












|
 |
CRITIQUES DE CONCERTS |
31 aoűt 2025 |
 |
La production Ă©tait prĂ©vue au Grand Théâtre pour le centenaire de la naissance de Piazzolla en 2021, mais la pandĂ©mie en a voulu autrement. ConfiĂ©e Ă Daniele Finzi Pasca, MarĂa de Buenos Aires dĂ©bute devant un grand mur de tombeaux, reproduction d’un cimetière de la capitale argentine, dont les cloisons s’ouvrent pour laisser des tĂŞtes apparaĂ®tre et le chĹ“ur chanter.
Une fois relevĂ©, le mur laisse plus de place pour les nombreux tangos de l’œuvre, rĂ©gulièrement jouĂ©s et dansĂ©s sans que la voix intervienne, mĂŞme si l’ouvrage dĂ©crit comme tango-operita ressemble bien Ă un opĂ©ra. Très applaudis, les six danseurs-acrobates alternent plusieurs disciplines, dont les cerceaux, Ă commencer par une poĂ©tique danse autour d’un double de MarĂa. En dernière partie, un autre cerceau servira Ă une patineuse Ă s’élever dans le ciel, en forme de montĂ©e au paradis.
PrĂ©sente tout le dernier quart de l’opĂ©ra, la patinoire sert au metteur en scène Ă inclure l’ouvrage dans les couleurs plus froides de la Suisse, dans l’idĂ©e de le rendre plus proche du public, sans jouer la carte facile du soleil d’AmĂ©rique du Sud. Plus onirique qu’axĂ©e sur le fantastique du livret d’Horacio Ferrer, la proposition met tout de mĂŞme bien en avant les diffĂ©rentes parties de MarĂa, qui meurt et renaĂ®t ici avec un cercueil dès la première scène, revu en conclusion de l’ouvrage.
Comme Ă la crĂ©ation, la distribution est amplifiĂ©e et ne recourt pas qu’à des chanteurs lyriques, ou plutĂ´t des chanteuses, puisque a contrario l’habituelle nomenclature Ă une femme (MarĂa) et deux hommes, l’équipe musicale genevoise choisit quatre femmes. Seule artiste lyrique, Raquel Camarinha gère parfaitement le chant au micro. Elle offre toute sa fraĂ®cheur Ă une hĂ©roĂŻne autour de laquelle on danse ou joue de la musique jusque sur scène, comme un moment pour guitares et un autre pour mettre en valeur le bandonĂ©oniste, Marcelo Nisinman, les musiciens toujours transformĂ©s en anges avec des ailes argentĂ©es.
Chanteuse de tango et de musiques argentines, InĂ©s Cuello tient La Voz de un Payador en s’accordant parfaitement Ă MarĂa, avec mĂŞme davantage de maturitĂ©. Avant tout actrices, mais Ă l’aise lorsqu’il faut passer vers le chant, Melissa Vettore et Beatriz Sayad tiennent Ă deux le rĂ´le du gobelin El Duende, bien diffĂ©renciĂ©es entre elles pour le camper plus mĂ©chant ou plus gentil selon les moments.
En fosse, l’œuvre est Ă©videmment grossie pour le Grand Théâtre, oĂą l’on passe de dix Ă une quarantaine de musiciens, ici Ă©tudiants de la Haute Ă©cole de musique de Genève. RenforcĂ©s d’artistes de musique populaire, l’accompagnement sous la direction de Facundo AgudĂn se montre d’une souplesse et d’une rythmique parfaitement adaptĂ©e au tango piazzollien. Comme un bis, l’un des principaux airs est repris pour remettre une dernière fois en valeur la belle MarĂa de Raquel Camarinha.
|  | |

|
Grand Théâtre, Genève Le 27/10/2023 Vincent GUILLEMIN |
 | Nouvelle production de MarĂa de Buenos Aires de Piazzolla dans une mise en scène de Daniele Finzi Pasca sous la direction de Facundo AgudĂn au Grand Théâtre de Genève. | Astor Piazzolla (1921-1992)
MarĂa de Buenos Aires, tango-operita
Livret d’Horacio Ferrer
Cercle Bach de Genève
Grand Chœur de la Haute école de musique de Genève
Orchestre de la Haute école de musique de Genève
direction : Facundo AgudĂn
mise en scène : Daniele Finzi Pasca
scénographie : Hugo Gargiulo
costumes : Giovanna Buzzi
chorégraphie : Maria Bonzanigo
préparation des chœurs : Natacha Casagrande
Avec :
Raquel Camarinha (MarĂa), InĂ©s Cuello (La Voz de un Payador), Melissa Vettore, Beatriz Sayad (El Duende), Francesco Lanciotti, Jess Gardolin, Micol Veglia, Alessandro Facciolo, Andrea Cerrato, Caterina Pio. |  |
|  |
|  |  |
|