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CHRONIQUES
12 décembre 2018

Classe d’excellence chez Vuitton
© Michael Tammaro

Ouverte il y a plus de deux ans, la Fondation Louis Vuitton dans le bâtiment de Frank Gehry développe en plus d’expositions temporaires devenues les plus impressionnantes de Paris un programme musical se démarquant des autres salles et apportant une véritable plus-value pour la capitale, à l’image des classes d’excellence de Gautier Capuçon.
 

Le 07/01/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Proposées sur six sessions de deux jours tout au long de la saison, les classes d’excellence de violoncelle de Gautier Capuçon sont reconduites pour la troisième fois consécutive depuis l’ouverture de la Fondation Louis Vuitton dans le bâtiment attenant au Jardin d’acclimatation.

    Ce 07 janvier 2017, nous assistons à deux heures de masterclasses le matin, avant de suivre des cours de violoncelle dans l’après-midi puis de clore par un concert dans lequel interviennent l’un après l’autre les six lauréats de la promotion de la saison, tous accompagnés par l’excellent pianiste Samuel Parent, attentif et capable de reprendre à n’importe quel moment la partition selon les besoins de la journée. La jeune Laura Szabo, hongroise, 23 ans, entre en scène et montre déjà une véritable maîtrise de son instrument dans un Finale du concerto de Dvořák (avec piano en guise d’orchestre) aux accords encore parfois accrocheurs mais aux sonorités déjà pleines de vie, surtout dans la raucité des deux cordes les plus graves.

    Une fois le mouvement joué en entier, Gautier Capuçon la rejoint sur l’estrade, apprêté et coiffé comme un professeur sachant que ses cours sont aussi filmés, pour Medici.tv. Il va reprendre avec la jeune fille environ cinq parties, montrant parfois l’exemple sur son Gofriller 1701, dont la sonorité affiche un diapason différent de l’instrument plus élémentaire de l’élève. Il intéresse particulièrement par ses conseils de tenue, comme le maintien de l’épaule pour le bras portant l’archet, ou par le discours à proposer dans l’œuvre du Tchèque, amoureux de sa belle-sœur au moment de la composition, ce détail pouvant avoir un impact sur l’interprétation de certains thèmes.

    Le second lauréat à entrer dans la matinée est Sol Daniel Kim, 25 ans, autrichien, s’étant déjà produit au Konzerthaus de Vienne ou au Musikverein de Graz. Il aborde l’Allegro vivace introductif de la Sonate n° 2 de Brahms, avec un manque de chaleur et d’émotivité évidentes, quelques écarts de notes et une tendance à jouer soit sur le bois de l’archet, soit trop proche du chevalet. Bien entendu nous faisons ici les difficiles en attente de mieux, mais la prestation est évidemment tout de même d’un très bon niveau pour un si jeune homme. Là, les conseils de Gautier Capuçon seront de plus garder la ligne et de plus développer le son, tout en accordant que la projection est déjà très convaincante.

    À peine commencée mais déjà terminée, la leçon s’achève et nous laisse le loisir de profiter de la magnifique exposition Chtchoukine, mêlant un nombre de chefs-d’œuvre hallucinant, la plupart exposés habituellement à Moscou, allant de l’Homme à la pipe de Cézanne aux Poissons Rouges de Matisse en passant par les peintres russes du début XXe, Klioune, Popova et Malevitch en tête.

    Puis le concert du soir débute à l’auditorium avec les six lauréats de la saison, d’abord avec une magnifique sonate de Debussy jouée sur des pizzicati particulièrement jazzy par un canadien de 21 ans, Cameron Crozman. S’enchaînent les difficiles deuxième et troisième mouvement du concerto de Schumann interprétés par l’Américaine de 20 ans Sophia Bacelar, avant que la belle Lettone Margarita Balanas porte du haut de ses 23 ans une impressionnante sonate de Ligeti, dans laquelle on reconnaît déjà une superbe maîtrise, tant dans la dextérité que dans la gestion des ruptures ou la mise en avant des thèmes hongrois intégrant la partition.

    Le Roumain Cornelius Zirbo, à seulement 18 ans, interprète ensuite un Finale du concerto d’Elgar encore trop scolaire et sans grande émotion, mais avec une dynamique suffisamment efficace pour amener le jeu du pianiste Samuel Parent à évoluer avec le sien. Puis reviennent les deux élèves du matin dans les mêmes œuvres qu’auparavant, déjà plus à l’aise et avec un son légèrement différent, montrant leur qualité d’écoute et d’adaptation par rapport aux conseils du maître, moins par rapport au piano auquel ils ne portent que trop rarement d’attention, à l’instar de nombreux solistes du circuit international face aux chefs et orchestres les accompagnant.

    Regrettons simplement que Gautier Capuçon n’ait clôturé lui-même cette session par quelques minutes d’une dernière œuvre ou d’une pièce déjà jouée, afin de montrer non seulement l’exemple, mais aussi sa légitimité à ne pas être juste de bon conseil mais également supérieur aux jeunes artistes ici présents.




    Classe d’excellence puis concerts avec des œuvres de Brahms, Schumann, Dvořák, Debussy, Elgar et Ligeti par six lauréats de la Fondation Louis Vuitton

    Margarita Balanas, lauréat
    Sophia Bacelar, lauréat
    Cameron Crozman, lauréat
    Sol Daniel Kim, lauréat
    Laura Szabo, lauréat
    Cornelius Zirbo, lauréat
    Samuel Parent, piano
    Gautier Capuçon, professeur & violoncelle




    Le 07/01/2017
    Vincent GUILLEMIN




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