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CRITIQUES DE CONCERTS 07 mars 2026

Version de concert d’Akhnaten de Glass sous la direction de Léo Warynski à la Philharmonie de Paris.

Akhnaten ensablé
© Ondine Bertrand / Cheeese

L’Akhnaten de l’Opéra de Nice en visite à Paris déçoit par un manque de tenue générale. Léo Warynski ne parvient pas à trouver la pulsation secrète de cette partition piège si exigeante. Les chœurs et la Néfertiti de Julie Robard-Gendre parviennent néanmoins à sauver la mise tandis que le pharaon incarné par Fabrice di Falco laisse des impressions ambivalentes.
 

Philharmonie, Paris
Le 25/10/2025
Thomas DESCHAMPS
 



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  • Certaines soirĂ©es paraissent plus longues que d’autres, certaines chroniques sont plus difficiles Ă  Ă©crire que d’autres. MĂŞme si Akhnaten n’a pas la portĂ©e des chefs-d’œuvre de Philip Glass, on se faisait une joie d’entendre cette Ă©vocation du pharaon qui a tentĂ© d’imposer le monothĂ©isme. On se consolait Ă  l’avance d’une version de concert en se disant que les artistes y trouveraient du confort tant cette musique exige une concentration et une prĂ©cision d’exĂ©cution peu communes. Las…

    La-do-mi-la-do-mi... Une fois passé le long prélude initial retentit la voix de la légendaire Lucinda Childs, salement amplifiée à la manière d’une annonce d’aéroport. Non seulement le texte devient incompréhensible mais la chorégraphe et amie de longue date du compositeur ne propose qu’une lecture d’une neutralité désarmante, surtout préoccupée par ses entrées qu’elle rate presque systématiquement comme si elle jouait à Peekaboo avec le chef répétant ses signaux comme dans un sketch comique. Léo Warynski a pourtant fort à faire par ailleurs.

    Sa gestique très souple produit de beaux effets sur les Chœurs de l’Opéra de Nice, que ce soit lors des funérailles d’Amenothep III ou de l’attaque et de la chute de la nouvelle capitale. Warynski n’obtient rien de comparable de l’Orchestre philharmonique de Nice. Le jeu des cordes (sans violons comme il se doit) se contente d’une répétition certes inéluctable mais transpirant l’effort. Les vents se greffent maladroitement sur ce tapis immuable. Les percussions déliées sonnent grassement. Les modulations se figent et ce désert plat ne montre même pas un mirage. Sur le devant de la scène, les chanteurs s’intègrent plus ou moins bien à l’ensemble.

    À la droite du chef, Frédéric Cornille, Frédéric Diquero et Vincent Le Texier font leur office de manière efficace. À gauche, la première intervention conjointe de la famille royale tourne à la cacophonie, chacun chantant dans une tonalité distincte. Dans le rôle de la reine Tye, Patrizia Ciofi semble cueillie à froid. Elle se reprend ensuite mais n’a pas toujours la dextérité requise par l’écriture. En Néfertiti, Julie Robard-Gendre offre quant à elle une intonation exempte de reproche et sa belle voix apporte bien des consolations.

    Reste le cas de l’Akhenaton de Fabrice di Falco : le contre-ténor arrive dans une tenue saisissante, robe androgyne d’une moire noire, maquillage, bijoux et coiffe à la Jessye Norman. La présence scénique renvoie directement au hiératisme antique et la projection de sa voix impressionne, au détriment de la ligne et des subtilités. Le duo avec sa mère évoque des exercices respiratoires, celui avec son épouse se parant de plus de sensualité. De manière heureuse, le très périlleux grand hymne au soleil ne manque pas son effet.




    Philharmonie, Paris
    Le 25/10/2025
    Thomas DESCHAMPS

    Version de concert d’Akhnaten de Glass sous la direction de Léo Warynski à la Philharmonie de Paris.
    Philip Glass (*1937)
    Akhnaten, opératorio en trois actes, avec prologue et épilogue (1983)
    Livret du compositeur et de Shalom Goldman, Robert Israel et Richard Riddell

    Lucinda Childs (Amenhotep, un scribe, un guide)
    Fabrice di Falco (Akhnaten)
    Julie Robard-Gendre (Néfertiti)
    Patrizia Ciofi (La reine Tye)
    Frédéric Cornille (Horemhab)
    Frédéric Diquero (Le grand prête d’Amon)
    Vincent Le Texier (Aye)
    Chœurs de l’Opéra de Nice
    préparation : Giulio Magnanini
    Orchestre philharmonique de Nice
    direction : Léo Warynski

     


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