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CRITIQUES DE CONCERTS |
01 novembre 2024 |
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Concert Sibelius de l’Orchestre National d’Île-de-France sous la direction de Case Scaglione à la Cité de la Musique, Paris.
Plein Nord
Programmé cinq soirs, le concert Grand Nord de l’Orchestre national d’Île-de-France passe par la Cité de la Musique de Paris et met en valeur grâce à Jean Sibelius la chaleur de la formation, sous les mains de son nouveau directeur musical, l’Américain Case Scaglione, tandis que le Concerto pour violon bénéficie aussi de la soliste Simone Lamsma.
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Déjà ces dernières années sous Enrique Mazzola, l’Orchestre national d’Île-de-France ne faisait plus du tout figure de formation secondaire et réussissait même souvent, notamment à la Philharmonie, à montrer une meilleure homogénéité et plus de ferveur que ses homologues parisiens. Le directeur italien étant parti pour de nouveaux horizons états-uniens, c’est avec un jeune chef américain que l’ensemble débute une saison 2019-2020 pleine de promesses.
Ainsi, à moins de dix jours d’un Concerto pour violon peu inspiré à l’Orchestre de Paris, l’œuvre retentit à nouveau, cette fois à la Cité de la Musique, avec plus d’élan et d’expressivité. Les premiers violons dévoilent finement un tapis boréal pour laisser s’exprimer le superbe Stradivarius de 1718 de Simone Lamsma, immédiatement éclairé par l’intervention de la clarinette solo. La soliste recherche ensuite les accords rauques, tout en prenant le temps de développer sa complexe partie, jamais pressée par un chef clair et attentif.
Les roulements de timbales sonnent très en avant, phénomène perceptible aussi (effet de mode ?) chez un chef comme Kirill Petrenko, mais globalement, l’orchestre s’accorde à la soliste par un son plein, avec un tempo lent dès l’Allegro molto, étendu pour l’Allegro di molto, maintenu dans son caractère grave par les contrebasses et un splendide groupe de cors. L’Allegro ma non tanto oblige la violoniste à une concentration totale sur la dextérité de sa partie, sans pour autant délaisser l’atmosphère, contenue dans ses couleurs froides par l’accompagnement.
Moins évident que sous le Philharmonique de Radio France, qui bénéficie pour Sibelius de la tradition nordique de son directeur musical Mikko Franck, la pâte du compositeur finlandais s’avère toutefois particulièrement chaude dès le début du programme, avec une Symphonie n° 5 d’une impressionnante densité aux cordes. Comme beaucoup de jeunes chefs, Case Scaglione s’intéresse pour le moment plus à la gestion des masses qu’à une vision précise et personnelle de l’œuvre, bien qu’il livre déjà une lecture ample de la partition.
La qualité de la préparation de l’ONDIF transparaît tout autant des cordes que des cors déjà cités, mais aussi de la petite harmonie, dont ressort en plus de la clarinette le basson, extrêmement concerné par son solo au premier mouvement, pour un ouvrage évidemment interprété ici dans sa version finale de 1919. Plus complexe mais peut-être encore mieux capté par Scaglione, la Symphonie n° 7 en fin de concert présente la même approche, avec toujours des timbales trop présentes, mais une compacité d’ensemble à même de démontrer à la fois l’exemplarité des musiciens, tout autant que leur parfaite cohésion avec ce chef de 36 ans à suivre de près.
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Cité de la Musique, Paris Le 30/01/2020 Vincent GUILLEMIN |
| Concert Sibelius de l’Orchestre National d’Île-de-France sous la direction de Case Scaglione à la Cité de la Musique, Paris. | Jean Sibelius (1865-1957)
Symphonie n° 5 en mi bémol majeur, op. 82
Concerto pour violon en ré mineur, op. 47
Simone Lamsma, violon
Symphonie n° 7 en ut majeur, op. 105
Orchestre national d'ĂŽle-de-France
direction : Case Scaglione | |
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