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CHRONIQUES
17 août 2018

Danse et théâtre musical
© Javier del Real

Le Holland Festival a ouvert sa 65e édition au Théâtre Carré d’Amsterdam notamment avec une pièce chorégraphique et musicale d’Alain Platel créé en mars dernier au Teatro Real de Madrid. Construite autour de musiques chorales et orchestrales de Wagner et de Verdi c’est une œuvre d’envergure et le projet le plus ambitieux réalisé par le chorégraphe belge à ce jour.
 

Le 02/06/2012
Olivier BRUNEL
 



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  • C(h)œurs fait évidemment référence au cœur et aux chœurs. Pièce de près de deux heures, un grand format dans le monde de la danse contemporaine ou du moins du théâtre-danse tel qu’il existe aujourd’hui en Europe, elle a tout à la fois une dimension politique et une composante humaine.

    Le choix de Verdi et Wagner n’est pas innocent, musiques nées dans une période de nationalisme exacerbé, de construction de grandes nations à partir d’entités éclatées. La musique chorale notamment, à l’époque ou la vox populi gagne du terrain dans la rue et dans les pays opprimés et quand l’indignation est dans l’air.

    Platel utilise dix danseurs venus d’horizons très variés. Ils dansent beaucoup plus que dans les pièces de théâtre-danse, spécialités de sa compagnie Les ballets C. de la B. S’ils exposent leur nudité dès le début de la pièce, ils récupèrent vite leur dignité humaine et infiltrent le chœur qui entame un véritable concert (au luxe tapageur avec cent cinquante musiciens madrilènes sur scène et dans la fosse) de façon frontale.

    Mais peu à peu, au fil des grands tubes de l’opéra verdien avec le Requiem, Nabucco, Macbeth et wagnérien avec principalement Lohengrin et Tannhäuser, les choristes se dispersent, se mêlent aux danseurs, déclinent leur identité et leurs sujets de protestation, se dénudent un peu et le cadre éclate complétement pour donner lieu à un grand happening plutôt inhabituel sur une scène d’opéra.

    Paradoxalement, la danse gagne en structure au fil de la pièce avec même de véritables duos très élaborés, vraiment dansés et loin de la gestique convulsive qui semble être le vocabulaire principal des deux premières tiers de la pièce. Il faut cependant louer l’habileté des dix danseurs, même si l’on n’adhère pas toujours au message politique un peu superficiel délivré en français principalement. Excellents, le Chœur Intermezzo et l’Orchestre symphonique de Madrid qui, sous la direction énergique de Marc Piollet, donnent à ce spectacle une véritable dimension dramatique.

    © Pief Weyman

    Avec Lilith, deuxième création du weekend d’ouverture du Holland Festival, on passait à l’autre extrême : l’intimité de la scène de cabaret dans le charmant Théâtre Bellevue aux proportions réduites. Le soprano américain Claron McFadden qui a mené une carrière exemplaire au concert, music-hall et à l’opéra (on a pu l’applaudir quelques saisons de suite au Festival de Glyndebourne) a muri longtemps ce projet de chanter seule avec un pianiste sur un sujet défini par elle et dont la direction artistique serait totalement sienne.

    Son choix s’est porté sur la vie tragique de Lilith, un personnage célèbre de la mythologie juive, connue dans les commentaires sur la Bible depuis le XIe siècle pour être la première épouse d’Adam qui, n’ayant pu se faire à l’idée de lui être soumise et de ne pas être son égal, le quitta renonçant au Paradis et à la vie conjugale.

    Au travers de cette figure que l’on découvre comme à la limite de l’inhumain, Claron McFadden raconte et vit sur scène grâce à un film où figure l’excellent comédien néerlandais Jeroen Willems la difficulté de la relation entre une femme et un homme et sur la différence entre deux êtres humains. Dans cet espace très restreint, accompagnée par le compositeur Dimitar Bodurov, grande actrice au talent complet, McFadden, grâce au chant, à la parole et l’usage interactif très ingénieux de la vidéo, elle fait évoluer en une grande heure de façon très passionnelle et poignante son héroïne au destin si singulier.

    La musique du pianiste de jazz bulgare Dimitar Bodurov, très influencée par un discours de musical à la Steven Sondheim, rythme parfaitement au piano et par quelques effets électroniques la progression dramatique de cette fascinante pièce de théâtre musical.




    01/06/2012, Koninklijk Theater Carré
    C(h)oeurs chorégraphie d’Alain Platel par les Ballets C. de la B. et le Teatro Real de Madrid
    Musique : Giuseppe Verdi (1813 -1901) et Richard Wagner (1813 – 1883).
    Orquestra Sinfónica de Madrid direction Marc Piollet
    Coro Intermezzo, préparé par Andrés Máspero
    Décors Alain Platel
    Costumes Dorine Demuynck
    Dansé par : Bérangère Bodin, Daisy Ransom Phillips, Ido Batash, Julina Neves, Lisi Estertas, Quan Bui Ngov, Roamin Guion, Romeu Runa, Rosalba Torres Guerrero, Serge Aimé Coulibaly.
    Production du Teatro Real de Madrid
    Création néerlandaise

    2/06/2012 Theater Bellevue (Lilith)
    Lilith
    Livret de Carola Luther
    Claron McFadden, soprano : concept, direction artistique et chant
    Dimitar Bodurov : musique, piano et musique électronique
    Jeroen Willems, acteur
    Frans Weisz : vidéo
    Création mondiale




    Le 02/06/2012
    Olivier BRUNEL




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