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris, il est aussi fondateur de l’ensemble Le Balcon qui défend la musique des compositeurs de sa génération.

    Ce concert, donné dans le Théâtre du Casino, était présenté de façon poussive par Claude Samuel qui n’a pas servi loin l’art pédagogique car, au public festivalier s’ajoutaient des auditeurs recrutés par le Salon du livre. Ce parcours de deux heures mettait en scène clavecin, piano de concert, piano préparé (aucune explication…) et même un petit piano jouet et les œuvres s’étalaient dans le temps de Rameau à Arthur Lavandier (né en 1987), pas dans un ordre chronologique cependant.

    Alphonse Cemin sait trouver le juste style de toutes les musiques abordées, toutes représentatives de leur siècle, même si l’on sent ses limites de virtuosité et de sonorité dans les grandes œuvres du répertoire romantique et moderne données comme exemple (Étude Révolutionnaire de Chopin, Pagodes et Hommage à Rameau de Debussy).

    Mais quelle maestria pour jouer les China Gates de John Adams, l’étude la Lancinante de Martial Solal, et la très charmante Musique pour carillon de John Cage sur le piano jouet. Mention particulière pour la Suggestion diabolique de Prokofiev, redoutable pièce de virtuosité dont Cemin ne fit qu’une bouchée et la création mondiale de Livre (1) pour piano préparé, une pièce du jeune Arthur Lavandier qui était venu présenter son œuvre de façon très sympathique et communicative.

    Cette longue page s’inscrit dans le cadre de son opéra De la terreur des hommes. Cemin a rendu justice à cette splendide composition, bien structurée où alternent climats contrastés, passages intériorisés et dramatiques et colle parfaitement à l’explication que le compositeur en avait donnée en préambule. Le moment fort du concert !

    Le lendemain, on est en plein dans l’esprit deauvillais, avec deux formations constituées pour un concert unique de musique de chambre. Mi-Sa Yang, Adrien La Marca, Victor Julien-Laferrière et Adam Laloum pour le Quatuor K. 493 de Mozart, le pianiste effleurant parfois trop le clavier au détriment du son.

    Et, perle du concert et même du week-end, un luxueux septuor à cordes pour de planantes, très intériorisées et somptueusement réglées Métamorphoses de Richard Strauss : Charlotte Juillard, Adrien La Marca, Sarah Chenaf, Jérôme Pernoo, Bruno Philippe, Yann Dubost et Renaud Capuçon, premier violon d’un formation superlative capable de faire oublier que la réduction passait de vingt-trois à sept cordes. Magique !




    Deauville, Salle Élie de Brignac et Théâtre du Casino
    27 avril :
    Franz Schubert (1797-1828)
    Quartettsatz D 703
    Alexandre von Zemlinsky (1871-1942)
    Quatuor à cordes n° 4 op. 25
    César Franck (1822-1890)
    Quintette pour piano et quatuor à cordes en fa mineur
    David Kadouch, piano
    Quatuor Zaïde

    Le Clavier dans tous ses états
    Œuvres de John Adams, Claude Debussy, Jean Philippe rameau, John Cage, Karlheinz Stockhausen, Frédéric Chopin, Martial Solal, Serge Prokofiev, Arthur Lavendier
    Alphonse Cemin, clavecin, piano, piano jouet, piano préparé.

    28 avril :
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Quatuor pour piano et cordes K 493
    Mi-Sa Yang violon
    Adrien La Marca alto
    Victor Julien-Laferrière violoncelle
    Adam Laloum piano
    Richard Strauss (1864-1949)
    Métamorphoses pour septuor à cordes
    Renaud Capuçon & Mi-Sa Yang violons,
    Adrien La Marca & Sarah Chenaf altos
    Jérôme Pernoo & Bruno Philippe violoncelles
    Yann Dubost contrebasse




    Le 28/04/2012
    Olivier BRUNEL




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