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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2017

Reprise de l’Or du Rhin de Wagner dans la mise en scène de Willy Decker, sous la direction de Christian Thielemann à la Semperoper de Dresde.

Ring Dresde (2) :
L’Or de l’Elbe

© Matthias Creutziger

Alors qu’un Ring intégral était d’abord prévu cette saison à Dresde, seul Rheingold et Siegfried ont été conservés, après une unique Walkyrie la saison passée et une seconde journée attendue en janvier 2017. Reste alors à profiter de la direction de Christian Thielemann et d’un cast porté par le magnifique Alberich de Tomasz Konieczny.
 

Semperoper, Dresden
Le 15/10/2016
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Apparu pour la première fois il y a quinze ans à la Semperoper, le prologue du Ring selon Willy Decker a gardé de beaux atouts. Ce Rheingold joue sur des jeux de proportions où les dieux se divertissent avec les hommes et leurs édifices, parmi des rangées de sièges prolongeant le parterre sur le plateau, afin d’intégrer le spectateur sur scène autant que permettre à certains intervenants du drame d’être eux-mêmes observateurs.

    Wotan entre portant un temple grec, qu’il pose ensuite sur un décor de montagnes faisant penser au Mont Olympe autant qu’au Walhalla ; image que l’on retrouvera grossie au dernier tableau avec une passerelle pour accéder au monument à taille réelle. Markus Marquardt tient le rôle du roi des Dieu sans excès de pouvoir et manque parfois de carrure vocale, moins à l’aise ici que dans la Walkyrie.

    Restant dans des rapports de grandeurs singuliers, les géants débarquent dans le paysage en gros costumes gris et semblent véritablement surdimensionnés. Georg Zeppenfeld est un beau Fasolt dans le texte, mais semble ne plus posséder la profondeur de graves d’il y a quelques années, tandis que le Fafner d’Ain Anger est mieux projeté et plus jeune de timbre. Auparavant, une lune sortie des rangées de fauteuils puis devenant sphère dorée en perdant son nappage blanc laisse profiter des trois Filles du Rhin.

    Pour émailler ces deux heures vingt de musique apparaissent beaucoup d’autres idées, simples mais efficaces, comme les sièges ondulés surélevés et verdis par la lumière lors de la scène du serpent, ou un Alberich en costume et teinte vert-reptile prévenant déjà de sa future transformation. Habitué du rôle, Tomasz Konieczny était déjà l’Albe noir de Thielemann en 2011 à Vienne ; il devient sur la scène saxonne la pièce maîtresse de la distribution, avec une diction impeccable s’associant à une intelligence pour développer le personnage.

    Des trois ténors, le Froh un peu court en souffle de Daniel Johansson se rattrape par un chant plus impliqué sur la fin. Gerhard Siegel convainc dans un Mime nasal et vil à souhait, tandis que le Dieu du Feu Loge trouve avec Kurt Streit de plus en plus de justesse et de présence à mesure que l’action avance. Chez les femmes, Ann Petersen tient une Freia précise mais trop peu travaillée par la mise en scène, tandis que Christa Mayer apporte une belle justesse à Fricka grâce à sa projection et son médium plein. Enfin, Ronnita Miller fait une trop courte apparition en Erda, laissant espérer sa présence dans la suite de la saga.

    Christian Thielemann approche le drame par une construction symphonique impressionnante, même si moins naturelle que dans Die Walküre. Les magnifiques graves des contrebasses, parfois trop appuyés, comme dans les leitmotive d’Alberich ou des géants, laissent aux altos et premiers violons plus d’évidence et de spontanéité dans le traitement des nuances et des thèmes wagnériens. Des cuivres se dégage le tuba, puissant et bien incorporé au milieu des cors et Tuben, tandis que l’on se délecte aux bois de chaque solo du cor anglais.

    Au retour du motif du Walhalla, la lumière s’éteint et plonge la fosse dans le noir, créant un superbe effet. Dans la pénombre pendant près de trois minutes, jamais une intervention des cors ou trompettes ni le jeu des violons ne seront altérés. Ajoutés à cela quatre magnifiques harpes, le Nibelheim traité lors du premier interlude dans les sons bruts des percussions en arrière-fosse, ou les sonorités de musiciens ayant Wagner dans leur ADN, rend manifeste le fait d’avoir assisté à une très belle soirée.




    Semperoper, Dresden
    Le 15/10/2016
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de l’Or du Rhin de Wagner dans la mise en scène de Willy Decker, sous la direction de Christian Thielemann à la Semperoper de Dresde.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Das Rheingold, prologue au festival scénique Der Ring des Nibelungen (1869)
    Livret du compositeur

    Sächsische Staatskapelle Dresden
    direction : Christian Thielemann
    mise en scène : Willy Decker
    décors : Wolfgang Gussmann
    costumes : Frauke Schernau, Wolfgang Gussmann
    Avec : Markus Marquardt (Wotan), Michael Kraus (Donner), Daniel Johansson (Froh), Kurt Streit (Loge), Tomasz Konieczny (Alberich), Gerhard Siegel (Mime), Georg Zeppenfeld (Fasolt), Ain Anger (Fafner), Christa Mayer (Fricka), Ann Petersen (Freia), Ronnita Miller (Erda), Christiane Kohl (Woglinde), Sabrina Kögel (Wellgunde), Simone Schröder (Flosshilde).

     


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