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CHRONIQUES
18 novembre 2018

Opéra de Paris 2013-2014 :
Richesse et diversité

Révélée par son site Internet, la prochaine saison de l’Opéra de Paris propose une programmation chargée et riche, à dominante italienne, avec des nouvelles productions de Robert Carsen, Olivier Py, Benoît Jacquot, Bob Wilson, Nikolaus Lehnhoff, Laurent Pelly et quelques belles distributions proposant certains des plus grands noms du chant actuel.
 

Le 28/02/2013
Gérard MANNONI
 



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  • Débarrassé de la pesante Tétralogie qui a occulté une partie de la saison 2012-2013, l’Opéra de Paris propose pour la saison prochaine une belle série d’ouvrages dont certains peu entendus ici, avec foison de metteurs en scène de première grandeur et de chanteurs vedettes.

    Trois jours après la reprise de la production Serban de Lucia di Lammermoor qui ouvrira la saison avec Patrizia Ciofi, Vittorio Grigolo et Ludovic Tézier, spectacle phare pour l’Alceste de Gluck que mettra en scène Olivier Py avec Roberto Alagna et Sophie Koch dans les rôles principaux. Marc Minkowski sera au pupitre des Musiciens du Louvre, rencontre a priori intéressante entre le grand ténor français et le monde baroque.

    Suivra l’Affaire Makropoulos de Janáček dans la production Warlikowski étrennée sous l’ère Mortier, avant le retour d’Aïda, pas vue à l’Opéra depuis un demi-siècle au moins et que mettra en scène Olivier Py sous la baguette de Philippe Jordan. Deux Aïda, l’Ukrainienne Oksana Dika et la Vénézuélienne Lucrezia Garcia alterneront avec deux Radames, Marcello Alvarez et Robert Dean Smith, qui sera plus tard aussi Tristan.

    Così fan tutte sera présent dans la mise en scène de Toffolutti, avant une nouvelle production d’Elektra que réalisera Robert Carsen avec Iréne Theorin dans le rôle-titre, Waltraud Meier en Clytemnestre et Ricarda Merbeth en Chrysothémis. Philippe Jordan sera au pupitre.

    C’est à Laurent Pelly qu’a été confiée la nouvelle production des Puritains de Bellini. Pourra-t-il y déployer son humour décalé habituel ? Deux reprises ensuite, celle de La Clemenza di Tito dans la mise en scène de Willy Decker et celle de Werther dans la magnifique production de Benoît Jacquot avec cette fois Roberto Alagna et Karine Deshayes, Jean-François Lapointe chantant Albert.

    Alcina dans la mise en scène de Carsen précèdera une autre nouvelle production, celle d’une œuvre jamais donnée à Paris, La Fanciulla del West de Puccini dont Nina Stemme sera l’héroïne dans une mise en scène de Nikolaus Lehnhoff. Ce sera sans conteste l’un des évènements majeurs de la saison

    Reprise de Madame Butterfly dans la mise en scène de Bob Wilson avant une nouvelle Flûte enchantée de plus, confiée à Robert Carsen. L’Opéra en possédait déjà deux. En fallait-il vraiment une troisième ? On est en droit de s’interroger…

    La énième reprise de la Bohème dans la production Miller pourra s’enorgueillir de la présence de deux stars, Angela Gheorghiu et Piotr Beczala pour cinq des seize représentations. Toujours l’Italie avec la reprise de la version Serban de l’Italienne à Alger, puis Wagner quand même, et le Tristan et Isolde très personnel signé Peter Sellars-Bill Viola où l’on retrouvera Robert Dean Smith en Tristan face à l’Isolde de Violeta Urmana sous la baguette de Philippe Jordan.

    Encore une production Carsen avec I Capuleti de Bellini et nouvelle Traviata confiée à Benoît Jacquot avec Diana Damrau en vedette. Dernière nouvelle production et dernier spectacle de la saison, L’Incoronazione di Poppea de Monteverdi a été confiée à Bob Wilson.

    Comment ne pas remarquer que la plupart des metteurs en scène affichés le sont deux fois, voire quatre dans le cas de Robert Carsen, avec reprises et créations ? Pas de découvertes donc, mais une politique jouant la sécurité, peut-être en raison des fiascos à répétition des saisons passées.

    Il sera intéressant et significatif de voir comment public et critique réagiront en terre connue après avoir si souvent et si violemment protesté ces derniers temps face à des spectacles dont la prétendue hardiesse n’était en fait que méconnaissance musicale et souvent amateurisme dissimulés sous une provocation à la mode. En tout cas, titres et voix devraient à eux seuls attirer les foules.

    Sur les huit concerts de l’orchestre affichés d’octobre à juin, quatre seront dirigés par Philippe Jordan et un marquera le retour d’Alain Lombard dans un programme regroupant Intégrales de Varèse, la suite de Roméo et Juliette de Prokofiev et la Quatrième Symphonie de Tchaïkovski. Les trois autres concerts seront dirigés par Matthias Pintscher, Jeffrey Tate et Lionel Bringuier.

    Sagesse de la programmation danse

    Côté danse, c’est une grande sagesse qui domine avec une grosse majorité de reprises. On reverra la Dame aux Camélias de John Neumeier, Glacial Decoy de Trisha Brown et Doux mensonge de Kylián avec l’une des deux créations de l’année demandée à Saburo Teshigawara. Pour les fêtes, Belle au bois dormant de Noureev à Bastille et le Parc de Preljocaj à Garnier, occasion des magnifiques démonstrations stylistiques qui restent l’apanage de la compagnie.

    Avec une chorégraphie d’Alexei Ratmanski sur les Illusions perdues de Balzac, le Bolchoï sera la compagnie invitée de la saison. Onéguine de Cranko précédera deux très intéressantes reprises, celles de Mademoiselle Julie de Birgit Cullberg et du très fort Fall River Legend d’Agnès de Mille.

    Spectacles de l’École de Danse puis des Jeunes danseurs, reprise du sublime Orphée et Eurydice de Pina Bausch précéderont la deuxième création de l’année, celle de Daphnis et Chloé de Ravel signée par Benjamin Millepied, futur directeur de la compagnie, qui subira bravement cette épreuve du feu, même s’il a déjà signé deux ballets ici. Sa future position ne lui permettra aucun faux-pas. Au même programme, reprise du Palais de cristal de Balanchine dans des costumes de Christian Lacroix.

    On retrouvera Ratmanski avec la reprise de son Psyché, couplé avec Dances at a Gathering de Robbins, puis Notre-Dame de Paris, l’un des chefs-d’œuvre de Roland Petit, sera le dernier grand spectacle 2013-1014, avant que la saison ne se termine par un hommage à la grande Étoile Nicolas Le Riche dont ce seront les adieux.

    Une belle saison, que certains jugeront peut-être plus timide que celle du lyrique, mais qui joue habilement de l’alternance classique-contemporain, signature de Brigitte Lefèvre dont c’est la dernière programmation, puisqu’elle cédera la place à Benjamin Millepied pour la saison 2014-2015. Intelligente initiative en tout cas que celle de puiser dans les grandes œuvres du riche répertoire bâti ces dernières années et que l’on reverra avec autant de plaisir que celui que la nouvelle génération de danseurs et d’Étoiles mettra à se les approprier.




    Le 28/02/2013
    Gérard MANNONI




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