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CRITIQUES DE CONCERTS 22 aoűt 2019

Récital Schumann par Deszö Ranki, Maison de Radio France, Paris.

Pas fou le pianiste !

Deszö Ranki était de passage à Paris dimanche : un petit tour par la Maison de la Radio, un programme Schumann des plus généreux, et hop le voilà parti sous un déluge d'applaudissements. Mais pour ce pianiste discret, l'oeuvre de Schumann reste surtout une affaire de finesse et manque un peu de folie (un comble !). Drôle de lecture en vérité.
 

Le 25/03/2001
Mathias HEIZMANN
 



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  • Évidemment, il y a dans ce travail un tel investissement personnel et une telle science du piano, qu'on aurait presque des scrupules Ă  formuler des rĂ©serves. Ainsi on aura rarement entendu un pianiste douĂ© d'un sens du bel canto aussi affinĂ© : pianissimo ineffable, poĂ©sie sonore, attention extrĂŞme aux dĂ©tails de l'oeuvre, il y a largement de quoi se pâmer d'aise. D'ailleurs avouons-le, ses Scènes d'enfant ont suscitĂ© un vĂ©ritable trouble : naĂŻvetĂ©, climat profondĂ©ment nostalgique et dĂ©sabusĂ©, il y avait lĂ  un univers très personnel qu'on avait envie d'embrasser.
    Mais cet imaginaire montra de sérieuses limites dans les oeuvres plus tourmentées de Schumann, particulièrement dans les Kreisleriana mais aussi dans la Fantaisie en ut majeur opus 17. Non pas que Deszö Ranki ait renoncé aux caractéristiques de son jeu : bien au contraire, au fil des pages, l'interprétation alla en s'intensifiant. Mais ce ton qui convenait si bien aux Scènes d'enfants, cette sorte d'introspection lancinante d'où surgissaient les lignes de chant comme autant d'objets perdus, tout cela ne pouvait désormais suffire.
    Ainsi le climat général de la Fantaisie manqua justement de fantaisie. Certes, le ton douloureux, omniprésent dans cette oeuvre, fut bien rendu. Mais il y a bien plus ici qu'une simple mélopée, en ce que la dépression de Schumann se traduit également par des contrastes extrêmement marqués, sortes de sautes d'humeur qu'on rêvait de percevoir.
    Les Kreisleriana, c'est un peu la peinture de la folie : l'oeuvre entière semble le fait d'un surgissement désordonné de thèmes sans début ni fin, de rythmes décalés, de personnages grotesques en proie au mouvement irrésistible d'une danse infernale. Or là aussi, Deszö Ranki semble rechercher dans un luxe de détails et l'extrême précaution de son toucher, les clefs de l'oeuvre. Tout est fort bien réalisé, mais le tout ne suggère pas grand-chose et surtout pas l'omniprésence de la mort que la basse du piano, obstinément, semble symboliser dans le dernier mouvement.




    Le 25/03/2001
    Mathias HEIZMANN

    Récital Schumann par Deszö Ranki, Maison de Radio France, Paris.
    Deszö Ranki, piano
    Robert Schumann : Scènes d'enfants - Kreisleriana - Fantaisies en ut majeur opus 17

     


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