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CHRONIQUES
24 mai 2018

Les garçons tiennent la barre

Institution du paysage culturel suisse, le Prix de Lausanne vient de tenir sa semaine annuelle de compétition, de pédagogie et d'orientation des concurrents. Ce millésime 2013 demeurera marqué par le nombre d'hommes en finale ainsi que par le nombre de distinctions qu'ils ont obtenues.
 

Le 02/02/2013
Vincent LE BARON
 



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  • Le Prix de Lausanne conserve sa réputation internationale grâce à un travail minutieux et incessant de réinvention. Il connaît cette année un renouvellement de sa direction artistique en la personne d'Amanda Bennet. Le Président du Jury, Frank Andersen, ancien directeur du Ballet Royal du Danemark, affirme apprécier cette responsabilité car il ne s'agit pas pour les danseurs de gagner de l'argent mais de parfaire leur formation ou de s'engager dans la vie professionnelle à travers une bourse.

    Deux cents cinquante jeunes de 15 à 19 ans ont donc concouru et environ quatre-vingts ont traversé cette semaine à Lausanne. À l'heure de la téléréalité et de la mise en images de la compétition et de sa cruauté, le Prix apparaît comme une célébration œcuménique de l'apprentissage de la danse. 23 nationalités échangent et se mesurent avec pour objectif de bénéficier de distinctions mais également d'un maximum de corrections provenant de danseurs ou directeurs qui prodiguent généreusement leurs conseils.

    Des présélections au palmarès de la finale, la prépondérance de très bons concurrents masculins est frappante. D'aucuns cherchent à l'expliquer par l'aisance accrue des garçons dans les variations contemporaines, il est surtout notable que la fréquentation des écoles de danse devient désormais plus équilibrée.

    Une évolution assez rapide également : de plus en plus de danseurs viennent d'Amérique (du Sud comme du Nord) alors que la part des pays de l'Est a considérablement diminué. Ceci s'explique notamment parce que ces derniers sont mieux rémunérés dans leur pays et que le Prix a intelligemment su décentraliser ses présélections vers l'Amérique du Sud notamment. Beth Krasna, Présidente du Prix, a d'ailleurs annoncé en vue de l'édition prochaine des auditions à Dresde afin de solliciter plus de candidatures dans cette partie de l'Europe.

    La finale voit chacun des 20 danseurs sélectionnés exécuter une variation classique puis une variation contemporaine. Le choix pour la première a été accru, offrant une plus grande diversité pour le public d'ailleurs nombreux toute cette semaine. Au baromètre de la popularité parmi les concurrents, Swanilda de Coppélia et Basilio de Don Quichotte remportent la mise.

    Pour l'exécution, la brésilienne Leticia Domingues s'avère la plus espiègle et la plus affirmée techniquement. Chez les garçons, Wentao Li, Prince Désiré de la Belle au bois dormant et Jinhao Zhang, Basilio de Don Quichotte impressionnent de leur haute stature par leur sérénité. Un potentiel indéniable de danseur noble pour chacun d'entre eux.

    Le Prix de Lausanne renouvelle régulièrement les chorégraphes qui mettent généreusement à disposition variation et répétiteurs. Les extraits proposés par Didy Veldman s'avèrent soporifiques à la longue. En revanche, le travail très distinct de Jorma Elo et de Goyo Montero permet aux jeunes danseurs de s'affirmer et de faire la différence.

    Le style et la technique propres à Elo s'avèrent particulièrement sélectif mais également valorisant. Goyo Montero a pris le temps de coacher lui-même les danseurs, expérience qui pour bon nombre d'entre eux revêtait tout d'une première.

    À peine la finale achevée et les bourses attribuées, une forme de marché informel se déroule sur la scène si pentue de Beaulieu. Les adresses emails sont échangées, des rendez-vous sont pris avec les écoles ou les compagnies. Lausanne concilie merveilleusement son aspect spectaculaire et ses vertus professionnalisantes, à l'image du souhait de ses fondateurs aujourd'hui disparus.




    Finale du Prix de Lausanne 2013
    41e édition
    Samedi 2 février 2013
    Théâtre de Beaulieu, Lausanne




    Le 02/02/2013
    Vincent LE BARON




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