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CHRONIQUES
26 septembre 2018

Georges Prêtre, l’ami des Viennois

« C’était un grand chef d’orchestre, un excellent musicien, un homme généreux. Je viens de perdre un ami. Je suis triste. » C’est ainsi qu’un autre grand chef français, Alain Lombard, a tenu à exprimer sa tristesse à l’annonce hier du décès de Georges Prêtre, ce collègue de 92 ans qu’il connaissait bien et estimait beaucoup.
 

Le 05/01/2017
Gérard MANNONI
 



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    à un ami

  • Georges Prêtre est l’exemple type du grand musicien français que la France pleure abondamment sans avoir jamais su lui offrir de son vivant un poste à la hauteur de son talent et de sa réputation, même si, de ses débuts, après la guerre, jusqu’en 1963, il collabora épisodiquement avec les opéras de Marseille, Lille, Toulouse, avec l’Opéra-Comique où il créa notamment la Voix humaine de Francis Poulenc et avec le Palais Garnier.

    Chef associé de l’Orchestre Philharmonique de Londres en 1962, il devient en 1986 premier chef invité de l’Orchestre Symphonique de Vienne, poste qu’il gardera jusqu’en 1991 avant d’en devenir titulaire honoraire à vie. S’il fut invité par l’Orchestre philharmonique de Vienne à diriger deux fois le Concert du Nouvel An, en 2008 et 2010, et quelques concerts au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, il ne fut jamais le chef permanent de cette illustre formation qui n’en a d’ailleurs pas, contrairement à ce que radios et presse écrite ont annoncé partout ce matin. C’est bien au Symphonique de Vienne et non au Philharmonique qu’il était attaché.

    Il restera comme un grand chef notamment lyrique, associé à l’œuvre de Francis Poulenc dont il défendit et fit connaître l’œuvre, mais il dirigea aussi la plupart des grands orchestres du monde et dans les plus grands théâtres lyriques. C’est lui qui dirigea le concert d’inauguration de l’Opéra Bastille en juillet 1989 et qui accompagna la fin de la carrière de Maria Callas, au concert comme au disque. Il dirigea aussi la création à Vienne de l’Opéra d’Aran de Gilbert Bécaud et créa aussi la Quatrième Symphonie de Marcel Landowski en 1988.

    Né près de Douai en 1924, il travailla d’abord la trompette au Conservatoire national supérieur de Paris où il remporta un Premier prix, pratiqua le jazz mais se tourna ensuite vers la direction, sous la houlette notamment d’André Cluytens et encouragé par Olivier Messiaen. Chef énergique et athlétique, il pratiquait judo et karaté, s’amusant de ce que sa carrure l’aidât à s’imposer aux musiciens difficiles, sans qu’il ait besoin pourtant de se servir de ses connaissances en arts martiaux. Il a dominé un très vaste répertoire de toutes époques et son nom restera pour beaucoup associé à celui de Maria Callas, comme en témoignent plusieurs enregistrements majeurs qui permirent à la cantatrice de briller au mieux de ses derniers feux.

    Il restera comme le symbole de ces grandes personnalités musicales ou chorégraphiques françaises à qui leur propre pays ne fut jamais capable de proposer un poste fixe correspondant à leur prestige, alors que maints pays les accueillirent comme ils le méritaient.




    Le 05/01/2017
    Gérard MANNONI




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