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CHRONIQUES
20 octobre 2018

Soirées de rêve au ballet de l’Opéra
© Sébastien Mathé

Spectacles de fin d’année superlatifs au Ballet de l’Opéra. Avant d’accueillir la compagnie du Bolchoï de Moscou, le Palais Garnier achevait une splendide série du Parc de Preljocaj et l’Opéra Bastille mettait un point final brillantissime à une mémorable suite de Belle au bois dormant. Étoiles en tous genres ont illuminé les fêtes et lancé l’année 2014.
 

Le 03/01/2014
Gérard MANNONI
 



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  • Il y eut d’abord cette mémorable soirée où Alice Renavand fut nommée Étoile, à l’issue de sa prise de rôle dans le Parc d’Angelin Preljocaj. Nomination attendue, méritée, pour cette ballerine à la personnalité bien à elle, aussi grande technicienne qu’interprète inspirée du répertoire contemporain et classique.

    Si elle s’est beaucoup distinguée dans les ballets de Pina Bausch, de Trisha Brown, Jiri Kylian, Mats Ek, Robyn Orlin, Angelin Preljocaj, Wayne McGregor ou Sidi Larbi Cherkaoui notamment, elle sera aussi la Kitri du Don Quichotte de Noureev lors de la prochaine tournée de la compagnie au Japon et a dansé maints néo-classiques et classiques de premier plan.

    Une Étoile pas comme les autres, stimulante, toujours intéressante, de celles dont on guette les apparitions car elle apporte une dimension et une vie spéciales à tout ce qu’elle aborde. Elle avait ce soir-là pour partenaire Stéphane Bullion, toujours irréprochable et aussi à l’aise dans l’univers de ce XVIIIe siècle à l’heure de la carte du Tendre que dans les princes de contes de fées.

    Ce que la compagnie a aussi démontré au cours de ces spectacles est la tenue inchangée de son niveau en tous domaines. Le meilleur exemple en a été cette double prise de rôle prise de rôle lors de l’avant dernière soirée de la Belle au bois dormant.

    Nul ne s’étonna de trouver en Vincent Chaillet un Prince Désiré de grande allure. Premier Danseur, Chaillet est l’une des valeurs les plus sûres des moins de trente ans, future Étoile certainement. On connaît la force de sa technique, servie par un physique de grand, une danse large, avec des jambes incroyables et une manière irrésistible d’occuper le plateau et de galvaniser l’attention dès qu’il entre en scène. Impressionnant de précision dans la grande variation du deuxième acte, il fut tout aussi fascinant dans le pas de deux du mariage, chef d’œuvre de la rigueur classique, avec un manège époustouflant d’énergie et d’éclat.

    Mais quelle autre compagnie peut présenter un Sujet comme mademoiselle Aurélia Bellet dans un rôle aussi écrasant que celui de la Princesse Aurore avec une telle qualité de réussite ? Elle sait tout faire, avec bravoure et finesse, composant un personnage intelligent, bien dosé, bien structuré.

    Quand l’un et l’autre auront dansé ces rôles plusieurs fois, ils seront aussi accomplis que les habituels titulaires et c’est le rôle d’une direction bien pensée que de lancer des artistes de ce type dans des aventures aussi passionnantes pour le public et aussi formatrices pour eux. Distribution excellente dans on ensemble avec notamment un remarquable Oiseau bleu incarné avec vélocité et charme par Axel Ibot.

    Mais la veille au soir, nous étions quand même un peu sur une autre planète avec les deux Étoiles invitées, en l’occurrence la russe Svetlana Zakharova et l’Américain David Hallberg, danseurs parmi les meilleurs au monde, au sommet de leur carrière et ayant une longue pratique de ce ballet, qu’ils ont notamment dansé ensemble pour la réouverture du Bolchoï.

    Hallberg est le premier américain à être Danseur Principal de la compagnie du Bolchoï, avec laquelle il va d’ailleurs danser les Illusions perdues de Ratmansky au Palais Garnier dans les jours qui viennent. Morphologie fine et fluide, très belle technique, il a ébloui dans la grande variation du deuxième acte, par son élégance, son raffinement, sa poésie, son aisance. La très grande classe, confirmée par la suite, même si le manège du pas de deux du mariage ne fit pas oublier ceux de Noureev, de Manuel Legris ou de Laurent Hilaire notamment. Mais c’est un interprète attachant, personnel, travaillant plus dans la subtilité que dans la force, avec une aura indiscutable.

    De Svetlana Zakharova, on ne peut que redire la perfection de sa danse, de son style, de sa ligne, jambes sublimes, pieds magnifiques, bras toujours expressifs, mains aussi, une sorte d’idéal de la danse classique, avec un art des ralentis, des respirations, tout en onctuosité, en précision, en élégance, aussi. Difficile d’imaginer mieux, sauf peut-être avec un physique plus petite jeune fille à la Pontois ou la Kolpakova, deux références incontournables.

    Ces deux stars étaient entourées par une distribution des grands soirs, avec une impressionnante Carabosse de Stéphanie Romberg et un Oiseau bleu magistral, ovationné, du nouveau premier danseur François Allu. Mais il serait injuste de ne pas louer aussi le travail des maîtres de ballets Lionel Delanoé et Clotilde Vayer, des assistants Fabrice Bourgeois, Viviane Descoutures et Béatrice Martel et des Étoiles Florence Clerc et Agnès Letestu.

    C’est grâce à eux, à leur expérience et à leur générosité, que l’Opéra de Paris arrive à monter des spectacles aussi énormes et aussi somptueux, que le monde entier nous envie.




    Le 03/01/2014
    Gérard MANNONI




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