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CHRONIQUES
20 novembre 2018

Ouverture contrastée au Met
© Ken Howard

Outre, en ouverture de saison, un Eugène Onéguine qui avait a priori tout pour justifier qu’on traverse l’Atlantique, la prestigieuse scène américaine affiche en alternance une reprise du Nez dans l’étourdissante production Kentridge, ainsi que Norma et le Songe de Britten, mais aussi et surtout un Così marquant le come back de James Levine.
 

Le 20/10/2013
Monique BARICHELLA
 



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  • Le nouvel Onéguine du Met, événement incontournable de la saison 2013-2014, promettait une soirée exaltante tant au niveau du plateau que de la fosse. La déception n’en est que plus forte. À qui la faute si la mayonnaise n’a pas pris ? D’abord à la mise en scène signée Deborah Warner mais réalisée sans elle. On avait découvert cette production lors de sa création à Londres en novembre 2011.

    L’élégance plutôt conventionnelle, le raffinement et l’idiomatisme pouchkinien de ces tableaux vivants dignes du Musée russe de Saint-Pétersbourg avaient du charme et une beauté séduisante à l’English National Opera. Pour le Met, Warner devait affiner sa copie, la rendre plus forte. Hélas, sa santé l’a contrainte à déléguer cette reprise à son égérie et complice, l’immense comédienne Fiona Shaw.

    Seulement, prise par ses engagements antérieurs, l’actrice n’a finalement passé que quelques heures sur le plateau du Met, d’où une direction d’acteurs superficielle et, surtout, totalement inadaptée à la personnalité d’Anna Netrebko, luttant contre cette Tatiana trop timorée et fagotée comme une vieille fille. Engoncée dans une robe de bal conçue pour une autre silhouette, la pulpeuse soprano apparaît trop épanouie, plantureuse et mûre pour le personnage.

    En outre, alors que sa prise de rôle à Vienne en avril dans une production pourtant ancienne avait suscité l’enthousiasme, on n’est pas convaincu que le rôle convienne idéalement à ses moyens vocaux, resplendissants ailleurs. Tatiana ne met pas vraiment en valeur l’opulence de son timbre charnu aux aigus glorieux.

    Du reste, on doit rétrospectivement lui donner raison lorsqu’elle déclarait penser que la tessiture de Tatiana était trop grave pour elle, même si sa voix a acquis récemment une ampleur inattendue, mieux adaptée à Lisa de la Dame de pique. Il n’est pas certain non plus que Mariusz Kwiecien, impeccable mais impersonnel, sans prestance, soit l’Onéguine qui lui permette de donner le meilleur d’elle-même.

    Seul le Lenski stylé et nuancé mais peu émouvant de Piotr Beczala tiendrait ses promesses. Enfin, une Filippievna de luxe (Larissa Diadkova) ne remplace pas un Grémine pâle et engorgé (Alexei Tanovitski). Si Gergiev est égal à lui-même à la tête d’un orchestre superbe, on reste frustrés par rapport à nos attentes.

    Heureusement, le Met demeure fidèle à sa réputation : il s’y passe toujours quelque chose ! Ainsi de l’épatante reprise du Nez de Chostakovitch dans la production virtuose et même géniale de William Kentridge, déjà appréciée à Aix et Lyon. On y retrouve un Gergiev à son sommet obtenant des prodiges d’un orchestre époustouflant, mais aussi l’inégalable Kovaliov de Paulo Szot, qui confère à ce personnage falot un relief et une formidable dimension humaine et même pathétique. Parmi les soixante rôles, tous tenus à la perfection, le Gendarme désormais anthologique d’Andrei Popov.

    En hommage à Britten, autre belle reprise du Songe d’une nuit d’été, dans une excellente production de Tim Albery dirigée avec délicatesse et vivacité par James Conlon, absent du Met depuis plusieurs saisons. Un retour remarqué bénéficiant d’une équipe vocale de tout premier ordre, aussi jeune que dynamique.

    Pour sa première Norma in loco, Sandra Radvanovski a bénéficié d’un accueil délirant, la critique la situant rien moins que dans la lignée des Ponselle, Milanov, Callas, Sutherland ou Caballé qui l’ont précédée au Met. On sera nettement plus mesuré, car après la leçon de bel canto délivrée par Bartoli à Salzbourg, difficile d’être transportés : si l’on admire une mezza voce maîtrisée à la perfection, les aigus sont aussi généreux que stridents.

    Last but not least, on saluera le retour sous les acclamations de James Levine dans la fosse de son théâtre. Un Levine certes en fauteuil roulant après les graves problèmes de dos qui l’ont tenu éloigné du pupitre pendant deux ans, mais qui a d’évidence retrouvé énergie et enthousiasme pour un Così étonnant de fraîcheur et de vitalité débordante. Un vrai bonheur mozartien.




    Le 20/10/2013
    Monique BARICHELLA




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