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CRITIQUES DE CONCERTS 31 aoűt 2025

Concert de l’Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Franz Welser-Möst au Festival de Salzbourg 2025.

Salzbourg 2025 (8) :
Routine de luxe

© Marco Borrelli

Cinquième et dernier programme symphonique pour les Wiener à Salzbourg, avec un contraste marqué entre une première partie où l’entrée au répertoire de l’orchestre de la Symphonie n° 2 de Weinberg fait l’objet de tous les soins, avant une Symphonie n° 9 de Bruckner que Franz Welser-Möst dirige avec une désespérante neutralité matinée d'opulence sonore.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 28/08/2025
Yannick MILLON
 



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  • Concert on ne peut plus contrastĂ© pour cet ultime programme estival des Wiener Philharmoniker Ă  Salzbourg. Nul besoin d’être grand clerc pour imaginer que la première partie, oĂą les musiciens abordaient la Symphonie n° 2 de Weinberg pour la première fois, a fait l’objet d’une prĂ©paration beaucoup plus minutieuse que la seconde, consacrĂ©e Ă  la Neuvième de Bruckner.

    Car dès les premières secondes du Feierlich initial, la mayonnaise peine à prendre faute d’une battue clairement orientée. Comme souvent, Franz Welser-Möst bâtonne, emprunte une voie du milieu inodore, incolore, et se contente d’exposer la magnificence d’un orchestre idéalement taillé pour Bruckner – ces violons incandescents dans l’Adagio –, mais jouant comme en roue libre.

    Pas un tutti qui saisisse, pas un silence vraiment habité, des jonctions fonctionnelles, sans âme, et une glorieuse pâte symphonique parfois insuffisamment stratifiée, où manquent de véritables piani, où les cuivres rougeoient à l’envi. Le chef autrichien choisit des tempi assez soutenus dans le premier mouvement, avant d’imposer une retenue amoindrissant l’impact du Scherzo.

    Semblant battre une omelette avec ses petits gestes circulaires, Welser-Möst la déguste baveuse si l’on en juge par ces cordes qui traînent sur l’archet, ces phrasés trop longs qui ramollissent les scansions, avant un Trio mécanique, sans contraste réel avec ce qui précède. Notons aussi que malgré notre amour pour les flûtes diaphanes et peu vibrées dans ce répertoire, la prestation du Français Luc Mangholz manque ce soir beaucoup de soutien.

    Au terme de cette exécution se pose immanquablement LA question qui fâche. Sans même remonter aux géants Karajan, Böhm et Jochum, Harnoncourt, Haitink, Jansons disparus, Blomstedt tirant ses tout derniers feux, qui pour prendre la relève au même niveau dans les symphonies de Bruckner dans les années qui viennent ?

    La première partie était d’une tout autre tenue, dévolue à la petite Symphonie n° 2 de Weinberg, bijou d’écriture pour les cordes seules en trois mouvements, dans une lecture admirablement préparée où le Philharmonique de Vienne trouvait d’emblée la couleur idoine pour cette partition attachante du compositeur polonais : une atmosphère constamment ambiguë qui sied si bien à un langage jamais éloigné de Chostakovitch, mais où perce sans cesse l’espoir.

    Le legato des violons, les solos de violoncelle de Tamás Varga, la conduite des phrases et la transition du silence au son – à l’exact opposé du Bruckner – étaient à marquer d’une pierre blanche, tout comme une palette de nuances épatante avec cet effectif de cordes charnu – pas moins de huit contrebasses – qui sait se faire aussi léger qu’un quatuor à cordes dans les moments les plus ténus.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 28/08/2025
    Yannick MILLON

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Franz Welser-Möst au Festival de Salzbourg 2025.
    Mieczysław Weinberg (1919-1996)
    Symphonie n° 2 pour orchestre à cordes op. 30 (1946)
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 9 en ré mineur WAB 109 (1896)
    Wiener Philharmoniker
    direction : Franz Welser-Möst

     


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