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CRITIQUES DE CONCERTS |
01 novembre 2024 |
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Concert russe avec l'Orchestre Philharmonique de Saint Petersbourg dirigé par Nikolai Alexeiev.
Un Rossignol qui prend l'eau
Un chef russe, un prestigieux orchestre d'une capitale des Tsars, des compositeurs nés sous le ciel de Pouchkine. Les meilleures conditions semblaient réunies pour ce concert de dimanche 30 septembre, salle Pleyel. Mais à trop porter leur naissance en étendard, il arrive que des chefs se râpent la baguette quand un compositeur ne joue pas le jeu.
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Complicité artistique
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Hommage au réalisme poétique
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L'année dernière, Nikolai Alexeiev a rejoint Yuri Temirkanov en tant que chef principal de l'Orchestre Philharmonique de saint Petersbourg. Tout aussi emphatique que son aîné, face aux mêmes pupitres et dans un répertoire semblable (russe bien-sûr), il tire de l'Orchestre des sonorités chatoyantes mais étonnamment noyées.
Au programme Prokofiev, Stravinsky et Rimsky-Korsakov. Du premier, L'Ouverture sur un thème Juif est interprétée avec force et vivacité. Des deux autres, Le Chant du Rossignol et Shéhérazade débordent de couleurs subtilement moirées. Mais encore fallait-il que le chef distingue les teintes pour restituer toute la richesse du coloris.
Malgré des bois charnus, des cordes luxuriantes et des cuivres scintillants, les pupitres jouent sur un niveau sonore trop homogène et leurs couleurs se fondent et s'épaississent au lieu de se juxtaposer pour mieux ressortir. Il en résulte une impression de masse alors que la direction est incisive et vigoureuse, le phrasé ample et soutenu.
Qui a déjà entendu un Pierre Boulez dans le Rossignol aurait du mal à reconnaître l'oeuvre ; mais il est vrai que Stravinsky n'est russe que de naissance, rarement de caractère. Ici, l'emphase d'Alexeiev nuit à la finesse de l'écriture qui semble ici littéralement prendre l'eau. Shéhérazade s'en accommode mieux. Sûrement le doit-on au premier violon dont la grâce convainc immédiatement
Nikolai Alexeiev révèle dans ces pages une robustesse peu commune que de nombreux chefs minimisent volontairement par souci de faire ressortir les détails. Mais quand il ne reste qu'une énergie sonore qui jamais ne s'épuise, seul l'auditeur risque le coup de pompe.
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Salle Pleyel, Paris Le 30/09/2001 Pauline GARAUDE |
| Concert russe avec l'Orchestre Philharmonique de Saint Petersbourg dirigé par Nikolai Alexeiev. | Prokofiev : Ouverture sur un thème juif
Stravinsky : Le Chant du Rossignol
Rimsky Korsakov : Shéhérazade | |
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