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CRITIQUES DE CONCERTS 26 octobre 2020

Otello de Verdi en version de concert au Théâtre du Châtelet.

Otello chanté en traître
© Marie-NoĂ«lle Robert/Chatelet

C'est donc avec Otello que la courte saison Verdi du Châtelet a été inaugurée. Une soirée attendue à cause de Myung-Whun Chung, que le public français adore, de Karita Mattila, et du ténor argentin José Cura, coqueluche de quelques aficionados qui n'ont pas vraiment été à la fête

 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 26/03/2001
Michel PAROUTY
 



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  • Quand un rĂ´le-titre aussi important qu'Otello est mal distribuĂ©, l'entreprise verdienne boite très sĂ©rieusement. Que JosĂ© Cura campe un Maure particulièrement extraverti, passe encore ; mais qu'il mĂ©prise Ă  ce point la partition relève purement et simplement du scandale.

    Avec une voix fatiguée, au timbre terni, à l'aigu laborieux, Cura tombe dans le vérisme le plus éculé, sanglote, hurle, ne tient jamais compte de la valeur d'une note, bref, il fait ce qu'il veut, et son tempérament lui tient lieu de talent- son calamiteux récital Verdi chez Erato en avait déjà apporté la preuve. Résultat : quelques applaudissements, quelques huées, mais pas le succès escompté.

    Qui a vu, dans ce même rôle, Jon Vickers et Placido Domingo n'en revient pas et trouve la plaisanterie amère. Face à lui, son exact contraire, Anthony Michaels-Moore : un Iago de petit format mais un musicien remarquable et scrupuleux, qui joue les traîtres sans le moindre histrionisme.

    La belle Karita Mattila avoue ne pas aimer beaucoup Desdemona ; elle la chante, pourtant, avec son habituelle musicalité, un charme certain et une opulence vocale de bon aloi. De Enkelejda Shkosa, pulpeuse Emilia, à Cesare Catani, séduisant Cassio, les personnages secondaires sont croqués avec pertinence.

    Passons sur la mise en espace réglée par Daniele Abbado (le fils de Claudio) qui tient plus d'un cache-misère que d'un vrai travail théâtral. Mais comment a-t-on pu mettre l'orchestre dans une fosse surélevée de moitié ? Haut placé, il sonne souvent fort, et les chanteurs, derrière lui, semblent très loin.

    Myung-Whun Chung galvanise ses troupes (y compris les choeurs), déchaîne les orages, canalise les passions. Le Philharmonique de Radio-France le suit à la lettre. Et Verdi récupère sa dimension shakespearienne. Un enregistrement aurait dû suivre avec une partie de la distribution ; mais devant les problèmes qui accablent Erato, peut-être sera-t-il reporté ? Inutile de s'en plaindre, l'Otello de José Cura ne méritant pas de passer à la postérité.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 26/03/2001
    Michel PAROUTY

    Otello de Verdi en version de concert au Théâtre du Châtelet.
    Otello de Giuseppe Verdi
    Choeur et maîtrise de Radio France.
    Orchestre Philharmonique de Radio France
    Direction : Myung-Whun Chung.
    Avec José Cura (Otello), Anthony Michaels-Moore (Iago), Karita Mattila (Desdemona), Cesare Catani (Cassio), Enkeljeda Shkosa (Emilia).

     


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