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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Bérénice d'Alberic Magnard à l'Opéra de Marseille.

Le réveil périlleux de Bérénice
© Christian Dresse

C'est avec une résurrection que Jean-Louis Pujol poursuit, à l'Opéra de Marseille, une saison courageuse dont l'Orient est le thème. Après L'Atlantide d'Henri Tomasi, après Mârouf d'Henri Rabaud, voici Bérénice d'Alberic Magnard, un ouvrage qu'on n'avait guère entendu depuis sa création. Injustement.
 

Opéra, Marseille
Le 20/02/2001
Michel PAROUTY
 



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  • Depuis sa premère audition à l'Opéra-Comique en 1911, on avait pas entendu cette Bérénice d'Alberic Magnard, si ce n'est deux fois en version de concerts, le dernier en date, en 1990, transmis du Festival de Montpellier. Magnard, qu'on entend si peu, reviendrait-il en grâce, alors que Simon-Pierre Perret et Harry Halbreich lui consacrent un livre qui paraît chez Fayard ?

    On a tendance à se rappeler le symphoniste, quelques disques dirigés par Michel Plasson et Jean-Yves Ossonce sont là pour en témoigner ; et l'intégrale de Guercoeur jadis éditée par EMI fut, en son temps, une révélation. Mais que dire de Bérénice, dont le compositeur a lui-même écrit le livret, aussi maladroit que dramatiquement impuissant ?

    L'orchestration en est somptueuse, mais pour lui rendre justice, il faudrait une phalange autrement plus brillante que celle de l'Opéra de Marseille. Magnard affirmait avoir suivi un modèle venu en droite ligne de Wagner ; mais les couleurs qu'il exige des instruments sont plus claires, plus transparentes, ses élans sont plus retenus, réserve française oblige.

    Il se dégage malgré tout de sa partition une réelle poésie, même si la structure en est répétitive (un long duo d'amour à chaque acte) et sans surprise. Il en faut davantage pour réussir une oeuvre théâtrale et Racine, lointain inspirateur, est vite oublié.

    Dans un décor réduit à l'essentiel d'Emmanuelle Favre (l'espace est découpé en triangles plus ou moins lumineux, et un immense rideau aux trois quarts tirés évoque, au dernier acte, la voile du bateau qui emporte la princesse sacrifiée à la raison d'état), Charles Roubaud a réussi à animer cette action si ténue, et a obtenu de ses chanteurs qu'ils jouent avec vérité et sobriété.

    Célèbre Carmen et Dalila des années 1970-1980, la mezzo Viorica Cortez se spécialise désormais dans les rôles de composition et sa nourrice, Lia, est imposante. Le Français parfait de Christian Tréguier, sa présence de comédien, en font un préfet romain d'une incorruptible dignité.

    Virginia Todisco campe une Bérénice passionnée et meurtrie, avec une voix longue, facile, au timbre prenant. Pourquoi faut-il qu'on ne comprenne pas un mot de ce qu'elle chante, ce qui est d'autant plus cruel que la diction de son Titus est excellente ? Marc Barrard excelle dans ce rôle ambigu, visiblement prêt à gagner sa place auprès des meilleurs artistes français du moment.

    L'entreprise était périlleuse ; elle était également utile, et méritait d'être tentée.




    Opéra, Marseille
    Le 20/02/2001
    Michel PAROUTY

    Bérénice d'Alberic Magnard à l'Opéra de Marseille.
    Bérénice d'Alberic Magnard
    Avec Virginia Todisco (Bérénice), Marc Barrard (Titus), Christian Tréguier (Mucien), Viorica Cortez (Lia).
    Orchestre de l'Opéra de Marseille
    Direction musicale : Gaetano Delogu.
    Mise en scène : Charles Roubaud.

     


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