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CHRONIQUES
16 octobre 2018

Verbier 2013 (4) :
Les vingt bougies du festival

© Aline Paley

Plus de 30 artistes, 1700 spectateurs réunis dans la salle des Combins, plus 400 dans le cinéma de Verbier, sans compter les innombrables spectateurs virtuels grâce à la diffusion en direct et en différé sur le site Medici-TV, ont fêté lors d’un concert exceptionnel avec son fondateur Martin Engstroem le vingtième anniversaire du Verbier Festival créé en 1994.
 

Le 30/07/2013
Olivier BRUNEL
 



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  • Le programme aura été gardé secret jusqu’au dernier moment et dévoilé au fur et à mesure de la soirée par les deux présentateurs, Laurence Ferrari et Thomas Quasthoff, sur la grande scène de la salle des Combins, pas très festive avec ses tentures de fond noir que rehaussaient çà et là de couleurs pales quelques décorations florales.

    L’enthousiasme a-t-il été à la hauteur de l’événement fêté ? Pas entièrement, ni sur le plan festif, ni sur le plan musical. Peut-être toute la tension accumulée pour la préparation très minutieuse de cette soirée qui demandait une organisation bétonnée en a-t-elle tué en partie la spontanéité ?

    Bien coordonnée, la première partie offre le meilleur de la musique dont Verbier est capable, celui qui consiste à réunir des interprètes d’exception pour faire dans des conditions optimales de la musique de chambre ou des projets artistiques exceptionnels, rarement joués par des artistes de si haut niveau professionnel.

    Ainsi, de cette première partie resteront dans les mémoires ces quelques minutes de musique klezmer par le fantastique instrumentiste et musicien suédois Martin Fröst à la clarinette entouré du non moins fabuleux Verbier Festival Chamber Orchestra dirigé par Gábor Takács-Nagy, certainement vainqueur à l’applaudimètre pour la soirée.

    Témoins aussi de la volonté de diversité du festival, la présence du pianiste de jazz Monty Alexander pour une ébouriffante improvisation sur le thème Happy Birthday, et échappé le temps d’une chanson d’un concert qu’il donnait en même temps à l’Église, la pop star américaine Rufus Wainwright, avec un de ses récents tubes, The Art Teacher.

    Quelques moments musicaux à un niveau céleste marquent la première partie, comme l’Andante du Premier Trio de Schubert joué en apesanteur par Evgeny Kissin, Renaud et Gautier Capuçon. Célestes aussi, la Dumka du Deuxième Quintette avec piano de Dvořák par les membres du Quatuor Ebène et Menahem Pressler, puis celui de Schumann avec au piano Emmanuel Ax (qui avait pour tourneur de pages rien moins qu’un Alfred Brendel malicieux, clin d’œil hélas resté unique dans la soirée).

    Pour meubler la seconde partie et utiliser la trentaine de musiciens réunis pour la soirée, nombre peut-être trop élevé si l’on compare avec la dizaine qui avait suffi à faire un moment inoubliable du concert du dixième anniversaire (comme en témoigne encore le DVD), l’idée retenue fut de faire jouer les 24 Préludes de Chopin dans une transcription musicalement très contestable de Dmitry Sitkovetsky (fils de la pianiste Bella Davidovich) consistant à faire jouer le chant de la main droite de chacun par des instruments à cordes, le pianiste étant cantonné à l’accompagnement de main gauche, les préludes les plus virtuoses étant joués par les seuls pianistes.

    Sur la scène coupée en deux alternent tels des numéros bien distincts ces vingt-quatre joyaux avec forcément un petit laps de temps entre chacun. Par malheur, le matin même, Daniil Trifonov avait à l’Église fait la démonstration de ce qu’est l’urgence d’enchaînement de ces préludes et comment chacun nourrit harmoniquement et dramatiquement celui qui le suit. Le tout s’est achevé par une distribution de Champagne sur scène tandis que les spectateurs un peu exclus de la fête se frayaient doucement un chemin vers l’extérieur.

    Heureusement le lendemain, en dépit de la défection d’Esa-Pekka Salonen pour diriger la Troisième Symphonie de Mahler, on a pu vivre un moment exceptionnel avec un Verbier Festival Orchestra en état de grâce sous la direction d’Andrés Orozco-Estrada. Ce jeune chef colombien déjà bien lancé dans les circuits internationaux, a soulevé cet orchestre de jeunes à un niveau qui pourrait faire rougir de honte bien des orchestres institutionnels.

    On n’est pas prêt d’oublier la tenue et le poids sonore du très long premier mouvement Kräftig, entchieden, la prise de risque immense d’avoir dirigé avec une lenteur presque insoutenable le dernier Langsam. On souhaiterait entendre plus souvent des cordes aussi soyeuses et des pupitres de vents aussi doués et disciplinés que ceux entendus pendant les près de deux heures de ce monument symphonique.

    Superlative aussi, la partie vocale assurée par le mezzo-soprano finlandais Lilli Paasikivi dont le O Mensch ! résonne encore comme la plainte inassouvie de Zarathoustra longtemps après le concert. Magnifique également, la partie chorale avec les participants de quatre chœurs magnifiquement préparés.




    Mendelssohn, Schubert, Dvořák, Chostakovitch, Schumann, Auerbach, Prokofiev, Chopin, Danse klezmer
    Artistes du Verbier Festival 2013

    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 3 en ré mineur
    Verbier Festival Orchestra
    direction : Andrés Orozco-Estrada

    Salle des Combins, Verbier, les 28 et 29 juillet 2013




    Le 30/07/2013
    Olivier BRUNEL




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